"Je supplie la justice de me recevoir": Magali Berdah espère être rapidement entendue par les enquêteurs d’Antibes dans son affaire contre Booba

Avant la conférence de presse de mercredi où elle promet de donner tous les éléments concernant l’affaire de cyberharcèlement l’opposant à Booba, Magali Berdah revient sur l’enquête ouverte par le parquet de Grasse concernant "des pratiques commerciales trompeuses".

Margot Dasque Publié le 13/09/2022 à 12:45, mis à jour le 13/09/2022 à 15:22
À la tête d’une entreprise de soixante salariés, pionnière dans son domaine en France, Magali Berdah reconnaît: « Il y a des failles, oui. En 2021 j’ai même interpellé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire à ce sujet.

Un long affrontement. Sur le terrain juridique. Sur le terrain numérique. Depuis quelques jours, l’annonce de l’ouverture d’une enquête par le parquet de Grasse concernant la société Shauna Events a fait ressurgir l’affaire opposant le rappeur Booba à la cheffe d’entreprise Magali Berdah.

Le "duc" de Boulogne voit ainsi sa plainte déposée à Paris trouver suite dans les Alpes-Maritimes avec une enquête confiée au commissariat d’Antibes - ville au sein de laquelle la société devenue agence d’influence numéro un en France est immatriculée.

Par cette démarche, le plaignant Elie Yaffa a voulu porter à la connaissance de la justice "des pratiques commerciales trompeuses" et "une escroquerie en bande organisée". Une deuxième qualification qui n’a pas été retenue.

Ainsi, les policiers nationaux vont se pencher sur le système des placements de produits sur les réseaux sociaux menés par l’agence. Des investigations devant permettre de voir si les faits sont caractérisés ou non.

Jusque-là, il pourrait s’agir d’une enquête comme une autre.

 

Sauf que les deux protagonistes sont connus. Reconnus.

"J’ai une surveillance policière. J’ai dû déménager. J’ai peur"

D’un côté Magali Berdah, également chroniqueuse sur C8 dans l’équipe de Cyril Hanouna, de l’autre Booba, figure de la scène rap française. Depuis plusieurs semaines, le natif de Sèvres a pris pour cible la business woman, baptisée "maman des influenceurs".

Une campagne sur Internet visant les icônes de ce que la communauté du rappeur appelle "les influvoleurs". Un cyberharcèlement pour lequel elle a déposé une plainte contre Booba et contre X.

Une enquête est ouverte le 1er juin pour menace, harcèlement et provocation à commettre une atteinte à l’intégrité de la personne en raison de sa religion ou de son sexe par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne à ce sujet.

"On n’en parle pas assez de ce versant des choses", regrette l’intéressée, contactée par nos soins: "J’ai une surveillance policière. J’ai dû déménager. J’ai peur."

 

Insultes, menaces de mort, propos sexistes. La machine s’est affolée depuis la diffusion de l’émission Complément d’enquête disséquant le business des influenceurs: sur Twitter, les posts défilent.

"Condamnez-moi ou innocentez-moi, mais que cela cesse"

"Cela fait quatre mois que je vis ça. Est-ce qu’on peut se rendre compte qu’on est en train de mettre à mort une femme? J’ai supplié Booba d’arrêter ses tweets horribles sur mon physique, ma fille, mon frère, mon père… J’ai des appels au viol, au meurtre, à la décapitation. Il m’a répondu: au plus tu agonises, au plus ça m’excite. "

Le sentiment d’assister à son procès médiatique avant toute décision d’un magistrat est prégnant: "Je supplie la justice de me recevoir. Condamnez-moi ou innocentez-moi, mais que cela cesse."

À la tête d’une entreprise de soixante salariés, pionnière dans son domaine en France, Magali Berdah reconnaît: "Il y a des failles, oui. En 2021, j’ai même interpellé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, à ce sujet. Je lui ai demandé s’il pouvait me recevoir pour nous aider à réguler ce métier. Parce que c’est un beau métier, mais je suis consciente qu’il y a des choses qui ne vont pas."

Mercredi à 10 heures, la fondatrice de l’agence donne une conférence de presse à Paris. Elle promet, en présence de ses avocats, de dévoiler "tous les éléments de l’affaire de cyberharcèlement".

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