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"Je lui ai fait un bisou sur la joue, c'est la dernière fois que je l'ai vue..." La mère de Maëlys témoigne avant le procès Lelandais

Maëlys De Araujo, 8 ans, a disparu en 2017 lors d'un mariage en Isère. Rapidement suspecté, Nordahl Lelandais a avoué quelques mois plus tard avoir tué "involontairement" la fillette. Alors que le procès commence le 31 janvier, la mère de la victime a témoigné sur France 2.

La rédaction avec AFP Publié le 26/01/2022 à 12:15, mis à jour le 26/01/2022 à 11:53
Maëlys De Araujo, 8 ans, a disparu en 2017 lors d'un mariage en Isère. Rapidement suspecté, Nordahl Lelandais a avoué quelques mois plus tard avoir tué "involontairement" la fillette. Photo DR

"Elle est venue sur moi, je lui ai demandé si elle voulait goûter le dessert, elle m'a dit oui." Jennifer de Araujo se souvient parfaitement du jour où sa fille Maëlys a disparu, lors d'un mariage en Isère, en août 2017. 

"Elle est retournée jouer. Je lui ai dit d'y aller. Je lui ai fait un bisou sur la joue et c'est la dernière fois que je l'ai vue", raconte-t-elle pour le 20h de France 2, ce mardi 25 janvier. 

"Si j'avais su, je l'aurais retenue vers moi et je lui aurais dit 'non, ne pas pas, reste avec moi'."

"Je n'ai pas assez écouté mon intuition"

La mère de la fillette témoigne avec pudeur des derniers instants, où tout s'est joué. "Maëlys m'a dit 'est-ce que je peux aller voir les chiens de mon copain?'. Pour moi, c'était quelqu'un de banal, qui était invité au mariage. Il était à la table des mariés, donc ça m'a rassuré. Je n'ai pas assez écouté mon intuition, c'est ce que je me reproche."

Nordahl Lelandais a longtemps nié, avant d'être confondu en février 2018 par la découverte d'une tache de sang dans le coffre de sa voiture, désossée par les enquêteurs.

 

Il a déclaré alors avoir tué Maëlys "involontairement" en lui portant des coups très violents au visage. Ni cet aveu, ni l'autopsie du corps n'ont permis de faire la pleine lumière sur cette affaire, marquée dès les premiers jours par un énorme retentissement médiatique.

"Il nous a fait attendre des mois et des mois avant qu'on la retrouve. Il l'a jetée dans la nature comme un déchet. Tout est calculé et fait exprès, pour qu'il y ait le moins de preuve possible sur elle, qu'on ne sache pas de quoi elle est décédée et ce qu'il lui a fait subir", déplore Jennifer de Araujo, qui ajoute: "C'est frustrant, c'est lui qui mène la danse".

Les versions livrées par le suspect n'ont cessé d'évoluer durant les premiers mois de l'enquête. S'il a admis que la petite fille était montée dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du décès restent entourées de zones d'ombre.

Procès hors norme

L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère, pour le meurtre précédé de l'enlèvement et de la séquestration de Maëlys. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

 

"La question d'un éventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement", même si les poursuites pour viol ont été écartées pendant l'instruction faute d'élément matériel, note Me Fabien Rajon, qui défend notamment la mère et la sœur de la fillette.

La famille de Maëlys voit ce procès comme une "terrible épreuve" et attend que la justice prenne "toute la mesure de la dangerosité de Nordahl Lelandais". "J'aimerais qu'il nous dise ses derniers mots", confie Jennifer de Araujo.

L'accusé, détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier en Isère, lui, attend le procès "sûrement comme quelqu'un qui encourt la perpétuité", selon une source proche du dossier.

La durée des audiences sur trois semaines, du 31 janvier au 18 février, est bien plus longue que ne le veut l'usage pour ce type d'affaire. Un dispositif hors norme a été mis en place pour accueillir les plus de 160 journalistes accrédités.

Cellule spéciale d'investigation

L'accusé devra aussi s'expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines de 5 et 6 ans et sur des images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur et dans ses téléphones.

Son procès à Chambéry pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas vraiment permis de cerner sa personnalité énigmatique. Condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion, il n'a pas fait appel.

À ce jour, aucun élément n'a permis d'étayer les multiples spéculations sur son possible parcours de "tueur en série". Une cellule spéciale a épluché pendant trois ans plus de 900 dossiers non élucidés, pour tenter de trouver un lien. Sans résultat.

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