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Il utilisait de fausses cartes bancaires pour ses achats à Monaco

Mis à jour le 26/07/2020 à 18:23 Publié le 26/07/2020 à 18:22
Le tribunal de Monaco.

Le tribunal de Monaco. Photo archives M.A.

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Il utilisait de fausses cartes bancaires pour ses achats à Monaco

Maillon d’un réseau spécialisé dans le trafic de cartes et atteint de la maladie de Charcot, il a été condamné à six mois avec sursis, dont un ferme.

Jusqu’à la date du 21 novembre 2018, un escroc aux cartes bancaires avait réussi à passer sous les radars de la police. Mais ce jour-là, vers 11h30, il faisait des emplettes dans une boutique du Faimont en Principauté.

Cet homme de nationalité israélienne utilisait comme moyen de paiement des cartes American Express. Intéressé par une veste proposée au prix de 4.675 euros, au moment du règlement, il tapait le code sur le terminal.

Les opérations étaient rejetées. Les autres essais échouaient. Loin d’abandonner son intention d’achat (frauduleux), il prétextait un déplacement pour récupérer la carte de son père et retournait en début d’après-midi vers 14h30. Au total, une dizaine de tentatives successives étaient infructueuses. Sauf une transaction par débit fractionné de 1.500 euros.

Une dizaine d’opérations tentées

Entre-temps, le détenteur d’un compte était alerté d’un achat en cours par l’éditeur américain des cartes de paiement.

Il faisait aussitôt opposition. Puis le concierge de l’hôtel alertait l’employée de la boutique "Mercedeh" d’un problème de fausses coordonnées employées dans l’établissement devant le client malfaisant.

Défiant d’expérience, il s’enfuyait en courant pour s’engouffrer dans un taxi afin de rejoindre Nice. Allait-il pour autant, rester impuni avec une procédure classée sans suite? Non!

Le 26 novembre dernier, grâce aux caméras de vidéosurveillance et à la vigilance des policiers monégasques, l’individu était interpellé à la gare de Monaco. Avec deux autres cartes bancaires non nominatives...

Sept mois plus tard, il était prévisible que le prévenu ne comparaisse pas devant le tribunal correctionnel.
À l’audience, toutefois le président Jérôme Fougeras Lavergnolle fournit de précieuses informations sur cet aigrefin à la personnalité particulière.

"Au cours de sa garde à vue, il n’a jamais contesté l’origine frauduleuse des numéros. Finalement, une dizaine d’opérations étaient tentées pour un total de 24 .62 euros. Il restait très flou sur le mode opératoire et ses complices. Deux amis communs lui communiquaient les coordonnées à utiliser... Incarcéré, une levée d’écrou a eu lieu en urgence pour un malaise cardiaque. Sans profession, il vivrait d’une rente de 4.000 euros€versée par une assurance vie."

"Pas de double peine : il a déjà payé... "

L’absence u prévenu est tout de même regrettable pour la procureure Alexia Brianti.

"Comment s’est-il procuré les coordonnées de cartes bancaires perdues ou volées? Il appartient certainement à un réseau spécialisé pour la communication des noms et numéros. Il a su insuffler la confiance afin que la vendeuse tente à plusieurs reprises de terminer la transaction. C’est un mode opératoire bien organisé avec des identités invérifiables. Notez le refus de fournir son code pin pour éviter l’expertise de son téléphone portable et cacher qui est derrière cette arnaque. L’infraction est constituée. Aucun élément semble justifier l’impossibilité d’être incarcéré: six mois ferme. Dans le cas contraire: un an avec sursis."

Le tribunal prononcera une sanction adaptée : six mois d’emprisonnement avec sursis dont un mois ferme. Qu’il a déjà effectué au cours de sa détention provisoire.

La défense s’agite aussitôt pour dénoncer l’inutilité de condamner son client à de la prison.

"Il vit de ses pratiques et tenait à faire face à ses responsabilités. Mais avec une dégénérescence croissante, affirme Me Thomas Brezzo, cet homme mourra d’asphyxie. La maladie de Charcot, cette atteinte du système nerveux, va l’enfermer dans son corps. Notez des explications assez floues et la légèreté de la part des boutiques devant ce personnage énigmatique. Après un mois et trois jours de détention provisoire il a été remis en liberté pour une hospitalisation en urgence à Nice. Devant l’absence de préjudice pour les parties civiles, ne lui infligez pas une double peine. Il a déjà payé…"

Avec le Dark Web, il est devenu de plus en plus facile de récupérer des numéros de cartes volées et de les utiliser pour des achats. Mais il ne faut pas oublier que les forces de l’ordre veillent et que la justice n’a jamais dit son dernier mot.


* Assesseurs: M. Ludovic Leclerc et Mme Virginie Hoflack.


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