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L'affaire de la malle sanglante exhumée

L'association des cartophiles de Monaco consacre son dernier Bulletin au meurtre le plus glauque de l'histoire de la Principauté. Une femme démembrée en 1907 par un couple diabolique…

Publié le 04/03/2017 à 05:06, mis à jour le 04/03/2017 à 05:06
En haut à gauche : les époux Goold dans la prison de Monaco. Ci-dessus : leur arrivée en gare de Monaco - en provenance de Marseille -, le 7 septembre 1907. Les meurtriers «manquèrent de peu de se faire lyncher » avant d'atteindre la prison du Rocher.	(©Collection photo de Georges Bessone)
En haut à gauche : les époux Goold dans la prison de Monaco. Ci-dessus : leur arrivée en gare de Monaco - en provenance de Marseille -, le 7 septembre 1907. Les meurtriers «manquèrent de peu de se faire lyncher » avant d'atteindre la prison du Rocher. (©Collection photo de Georges Bessone)

Coïncidence. Alors que le drame du Pulcinella est encore sur toutes les lèvres (lire page précédente), l'association des cartophiles de Monaco publie, dans son Bulletin du mois de mars, le récit détaillé du crime certainement le plus sanglant de l'histoire de Monaco. Parti d'une carte postale à l'effigie des bourreaux, le couple Goold, René-Yves Dubos (lire ci-dessous) a mené une enquête digne des plus grands polars. De Monaco à Marseille, en passant par Nice, le cartophile retrace l'itinéraire d'un corps démembré dans la baignoire d'une villa du boulevard des Moulins !

« Une martingale infaillible à la roulette »

Début 1905, Vere Thomas Saint Léger Goold, 54 ans, et son épouse Marie Violette, de trois ans son aîné, s'installent au 1er étage de la Villa Menesini - au 14, boulevard des Moulins, à Monaco.

 

Aristocrate déchu, Vere est un sportif accompli et excelle dans le tennis au point d'être sacré champion d'Irlande et de participer à la troisième édition de Wimbledon. Mais le dandy est aussi bourré de vices (alcool, drogue…) qui le mènent à la déchéance. Dans son sillage, « Lady Goold », comme l'appellent les croupiers du casino de Monte-Carlo, n'est pas en reste pour dilapider la bourse commune.

Après des aventures infructueuses au Canada et en Angleterre, le couple débarque sur la Riviera avec un plan : « une martingale infaillible pour gagner le jackpot à la roulette ». Mais l'appât du gain conduira le duo infernal à commettre bien plus qu'une arnaque…

Au cœur de l'été 1907, un scénario d'épouvante se noue ainsi dans le huis clos de la Villa Menesini.

L'affaire fait rapidement les choux gras de la presse sous différentes accroches : « Le crime de Monte-Carlo », « La malle sanglante », « La malle rouge », « Une femme découpée en morceaux »… La malle, c'est celle que les époux Goold tentent de faire acheminer à Londres alors qu'ils quittent précipitamment le Rocher.

C'était sans compter sur le discernement d'un commis d'expédition de la gare Saint-Charles, à Marseille. Alors en transit pour Calais, les époux Goold font preuve de négligence. Un liquide « rougeâtre » suinte d'une malle à « l'odeur nauséabonde ». Ils tenteront bien de soudoyer l'expéditeur mais la messe est déjà dite.

Le corps dans un sac, la tête dans l'autre

 

Au milieu de vêtements maculés de sang, la police découvre le corps décapité d'une femme. Les membres sectionnés et l'abdomen éventré, éviscéré. Tête et jambes sont retrouvées dans un autre bagage à main, ainsi qu'un sac contenant de nombreux bijoux.

La victime est identifiée comme une Suédoise répondant au nom de Lévin (ou Liévin), séjournant depuis juin 1907 à l'hôtel Bristol. Habituée du Casino, elle est présentée comme « intelligente », « excentrique » et « généreuse » - notamment avec les époux Goold.

Mis sous écrou à la prison de Monaco, les époux Goold sont reconnus coupables et condamnés au bagne en Guyane pour Monsieur et à la peine de mort pour Madame. La faucheuse se chargera de les rattraper respectivement en 1909 et 1914. Entre-temps le prince Albert Ier aura gracié Madame pour commuer sa peine en travaux forcés à perpétuité.

Des extraits d'auditions surréalistes aux victimes collatérales de cet acte sordide, en passant par les nombreuses photographies d'époque - dont celles de la reconstitution ou de M. Goold amarrant pour le bagne -, le Bulletin de l'association des cartophiles regorge de précisions truculentes. Un polar à la sauce monégasque accessible auprès de l'association dès maintenant (sous réserve d'adhésion). Dépêchez-vous, le tirage est limité !

Offre numérique MM+

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