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Ils s’exercent à répondre à un attentat via un jeu de rôles

Mis à jour le 23/02/2019 à 10:16 Publié le 23/02/2019 à 10:15
Petit à petit, les tableaux se noircissent. Ils permettent d’avoir une vue d’ensemble. Ici, il s’agit de la zone d’où partent les ambulances vers les hôpitaux.
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Ils s’exercent à répondre à un attentat via un jeu de rôles

Fusillade dans un restaurant, explosions dans un hôtel... Hier au CHPG, 150 intervenants ont simulé toute la chaîne de secours, non pas avec des figurants grimés, mais avec des cartes

Anyland, un 13 juin au soir. Une légère brise gâche à peine les 21°C de ressenti. Un jour comme un autre dans ce pays imaginaire. Soudain, une fusillade éclate au Golden Duck, un restaurant d’une cité balnéaire. Quelques minutes plus tard, trois explosions se font entendre du côté de l’hôtel de luxe Paradise, où se tient un cocktail dînatoire. Pas de doute, c’est un attentat « multi-site », comme on le décrit dans le jargon. La fumée envahit les lieux de la seconde attaque.

Pourtant, nous ne sommes pas à Anyland. Mais dans les locaux de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) au centre hospitalier Princesse-Grace. Il s’agit, en réalité, d’une simulation grandeur nature. Pas avec des figurants grimés jouant le rôle de victimes, comme cela existe bien souvent. Là, les blessés ont l’allure de cartes truffées d’informations précieuses : respiration, tension, nature des blessures - légères ou critiques - et même temps de vie restant à la victime ! Un jeu de rôle répondant au doux nom de MRMI (1), littéralement « Réponse médicale aux incidents majeurs ». Une méthode reconnue en Europe et toute récente en France.

« Pour un exercice avec des figurants, on a du mal à jouer le timing de la chaîne de secours car il est difficile de déplacer les hélicoptères, les ambulances. Avec ce jeu de rôle, on mobilise la chaîne de secours du début à la fin, en mobilisant tous les acteurs qui jouent leur propre rôle », explique Frédéric Lodier, porte-parole du MRMI France. Police, pompiers, secouristes, ambulanciers, médecins, infirmiers, directeurs d’hôpitaux… dont certains de Monaco. Au total : 125 participants, dont 50 instructeurs chargés de scruter les moindres faits et gestes des protagonistes, voire les aiguiller.

Triage puis évacuation

Pour les primo intervenants, en l’occurrence la police, la priorité est de s’assurer que les lieux sont sécurisés. Que les terroristes ne rôdent pas dans les parages. Une fois le doute levé, une course contre-la-montre attend les secours. Il faut trier les victimes en leur apposant une pastille de couleur différente selon la gravité de leurs blessures. Vite et bien. Au risque de perdre des vies.

Autre étape, l’évacuation vers les hôpitaux. Les tableaux se noircissent d’informations. Ici et là, on s’assure que des ambulances et leur personnel sont disponibles. Tout est calculé, y compris le temps de trajet. Comme dans la vraie vie. Même des secours aériens et maritimes peuvent être engagés, si besoin.

Autres pièces, autres lieux : les trois hôpitaux, dont chacun est équipé de sa cellule de crise. Là, l’intérêt est de gérer le « courant » tout en accueillant les victimes de l’attaque. Prioriser, donc. Au gré des minutes, le nombre connu par les autorités grossit à vue d’œil pour atteindre le pic de 430 personnes. « Quand le mode catastrophe est déclenché, il faut réorganiser les services pour obtenir des lits disponibles. Optimiser les lieux, donc. Il faut aussi gérer les cartes [comprenez les blessés, ndlr] qui arrivent de leur propre chef à l’hôpital », complète Frédéric Lodier.

Le scénario peut évoluer

Au quatrième étage, le poste de commandement a été installé avec tous les responsables des corps d’intervention. « C’est le lieu où toutes les infos du terrain arrivent, où les décisions sont prises avant d’être renvoyées », précise Frédéric Lodier.

Là où l’ensemble des moyens est répertorié et dépêché graduellement sur le terrain, selon la gravité. L’alerte 3 est déclenchée, le maximum. On y apprend qu’un ou plusieurs assaillants courent toujours. Alors même qu’un match se joue dans un stade garni par 30 000 personnes.

« La décision a été prise avec le préfet de confiner tout le monde à l’intérieur », nous confie-t-on. À tout moment, le maître du jeu peut décider de faire intervenir une presse factice, avide d’informations factuelles, « pour faire monter la pression ». De faire évoluer le scénario.

D’ailleurs, une troisième explosion surviendra pendant l’exercice, « histoire de les pousser dans leurs retranchements », lequel a duré plus de quatre heures.

Le bilan est lourd, terrible même.

Sur 430 personnes, 172 sont décédées. De ce qu’il ressort du briefing, la communication a péché par moments. Ce n’était qu’un exercice… Aujourd’hui, rebelote avec un autre scénario et plus de victimes à gérer. Mais, cette fois-ci, les erreurs seront gommées par l’expérience de la veille.

Les protagonistes de l’exercice étaient entourés d’instructeurs.
Les protagonistes de l’exercice étaient entourés d’instructeurs. Thibaut Parat
SDIS 06

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