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"Le cas de figure est unique": Près de 400 corps ont été emportés par la tempête Alex dans les cimetières des vallées

En plus des victimes directes, la tempête a ravagé les cimetières de Saint-Dalmas-de-Tende et de Saint-Martin-Vésubie. Des centaines de défunts ont été emportées par la rivière.

Antoine Louchez Publié le 01/10/2021 à 11:39, mis à jour le 01/10/2021 à 12:06
Le cimetière de Saint Dalmas-de-Tende a été emporté par la rivière. Photo Eric Ottino

Des cimetières disparus. De mémoire d’homme c’est une première en France. Saint-Dalmas-de-Tende (hameau de Tende, dans la Roya) et Saint-Martin-Vésubie, qui ont vu une grande partie du leur englouti par la rivière, font donc office de pionniers, malgré eux.

"Le cas de figure est unique", confirme Xavier Pelletier, préfet affecté à la reconstruction des vallées. Pour l’État, lorsqu’un corps est inhumé, il n’est plus censé bouger… Les autorités font donc face à un véritable défi administratif, juridique, financier, mais aussi humain.

Plus de 400 défunts emportés

Au cœur du dispositif, les brigades de gendarmerie de Puget-Théniers et de Tende ainsi que l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Avec, notamment, la nécessité de distinguer les victimes de la tempête et les corps emportés.

Un an après Alex, seule une faible proportion de défunts a été identifiée. À Saint-Martin-Vésubie, où il ne reste qu’une poignée de tombes du nouveau cimetière, 215 corps ont été emportés, dont 22 ont été identifiés, selon le maire. C’est du même ordre à Saint-Dalmas-de-Tende: 200 corps charriés, 11 identifiés.

L’État finance les analyses ADN

Certains ont été faciles à identifier, comme ceux dont les caveaux sont restés intacts. Ce n’est évidemment pas le cas pour les ossements retrouvés tout au long des rivières ou même en mer… Les recherches ont été mises entre parenthèses comme l’explique Xavier Pelletier: "Il n’y a pas si longtemps, on trouvait encore des restes humains. À ce stade, on n’a plus d’approche de recherche systématique. Mais on sonde régulièrement, notamment lorsqu’il y a des travaux."

L’État se concentre désormais sur l’identification des restes retrouvés, conservés à Nice. Il finance "un dispositif innovant" d’identification par prélèvements et croisements d’ADN, par le biais d’un laboratoire : les familles des défunts disparus peuvent se porter volontaires, notamment en demandant un formulaire aux mairies de Tende et de Saint-Martin-Vésubie.

 

Que faire en cas de décès?

Pour les communes, les soucis sont multiples. L’absence de lieu de recueillement, d’abord. Chacune envisage une stèle ou un mémorial à la mémoire des défunts disparus. Plus concrètement encore: que faut-il faire, désormais, en cas de décès? Saint-Martin-Vésubie a trouvé un emplacement où reconstruire un cimetière, mais il faudra acheter des terrains.

"On a fait des demandes aux propriétaires, détaille le maire, Ivan Mottet. On doit arriver à des accords à l’amiable. Sinon, il faudra procéder à des expropriations. Ça peut durer deux ans."

Ivan Mottet affirme que l’État soutiendra financièrement. À Saint-Dalmas-de-Tende, on veut reconstruire au même endroit. Mais ce n’est pas pour tout de suite non plus. "On est dans l’attente du renforcement des berges", souligne le maire, Jean-Pierre Vassalo, qui parle d’une "urgence": "On a très peu de place dans notre cimetière de Tende : il reste 11 emplacements de disponibles, pour 11.000 habitants".

Même inquiétude à Saint-Martin, où le maire dit avoir un peu de marge de manœuvre dans l’ancien cimetière, qui n’a pas été touché par la tempête.

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