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"J’ai vu pleurer de grands costauds": L'intervention héroïque des pompiers de Monaco face à un feu d'une puissance phénoménale

Au lendemain du décès du sergent Thierry Perard après son intervention dans l’incendie de l’avenue Princesse-Grace, l’enquête se poursuit. L’émoi est vif en Principauté.

Thomas Michel Publié le 21/06/2022 à 12:02, mis à jour le 21/06/2022 à 13:01
65 sapeurs-pompiers ont été mobilisés au plus fort de l’intervention. Photo Franz Chavaroche

"J’ai vu pleurer de grands costauds. C’est impressionnant ce qu’ils ont fait dans des conditions dantesques." Ce lundi, le colonel Tony Varo, commandant de la Force publique(*) et ex-chef du Corps des sapeurs-pompiers de Monaco, était marqué par la perte du sergent Perard, et fier de ses frères d’armes venus à bout d’un brasier sans précédent en Principauté.

"On ne peut même plus parler de feu d’appartement face à une telle puissance. C’était un véritable feu d’entrepôt, d’une énergie phénoménale. Et après une lutte intense de 4 heures, ils sont parvenus à contenir le feu de manière remarquable car il n’est jamais sorti de l’appartement."

Comme tous, le colonel attend désormais des réponses sur les conditions du décès du sergent Perard, entré dans l’appartement enfumé alors que deux personnes manquaient encore à l’appel. Un vrai guet-apens que cet appartement de 400 m² rempli de mobiliers, et ouvert aux quatre vents avec ses trois façades. Une configuration propice à des phénomènes aléatoires. En l’occurrence, un embrasement généralisé.

Prêts à en découdre aux larmes

Le genre de scénario auquel les pompiers monégasques sont d’autant plus préparés depuis 2012, et la livraison de caissons d’entraînement modélisés comme des appartements sur le terrain de La Brasca, à Eze. "C’est un métier qui présente des risques malgré l’adaptation au changement d’espaces, d’où le fait que nous soyons à cheval sur les procédures et entraînements."

 

Et d’endurance, les hommes du lieutenant-colonel Maxime Yvrard, chef de Corps des sapeurs pompiers de Monaco, n’en ont pas manqué. Il a même fallu faire preuve d’autorité pour empêcher certains de retourner au feu plus que de raison. Prêts à en découdre aux larmes mais déjà trop éreintés.

Des militaires animés par la volonté de protéger les civils et certainement d’honorer la mémoire de leur frère Thierry, plus tôt évacué dans un état critique. "Il a vécu son rêve de pompier jusqu’au bout, dans un extrême dévouement", confie gorge nouée le colonel Varo, évoquant un Corps "durement éprouvé" et l’annonce glaçante à la famille. Un jour de Fête des pères.

Alors que depuis dimanche la communauté monégasque martèle son plus grand respect pour ses anges gardiens, le colonel Varo insiste sur la bravoure de ces pompiers "engagés au feu à 4-5 reprises malgré la perte de leur camarade". Des hommes meurtris dont l’eau des lances s’évaporait parfois avant même d’atteindre leur but à cause de la chaleur ambiante, mais dont les larmes continuaient de couler sous la visière.

Un Corps, une famille

Des hommes qui vivent à l’année en famille, en caserne. Partageant joies et peines, accumulant les souvenirs. "Nous avions en commun d’être nés le même jour, et donc de fêter notre anniversaire à la caserne", se remémore le colonel Varo.

 

Déjà dispensée sur place, une aide psychologique se prolongera autant que besoin. "Nous incitons tous ceux qui en éprouvent le besoin à prendre des rendez-vous individuels auprès de praticiens." Pour exorciser les peines et repartir au feu dans les meilleures dispositions mentales.

Une épreuve qui aura aussi mis en exergue la capacité des secours monégasques à s’unir dans l’adversité. Sûreté publique, Carabiniers, Croix-rouge, CHPG et SMUR alliant leur force en un temps record pour former une base arrière, avec l’aide salutaire du personnel du restaurant Mayah Jah, prompt à accueillir et hydrater les personnes sauvées par des héros.


* Qui regroupe le Corps des sapeurs pompiers de Monaco et les Carabiniers du Prince

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