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Justice pour Cédric L’arrestation du suspect, un élément clé de l’enquête

Mis à jour le 19/02/2019 à 10:15 Publié le 19/02/2019 à 10:15
Cédric Vacherié voulait s’intégrer parfaitement à Paraty au Brésil, où il souhaitait créer une communauté d’artistes. Il avait assimilé le mode de vie, les us et coutumes de son pays d’adoption.

Cédric Vacherié voulait s’intégrer parfaitement à Paraty au Brésil, où il souhaitait créer une communauté d’artistes. Il avait assimilé le mode de vie, les us et coutumes de son pays d’adoption. DR

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Justice pour Cédric L’arrestation du suspect, un élément clé de l’enquête

Dans son bureau à Nanterre, il se trouve à plus de 8 000 kilomètres de l’enquête.

Dans son bureau à Nanterre, il se trouve à plus de 8 000 kilomètres de l’enquête. Mais c’est lui qui assure officiellement la liaison avec la police brésilienne. Soumis au secret de l’instruction, le brigadier Excoffier affirme ne pas pouvoir en révéler beaucoup sur le meurtre de Cédric Vacherié, même s’il y était autorisé.

« Ici, nous n’effectuons qu’une enquête miroir de celle réalisée au Brésil, un pays souverain. On ne peut pas leur prêter d’effectif ni modifier leurs lois ! »

Le flic de la PJ reconnaît que le fédéralisme du pays carioca ne facilite pas la procédure, puisque le principal suspect s’est réfugié dans un autre État que celui où a été commis le crime.

« S’il est interpellé, ce sera sans doute un élément clé de l’enquête, car on pourra confronter sa version à celle de son père, qui l’accuse du meurtre, estime le policier. Après, nous, on pourra toujours demander à l’entendre dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, ce sera au juge ou au procureur de le décider. Mais il ne faut pas rêver à un procès en France. Il n’y a aucune chance pour que le Brésil accepte d’extrader l’un de ses ressortissants. »

L’enquête a-t-elle été bâclée, voire négligée dans un pays où les « gringos » ne sont pas toujours bien vus? Surtout s’ils sont homosexuels et nouveaux propriétaires terriens ?

« Vous savez, au Brésil, la police doit traiter 110 000 homicides par an. La police de Paraty n’est peut-être pas ultra-spécialisée, elle a peut-être manqué d’expérience et de temps pour traiter cette affaire, mais j’ai l’impression que compte tenu du contexte, ils ont quand même fait du boulot. »

Un constat que ne partagent pas les proches du défunt : « Aujourd’hui, on reste impuissant avec notre douleur, mais on ne lâche rien. »

Sur une vidéo, on le voit danser dans un incroyable costume qu’il avait lui-même créé, en pleine nature. À Paraty, où il avait acheté plusieurs parcelles à l’orée de la jungle, Cédric Vacherié semblait avoir trouvé sa voie. Et son univers. Lui, l’artiste utopique ; lui, l’écorché vif ; lui, l’ancien coiffeur pour clientèle aisée de Sao Paulo, allait réaliser le projet de sa vie. Une maison, des terrains à revendre pour créer une communauté d’artistes, et laisser libre cours à sa créativité. Au cœur de la faune sauvage et la flore locale, lui qui étudiait la religion totémique du Candomblé. Libre dans sa vie, comme dans ses mœurs avouées. L’enfant fantasque du Cannet s’était enfin trouvé.

« Il me disait, un jour je reviendrai en France, je serai un artiste riche et reconnu », se souvient Martine, sa maman.

« Mon frère avait une forte personnalité, il ne savait pas garder un sentiment, il fallait que ça sorte avec exubérance, ajoute Fred. Avec ce projet, il s’était un peu canalisé. Pour la première fois, Cédric ne se laissait pas déborder par ses émois. »

Sacré personnage, néanmoins. De quoi déplaire au voisinage ? Surtout lorsque ces évangélistes « durs » avaient pris leurs habitudes sur des terres qui ne leur appartenaient plus ?

« Ses meurtriers présumés avaient pourtant travaillé sur la maison de Cédric, et pour Noël, il m’avait demandé de leur faire des confitures, relate sa mère. Mais un jour, Cédric m’a dit :Maman, tu sais, je suis PD, je fume de l’herbe, j’étudie le Candomblé, alors un jour, ça risque de péter…” »

Sombre prédiction, dans un pays qui a élu un Président ultra-conservateur, hostile à l’immigration et à l’homosexualité...

La vie de Cédric n’est désormais plus que cendres.

Mais Martine et Fred ont récupéré çà et là quelques morceaux épars de son œuvre. Avec l’idée de l’exposer en France, comme pour lui redonner une identité.

Une pétition est lancée sur Secure.avaaz.org afin de réclamer justice.

Une récolte de fonds est également organisée sur

leetchi.com, « Pour la mémoire de Cédric ».

Dans le jardin familial de son frère Fred, celle-ci est déjà honorée. Une stèle à son nom, au pied d’un splendide oranger. Voisin des autres membres défunts de la famille Vacherié.

« Mon père, la maladie l’a injustement emporté, rage encore Fred. Mais mon frère, on nous l’a sauvagement volé ! »

Personnalité atypique, Cédric pensait pouvoir laisser libre cours à toutes ses envies, d’artiste et d’homme, au Brésil.
Personnalité atypique, Cédric pensait pouvoir laisser libre cours à toutes ses envies, d’artiste et d’homme, au Brésil. DR
Cédric repose désormais dans le jardin familial  au Cannet.
Cédric repose désormais dans le jardin familial au Cannet. A.C.

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