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"J’ai pris son pouls, mais le cœur ne battait plus": le récit glaçant des voisins de la victime du féminicide à Fréjus

Mis à jour le 09/02/2021 à 07:25 Publié le 09/02/2021 à 07:00
Léo, 21 ans, témoigne du drame s’est déroulé dimanche, vers 13 heures, au rez-de-chaussée de la résidence Terra Gaïa à Fréjus.

Léo, 21 ans, témoigne du drame s’est déroulé dimanche, vers 13 heures, au rez-de-chaussée de la résidence Terra Gaïa à Fréjus. Photo Philippe Arnassan

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"J’ai pris son pouls, mais le cœur ne battait plus": le récit glaçant des voisins de la victime du féminicide à Fréjus

Le principal témoin du féminicide, qui s'est déroulé dimanche après-midi dans le quartier Caïs de Fréjus, revient sur la chronologie du drame.

"Il faut venir tout de suite! Je crois qu’il est en train de tuer notre maman…" Sur le palier, deux silhouettes tremblantes se dessinent. L., 11 ans, et son petit frère D., 6 ans, viennent chercher de l’aide. Entre deux hoquets, le plus grand raconte ce qu’il a vu: son beau-père, X., donner des coups de couteau à sa mère.

Le garçon bredouille: "Il y a du sang partout…"

"Il faut venir! Vite !"

Ces visages, ces mots, Léo, 21 ans, ne les oubliera jamais. "Je connais bien ces gosses, témoigne-t-il. Ils habitent au rez-de-chaussée; nous sommes au troisième étage. Avant d’arriver chez nous, ils ont toqué partout. Mais il n’y avait personne. Ils étaient terrorisés."

Ce dimanche, à 13 heures, ils parviennent tout de même à dire l’essentiel: "Il faut venir! Vite!" Léo, son frère de 17 ans et leur mère dévalent les escaliers de la résidence Terra Gaïa, dans le quartier de Caïs à Fréjus.

Derrière la porte entrouverte de l’appartement des enfants, ils découvrent le corps de leur voisine, Iraida, 43 ans, étendue au sol.

"Je suis secouriste, confie le jeune homme. J’ai immédiatement pris son pouls. Mais le cœur ne battait plus. J’ai vu qu’elle avait été frappée par plusieurs coups – au torse, dans le dos et à la gorge. Il n’y avait plus rien à faire…"

La colère succède alors à la stupeur. Où est le père du plus jeune enfant, le septuagénaire qui aurait porté les coups mortels? Léo et son jeune frère sortent en trombe de l’immeuble. Un voisin, de sa terrasse, affirme qu’il l’a vu s’échapper par le balcon.

"Il semblait totalement à l’ouest"

"Nous l’avons rattrapé à hauteur du bar-tabac du Stade, raconte Léo. Il semblait totalement à l’ouest. Ses vêtements étaient pleins de sang! Lorsqu’il nous a aperçus, il a tenté de fuir. Mais on a réussi à le choper. Comme il y avait du monde, on a demandé de l’assistance."

Hélas, l’action courageuse des deux jeunes gens est mal interprétée. Des passants croient qu’ils assistent à une scène "classique" d’agression… et que le vieil homme en est la victime! "J’ai dû leur expliquer, soupire Léo. Ça n’a pas été simple."

Pendant ce temps, X. tente de s’esquiver. L’adolescent le rattrape à hauteur d’un arrêt de bus, le plaque contre la vitre puis, aidé par son frère, le ramène jusqu’au bar-tabac. "La police est arrivée à ce moment-là, complète Léo. C’est un habitant de la résidence qui a fait le 17. Les flics ont tout de suite compris ce qui se passait et ont interpellé X."

De retour chez eux, Léo, son frère et une amie de sa sœur retrouvent les bambins. "Comme personne ne nous disait rien (lire ci-dessous), on les a gardés. Ils sont habitués. Avant Noël, ils sont restés avec ma mère pendant un mois."

Le meurtrier présumé a été placé en garde à vue. À l’issue de cette procédure, reconduite ce lundi en fin de matinée pour 24 heures, l’homme devrait être présenté au parquet de Draguignan.

Un couple au bord du divorce

L’enquête devra déterminer les mobiles qui auraient pu pousser le septuagénaire à commettre l’irréparable. Pour les voisins du couple, cependant, une raison s’impose: la victime voulait divorcer.

"J’ai aidé Iraida à faire tous les papiers, confie Jamilla. Ils venaient tous les deux du Portugal et vivaient ensemble depuis une dizaine d’années. Mais là, ce n’était plus possible. Son mari sentait venir le coup; il a tenté de mettre le bail de l’appartement à son nom. Il voulait que ce soit elle qui s’en aille avec ses deux gosses! Pourtant, il était le père du dernier. Mais il ne s’en occupait vraiment pas beaucoup, hein…"

"C’était une femme très appréciée"

À l’hôtel Saint-Aygulf, la nouvelle a été accueillie avec effroi. "Iraida travaillait chez nous depuis des années, confie l’une de ses collègues. Elle faisait les saisons, de mars à octobre, comme femme de chambre. C’était une personne très appréciée. C’est pour ça qu’on la reprenait chaque année…"

S’était-elle confiée sur ses problèmes de couple? La question est évacuée d’un geste gêné : "C’est sa vie privée. Je ne sais pas si j’ai le droit de vous en parler."

Au bar-tabac du Stade, près de l’endroit où l’auteur présumé des coups mortels a été interpellé, le patron Nicolas Varangle se souvient d’une dame "très discrète, avec deux enfants polis. Son mari, je le voyais partir tous les matins avec sa glacière. Il travaillait sur des chantiers. Vous me dites qu’il a 70 ans? Il paraissait plus jeune… En tout cas, lui aussi avait l’air normal. On n’en revient pas qu’une telle horreur ait pu se passer ici."

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