“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

La femme de ménage aurait volé 180 800 € à son patron

Mis à jour le 08/11/2017 à 05:29 Publié le 08/11/2017 à 05:29
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

La femme de ménage aurait volé 180 800 € à son patron

L'employée est soupçonnée d'avoir soutiré à son patron fortuné cette somme folle depuis avril 2014, par des retraits réguliers et la falsification de nombreux chèques lorsqu'elle faisait des courses

S'il y a bien un domaine où l'égalité des sexes ne craint pas la disparité, c'est celui de l'escroquerie. Autant d'hommes que de femmes ont usé, voire abusé, du délit de s'approprier le bien d'autrui par des moyens frauduleux. Un énième (mauvais) exemple est rapporté par la comparution devant le tribunal correctionnel d'une femme de ménage.

Aujourd'hui résidente niçoise sans profession, cette Malgache d'origine aurait soutiré, au total, la somme de 180 800 € sur le compte bancaire de son employeur, évidemment fortuné, sans jamais éveiller le moindre soupçon. Elle a commencé en avril 2014, jusqu'au jour où…

Une femme savante de la roublardise ? Plutôt une personne obsessionnelle, pourvue d'une capacité délirante à pousser la mystification jusqu'à l'extrême, si l'on en croit les faits.

Chèques falsifiés et code bancaire dérobé

Un jour d'avril 2016, le maître de maison veut retirer une somme d'argent au distributeur de billets. La transaction est refusée. Motif : plafond dépassé. Étonné, le résident monégasque demande à sa banque les relevés bancaires sur les deux dernières années. Il est surpris de constater une multitude d'opérations ignorées, effectuées avec sa carte bancaire, portant sur un montant total de 40 800 €.

En poussant l'analyse du document dans le détail, d'autres lignes de notation lui apparaissent fausses car elles ne correspondent pas aux montants des chèques émis. Additionnées, elles révèlent un débit conséquent : 140 000 €.

Une plainte est déposée et les enquêteurs soupçonnent très vite la domestique. Concernant les retraits au guichet automatique, cette petite dame d'une cinquantaine d'années avait trouvé le lieu où la victime dissimulait le code et la carte dans son bureau. Dès que son patron s'absentait, elle multipliait en cachette les retraits d'espèces dans les billetteries.

Quant aux chèques, leurs montants étaient tout simplement grossis, puis encaissés sur le compte de l'employée. L'astuce de falsification ? Comme elle était préposée aux commissions, la servante se faisait rembourser les achats effectués. Mais avant d'endosser la formule, pour une somme de 200 € par exemple, elle rajoutait le chiffre 1 devant le nombre puis elle faisait précéder du mot mille le montant en lettres.

« Pour aider ma famille à Madagascar »

À l'audience, la présidente Magali Ghenassia veut tout connaître de la machination pernicieuse de la prévenue. Surtout la fréquence des visites aux distributeurs et la destination des sommes prélevées frauduleusement. « Au début, reconnaît l'ex-domestique, je faisais une opération de temps en temps. Puis, plusieurs fois par semaine, pour des montants entre 250 € et 300 €. Cet argent me permettait d'aider ma famille restée à Madagascar. Il m'assurait également un train de vie confortable. Je regrette… »

En garde à vue, l'intéressée, propriétaire de deux biens immobiliers en France, avait envisagé de tout vendre afin de rembourser le plaignant. Mais à l'audience, ce n'était plus qu'une promesse de gascon… Toutefois, Me Christophe Sosso, pour la partie civile, réclamera le remboursement intégral des sommes retirées, avec un supplément pour le préjudice moral. Soit un total de quelque 250 000 €.

« Un professionnalisme certain »

Le procureur Alexia Brianti décrira un imposteur déconcertant dans son réquisitoire. « Il ressort de l'enquête un professionnalisme certain. Dans les affaires de la prévenue, on a retrouvé une comptabilité précise des retraits effectués. Avec l'argent, elle achetait des parfums et alcools afin d'alimenter une sorte de trafic avec la Grande Île. Vous noterez également son comportement préjudiciable vis-à-vis de son employeur généreux et confiant. Cette femme a profité de lui pour s'enrichir indûment. »

Six à huit mois d'emprisonnement assortis du sursis, placement sous la liberté d'épreuve et obligation de rembourser seront requis.

« Une plus juste compensation »

D'emblée, la défense va faire planer le doute. « Comment peut-on berner son monde aussi longtemps ? se demande Me Pierre-Anne Noghès-Dumonceau. Ma cliente croyait son employeur au courant. Pouvait-il ignorer véritablement les milliers d'euros débités sur ses relevés ? Cette femme à tout faire soignait l'ivresse de son patron et veillait à la régularité de sa médication. Quand elle faisait les courses, elle avait à disposition une carte bancaire avec le code fourni, ou elle recevait un chèque d'avance, ou bien elle était remboursée. Certes, son travail harassant ne justifie pas ses actes. Mais on peut comprendre sa volonté de trouver une plus juste compensation. Enfin, il n'est pas acceptable de réclamer pareil préjudice quand on estime le montant du détournement à la louche. C'est une primo délinquante, soyez cléments… »

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré. La décision sera rendue le mardi 21 novembre, à 9 heures.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.