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L'argent de Karim Wade échappe à l'Etat sénégalais

Mis à jour le 09/01/2019 à 05:07 Publié le 09/01/2019 à 05:07
Karim Wade, fils de l'ancien président du Sénégal et lui-même ancien ministre, fait l'objet d'une cabale politique depuis son échec aux dernières élections présidentielles.

Karim Wade, fils de l'ancien président du Sénégal et lui-même ancien ministre, fait l'objet d'une cabale politique depuis son échec aux dernières élections présidentielles. AFP

L'argent de Karim Wade échappe à l'Etat sénégalais

La Cour de répression de l'enrichissement illicite, à Dakar, avait réclamé la confiscation d'une dizaine de millions d'euros déposés, à Monaco, au nom du fils de l'ancien président sénégalais et de sept autres prévenus. Une affaire sur fond de règlement de compte politique

Ce lundi, après un long délibéré, la Cour d'appel présidée par Eric Senna, par son arrêt, a déclaré irrecevable le recours de l'État du Sénégal. Ce qui a pour conséquence de maintenir le jugement du tribunal correctionnel qui avait rejeté la demande en confiscation de la République sénégalaise.

La requête, à l'origine d'un règlement de compte politique dirigé contre huit prévenus, concernait la confiscation de fonds détenus en Principauté. En l'occurrence, ceux de Karim Wade, ancien ministre de ce pays d'Afrique de l'Ouest, fils de l'ex-président Abdoulaye Wade de 2004 à 2012, et candidat malheureux aux dernières élections présidentielles.

Son cercle d'amis, dont le très proche homme d'affaires Ibrahim Aboukhalil, était également touché par cette procédure où il est attesté des sommes de 2 millions de dollars, pour le prévenu, et 10 millions d'euros, pour les co-accusés.

Tous étaient représentés au moment des débats par un bataillon d'avocats des Barreaux de Monaco, Paris et Dakar. Quant à l'argent, il est toujours dans les coffres d'une banque monégasque.

Six ans de prison ferme et 209 Me d'amende

Brièvement, il faut rappeler qu'à l'époque Karim Wade était pressenti pour succéder à son père à la tête de la République du Sénégal. Mais le scrutin de 2012 désignait Macky Sall comme chef d'État.

Le nouveau président entreprenait rapidement d'affaiblir son opposant et, dans son entourage, tous ceux qu'il considérait comme ses « prête-noms ». Il instaurait à cet effet la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI). Cette juridiction d'exception allait condamner Karim Wade à six ans de prison ferme, plus une amende de 138 milliards de francs CFA (209 millions d'euros). Le procureur de cette même Cour réclamait ensuite à la justice monégasque l'autorisation de confisquer tous les biens détenus en Principauté par les sept personnes mises en cause dans cette affaire.

« Le Parquet n'est pas la voix du requérant »

À l'audience, la partie civile, représentée par Me Thomas Giaccardi, estimait qu'en « Droit monégasque, cet État a subi un préjudice direct car l'argent provient des infractions commises par les prévenus. Notre demande est légitime : on est la seule partie à soutenir cette confiscation. L'appel est donc recevable. »

En revanche, pour le procureur général adjoint Hervé Poinot, « la requête de l'État du Sénégal est fondée sur la base d'une convention avec une demande d'entraide pénale internationale. Or, le parquet général n'est pas la voix du requérant et celui-ci ne peut pas faire appel du jugement. À ce titre, il lui est impossible d'obtenir une indemnisation supplémentaire. »

Pour la défense de trois des prévenus, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, du Barreau de Paris, expliquait sévèrement : « Nous sommes devant cette Cour à cause de l'acharnement du Sénégal ! La partie civile, par un tour de passe-passe, prétend le contraire ! Or, on voudrait changer les règles… »

Des attaques « indignes » visant « la probité de la justice monégasque »

À l'annonce du délibéré, l'avocate parisienne a aussitôt rappelé : « La Cour a dit le Droit sans céder à l'acharnement injustifié de l'État en question dans cette affaire sur fond de règlement politique. Alors les attaques des autorités sénégalaises, qui concernaient la probité de la justice monégasque, sont indignes… » Pour sa part, le conseil monégasque de Karim Wade, Me Joëlle Pastor-Bensa, a simplement déclaré à la sortie « sa satisfaction à l'écoute de la décision rendue ».

Dès lors, la décision de la Cour d'appel met en exergue l'impossibilité du Gouvernement sénégalais de porter l'affaire devant les juridictions monégasques. C'était, en fait, au procureur général de conduire ladite procédure.

Il reste toutefois une unique voie de recours pour le plaignant : celle de se pourvoir en révision.


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