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La lente descente aux enfers de Renzo, le SDF abattu par un policier à Menton

Mis à jour le 13/08/2019 à 08:59 Publié le 13/08/2019 à 08:56
Renzo, SDF italien de 53 ans, a été abattu dans le quartier du Careï à Menton.

Renzo, SDF italien de 53 ans, a été abattu dans le quartier du Careï à Menton. Photo Jean-François Ottonello

La lente descente aux enfers de Renzo, le SDF abattu par un policier à Menton

Dimanche soir, Renzo, un Italien âgé de 53 ans, sans profession, commence à s’entailler les veines. Des riverains alertent les secours qui convergent sur la promenade Leclerc-de-Hauteclocque. L'intervention des secours pour l'empêcher de se suicider, s’est terminée en drame. S’estimant en légitime défense, un policier a tiré à deux reprises.

« Big Gym », « Lulu », « M. Propre », « le saxophoniste »… Les surnoms ne manquaient pas pour désigner Renzo.

>> On en sait plus sur ce qu'il s'est passé quand un policier a abattu un SDF à Menton

Lui qui, selon ceux qui le connaissaient, restait assis sur un banc du petit square tous les jours, pratiquement toute la journée. Ces derniers temps, du moins.

Car d’après ses quelques amis, Renzo n’a pas toujours été un homme violent. Ni suicidaire.

Graziella Scuderi le connaît depuis plus de dix ans. Ils s’étaient rencontrés quand elle travaillait dans une pizzeria de Garavan et qu’il logeait lui-même dans le riche quartier mentonnais.

« Il était très gentil avec moi. Il m’a aidée, allant jusqu’à m’acheter une voiture sans rien me demander en retour », souligne-t-elle.

un problème de boisson

Précisant néanmoins qu’il avait un problème de boisson. « Il avait l’alcool mauvais. Il buvait trop et cela gâchait tout ; il en devenait lourd. » En cause: des problèmes avec sa compagne, qui lui avaient valu d’aller en prison.

« Il l’a très mal vécu. Et une autre femme l’a dépouillé de tout ce qu’il avait. Avant, il avait la belle vie, beaucoup d’argent. Alors se retrouver comme ça, dehors, du jour au lendemain, à son âge, il ne l’a pas supporté… », complète Graziella. Qui, avec son époux et ses enfants, a autrefois hébergé Renzo, durant deux mois.

« Je ne savais plus qu’il était dehors. Sans quoi je l’aurais accueilli », regrette-t-elle aujourd’hui.

Elle explique avoir appris qu’il se passait quelque chose dans le square par un ami passé chez elle dimanche soir: « Je n’ai pas compris qu’il s’agissait de Renzo. Quand je l’ai su, il était déjà mort. J’aurais pu faire quelque chose: il m’écoutait. »

Pour elle, l’issue tragique aurait pu être évitée. Même si, avec tous les soucis qu’il rencontrait depuis de longs mois, Renzo « devait en avoir un peu marre ».

Un hommage pourrait lui être rendu par ses rares amis, ces prochains jours. Des fleurs pourraient notamment être déposées en sa mémoire.


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