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Incendie criminel à Beausoleil : "Il me menaçait sans arrêt"

Mis à jour le 20/05/2021 à 23:37 Publié le 21/05/2021 à 08:00
L’appartement, au quatrième étage de cet immeuble, avenue d’Alsace à Beausoleil avait été entièrement détruit par les flammes.

L’appartement, au quatrième étage de cet immeuble, avenue d’Alsace à Beausoleil avait été entièrement détruit par les flammes. (Photo Cyril Dodergny)

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Incendie criminel à Beausoleil : "Il me menaçait sans arrêt"

L’ex-compagnon d’Audrey (1) comparaît devant les assises des Alpes-Maritimes pour tentative d’assassinat. Il est accusé d’avoir incendié, un soir d’octobre 2017, l’appartement où la victime et son fils ont failli périr

Audrey, 44 ans, est assistante commerciale, mère de deux enfants. Domizano Musano, 48 ans, est chauffeur de limousine. En 2015, c’est le coup de foudre. Leur liaison dure neuf mois jusqu’à un accès de violence dans l’appartement d’Audrey avenue d’Alsace à Beausoleil. Devant son plus jeune fils, elle est tirée par les cheveux. Le compagnon jaloux fait mine avec ses doigts de lui poser un pistolet sur la tempe.

"C’est monté en puissance"

"C’était le 17 mars, se souvient Audrey, des sanglots dans la voix, devant la cour d’assises. Il m’a mis un tee-shirt autour du cou pour m’étrangler. Il fallait que je le rembourse. Ses parents nous avaient acheté une table et un canapé. Il s’est excusé le lendemain mais ce n’était plus possible. J’ai essayé d’être gentille parce qu’une séparation c’est douloureux mais c’est monté en puissance."

Domizano Musano ne se résout pas à la rupture. Il harcèle Audrey, la bombarde de messages. Autant de coups de semonce annonciateurs du drame. "Il me menaçait sans arrêt, me disait qu’il allait me tuer, moi et mon entourage", insiste-t-elle.

Le samedi 7 octobre 2017, vers 22h20, elle devine la silhouette de son ex-compagnon à travers le judas sur le palier du 4e étage. Pas question de lui ouvrir. Elle regagne sa chambre, entend du liquide (ndlr: de l’essence) qui se déverse. "Ça a pris feu en deux secondes. Les flammes ont gagné le faux plafond", affirme-t-elle, encore sous le choc. Audrey et son fils de 11 ans se réfugient sur leur terrasse appelant au secours, désignent le pyromane qui s’enfuit à pied à quelques badauds.

Les sapeurs-pompiers sauveront la vie d’Audrey et de son fils grâce à la grande échelle. Trente occupants de l’immeuble sinistré seront évacués.

Textos annonciateurs

Dans le box, Domizano Musano est attentif, scrute le moindre geste de celle dont il est accusé d’avoir voulu la mort. Il est détenu depuis plus de trois ans et demi. Il a toujours nié être l’incendiaire. Il le répète avec un fort accent italien: "J’étais bien sûr place mais de là à essayer de tuer quelqu’un…" Murmures de désapprobation sur le banc des parties civiles où Audrey et ses deux fils lui font face. Le président Patrick Veron s’attarde sur le contenu de textos entre Audrey et Domizano Musano. Il y en a des dizaines: "Ouvre-moi s’il te plaît." "Laisse-moi, je vais crever brûlée avec mes gosses, c’est bon j’ai compris", répond-elle. "Stp je suis devant ta porte. Stp réponds-moi". "Je pense que tout est dit. Tu vas venir me mettre le feu."

Déjà une plainte

Me Ginez et Me Ceyleron, les avocats de la défense, s’étonnent qu’Audrey, à six reprises, évoque un incendie à venir contrairement à leur client. N’est-ce pas pour se ménager une preuve? "Je voulais laisser une trace de ses menaces verbales", se justifie la rescapée qui a déposé une plainte et deux mains courantes peu avant le drame.

Elle décrit sa peur, tente de garder son calme face aux questions offensives de la défense: "En tant que maman, vous comprenez que je suis énervée qu’on puisse penser que j’ai mis le feu alors que mon fils était dans l’appartement."

Très actifs tout au long des débats, les défenseurs exploitent les failles (et il y en a) de l’enquête, s’indignent quand un expert incendie, qui a soutenu pendant trois ans et demi que le départ de feu se situait à l’intérieur de l’appartement, vient dire l’inverse à l’audience. Mais à partir du moment où les avocats soutiennent la thèse de leur client, ils mettent en doute la parole d’Audrey. Un pari audacieux. "Scandaleux", pense plutôt Me Marie Lambert, avocate de la partie civile.

 

1. Le prénom a été modifié

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