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Ils ont sauvé des vies durant les intempéries

Mis à jour le 04/12/2015 à 05:12 Publié le 04/12/2015 à 05:12
Manu Dupont, David Matteoli, Brice Bédier et Jonathan Pons, quatre des pompiers en première ligne durant la nuit du 3 octobre.

Manu Dupont, David Matteoli, Brice Bédier et Jonathan Pons, quatre des pompiers en première ligne durant la nuit du 3 octobre. Patrice Lapoirie

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Ils ont sauvé des vies durant les intempéries

Au cœur du déluge meurtrier qui a frappé le département le 3 octobre dernier, les pompiers ont réalisé de nombreux sauvetages périlleux cette nuit-là. Deux mois après, ils racontent

Deux mois après les intempéries qui ont frappé le département, la vie a repris son cours, laissant des centaines de sinistrés désemparés. Ici et là, des routes abîmées, des commerces fermés. Stigmates de ce samedi 3 octobre meurtrier et des flots qui ont tout ravagé sur leur passage.

Une nuit cauchemardesque pour des milliers d'azuréens. Inoubliable également pour les soldats du feu qui ont ce soir-là affronté le déluge. Comme Manu Dupont ou David Matteoli qui, à bord d'un hélicoptère de la Sécurité civile, ont hélitreuillé des dizaines de personnes en danger. Ou Brice Bedier et Jonathan Pons, en première ligne au sol. Quatre hommes parmi des centaines qui ont risqué leurs vies pour en sauver d'autres cette nuit-là. Ils racontent cette nuit sans précédent dans leur carrière de pompier.

« En sortant de chez moi à La Roquette-sur-Siagne, j'ai vite compris que ce ne serait pas comme d'habitude », se souvient Manu Dupont, sergent-chef et plongeur de la caserne de Cannes. En début de soirée, l'homme a comme beaucoup de ses collègues pris l'initiative de se rendre à la caserne pour prêter main-forte. Sur le chemin, le professionnel mesure rapidement l'ampleur du désastre. « Il y avait beaucoup de gens en difficulté. J'ai aidé une dame qui était sortie de son véhicule et tombée dans un fossé, une autre qui était montée sur le toit de sa voiture pour se mettre à l'abri… »

Le pompier parvient finalement à rallier la base hélicoptère de Cannes Mandelieu où l'attend David Matteoli, sergent-chef à la caserne de Grasse et spécialiste des milieux périlleux. Ensemble, les pompiers volent littéralement à la rescousse des nombreuses victimes coincées dans des endroits inaccessibles par les routes.

« Nous sommes allés aider des gens réfugiés sur le toit de leurs véhicules qui étaient complètement immergés sur l'autoroute, peu après le péage d'Antibes », raconte David Matteoli. « Nous les avons hélitreuillé jusqu'à un camion de pompiers un peu plus loin. » Une opération délicate menée de main de maître par l'équipe. « Le pilote et le mécanicien ont réussi à nous emmener dans des endroits compliqués », souligne le sergent-chef.

Comme au camping du Pylone ravagé par les flots.

« Il y avait une famille prise au piège dans une maison. Quand les parents ont compris qu'on allait sortir leur bébé de six mois par les airs, ils ont paniqué. Je crois qu'au final, cet enfant ne s'est même pas réveillé durant l'intervention », sourit Manu Dupont.

Un peu partout, les gens en difficulté se signalent à l'aide de lampes ou de briquets, seul moyen de communication au cœur de la nuit noire. Autre souvenir marquant pour les professionnels, cette dame âgée, jambe cassée, qui a patiemment attendu les secours jusqu'à 5 heures du matin, assise sur une chaise dans un décor apocalyptique au camping du Pylone.

« Il y a eu de nombreux cas d'hypothermie. Mais durant nos interventions, nous n'avons eu à déplorer aucun décès ou blessé grave. Ça fait partie des satisfactions… »

Au sol, la situation est tout aussi compliquée pour leurs collègues. Brice Bédier, sergent à la caserne de La Bocca, est envoyé à Mandelieu, commune la plus durement touchée. « Le camion avait de l'eau jusqu'aux essuie-glaces. À peine arrivés au camping de l'Argentière, nous avons été assaillis par une quinzaine de personnes. Il y avait des gens pris au piège dans leur mobile home. » Toute une famille, dont les parents âgés et leur fils handicapé. « Il était terrorisé et ne voulait pas aller dans l'eau. Dans ces moments-là, il faut rassurer les gens sans perdre trop de temps… »

Au même moment à quelques kilomètres de là, Jonathan Pons, sergent-chef à La Bocca, se retrouve lui aussi en difficulté. « Je ne suis pas un grand nageur », confie le grand gaillard d'1,85 mètre, qui a pourtant plongé dans l'eau muni d'une corde pour aller secourir un homme bloqué dans son camion, juste derrière la caserne de La Bocca. « Seule sa tête dépassait de la vitre du véhicule. Il n'arrivait pas à sortir. Dans ce genre de situation, on marche à l'adrénaline… » confie le pompier qui aidera le lendemain matin à sortir les corps des victimes noyées dans leurs garages à la résidence Le Cap Vert à Mandelieu.

« Sans eux, il y aurait eu plus de victimes. Les pompiers ont réalisé près de 500 sauvetages et mises en sécurité dans le bassin cannois », se félicite le lieutenant-colonel Erick Calatayud, chef des pompiers du groupement Ouest.

« Ça fait partie des missions valorisantes et marquantes dans une carrière. On nous forme pour ces moments-là », s'accordent à dire ces héros du quotidien. Leur récompense ? « Un regard plein de gratitude, une caresse sur la main, une étreinte après un sauvetage difficile… Ça n'a pas de prix. »

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