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La pression locative devient insupportable pour les Français et Italiens de Monaco

Mis à jour le 13/02/2015 à 08:40 Publié le 13/02/2015 à 08:19
Les appartements aux loyers pondérés dont bénéficient certains Enfants du pays se situent dans des immeubles anciens, notamment à La Condamine.

Les appartements aux loyers pondérés dont bénéficient certains Enfants du pays se situent dans des immeubles anciens, notamment à La Condamine. Michael Alesi

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La pression locative devient insupportable pour les Français et Italiens de Monaco

Avec un marché locatif de plus en plus tendu, les Français et les Italiens installés de longue date en Principauté ont peu de solutions pour se reloger. Dix logements d’urgence ont été réclamés

Avec un marché locatif de plus en plus tendu, les Français et les Italiens installés de longue date en Principauté ont peu de solutions pour se reloger. Dix logements d’urgence ont été réclamés

L'émergence d'un secteur d'urgence avec baux précaires est une nécessité réelle. Nous avons redemandé au Conseil national de trouver des solutions pour certains Enfants du pays qui ont trois mois de préavis pour trouver un autre appartement lorsque celui qu'ils occupent est vendu. Des familles sont actuellement dans cette situation. Pouvez-vous imaginer ce qu'ils ressentent lorsqu'ils doivent quitter le pays où ils vivent parfois depuis maintes générations?»

Géraldine Motillon, la présidente de l'Association des Enfants du pays, a demandé dix logements d'urgence. Elle suit également de près la vie politique et les discussions au Conseil national. «Nous demandons simplement que les avancées au sujet d'un secteur mixte ou intermédiaire ne soient pas laissées lettres mortes.» Ce «secteur mixte ou intermédiaire», que la Haute assemblée évoque depuis au moins dix ans, envisage une mixité entre Monégasques et Enfants du pays pour des programmes immobiliers.

«Il en va de l'avenir d'une grande partie de la communauté des Enfants du pays, insiste Géraldine Motillon. Il faut apporter une solution de soulagement par rapport à la pression locative, que ce soit par le projet Ida ou d'autres opérations.»

«Je vis dans l'angoisse»

Le cri d'alarme de Géraldine Motillon est aussi celui de Sylvie Ciantelli. La présidente de l'Association des locataires de Monaco (ALM) nous reçoit dans son étroit 60 m2 de la rue Augustin-Vento qu'elle loue 1.000 euros par mois.

«Je suis la dernière locataire de mon immeuble qui est voué à la démolition. Depuis quatre ans, je suis dans l'angoisse d'être délogée sans solution de remplacement, ou mal relogée. Or, je vis avec mon mari et mes trois filles. Depuis la décision du Tribunal suprême du 16 avril 2012, lorsqu'un immeuble ancien du secteur protégé est démoli, le promoteur n'est plus obligé de reloger les familles locataires.»

Selon Jannine Martinez-Allolio, «Monaco ne donne pas d'avenir aux Enfants du pays, sauf s'ils sont propriétaires». La vice-présidente de l'ALM ajoute : «Veut-on d'un pays avec deux populations : des Monégasques et des milliardaires?»

Selon Jannine Martinez-Allolio, le nombre d'appartements à loyer modéré destinés à loger les Enfants du pays «réduit comme peau de chagrin».

Sept logements en moins par an

De son côté, le gouvernement précise qu'«au cours des cinq dernières années, une moyenne de sept logements construits avant le 1erseptembre 1947 a été détruite par an - 55 % de logements relevant de la loi 1 235 ; 12 % de logements relevant de la loi 887 ; 33 % de logements relevant du droit commun*

Mais Géraldine Motillon explique que les logements du secteur protégé sont surtout réduits en nombre par leur vente à de nouveaux propriétaires qui occupent ces appartements.

Si le parc ancien est encore relativement important - avec 4.691 logements au 31 décembre 2013 - il n'est ainsi proposé que 1.262 appartements en location avec des loyers pondérés (loi 1.235).

De plus, 17,99 % de ces logements sont loués à des Monégasques (qui rentrent dans la catégorie des premiers bénéficiaires). Il n'y avait donc, concrètement, fin 2013, que 704 familles françaises et 182 familles italiennes dans le secteur protégé par la loi 1.235**…

D'où l'appel de Géraldine Motillon : «Il est temps qu'une prise de conscience véritable de notre attachement à la Principauté et de notre présence parfois séculaire à Monaco débouche sur des actes concrets.»

*La loi n° 1.235 du 28 décembre 2000, modifiée par l'article 1er de la loi n° 1.291 du 21 décembre 2004, mentionne des catégories de bénéficiaires. Ce sont, dans l'ordre de priorité, les Monégasques, les personnes nées d'un auteur monégasque ; le conjoint, veuf ou veuve d'un Monégasque ; la personne divorcée d'un Monégasque, père ou mère d'enfant né de cette union ; les personnes nées à Monaco qui y résident depuis leur naissance, à condition que l'un de leurs auteurs ait également résidé à Monaco au moment de celle-ci ; les personnes qui résident à Monaco depuis au moins quarante années sans interruption.
**Sont également logées d'autres nationalités mais ce sont des cas très minoritaires. Source : gouvermenent princier.


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