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Halte aux vols de végétaux dans les forêts varoises

Les forêts s’assimilent pour certains à un « libre service » en plantes et arbustes. Avec la crise, le pillage est en recrudescence, avec de véritables réseaux organisés à nos frontières

Laurent AMALRIC (lamalric@nicematin.fr) Publié le 31/01/2013 à 07:19, mis à jour le 31/01/2013 à 07:43
« Des producteurs volés et concurrencés  par  - 19926034.jpg
A. B.-J.

Les forêts s’assimilent pour certains à un « libre service » en plantes et arbustes. Avec la crise, le pillage est en recrudescence, avec de véritables réseaux organisés à nos frontières

Les récents coups de filet insolites - une cohorte marocaine venue moissonner les sous-bois gassinois riches en pommes de pin ou des Tunisiens très portés sur les branches d'eucalyptus du massif du Tanneron - rappellent la vulnérabilité des forêts varoises. Thym, romarin, houx, mimosas, eucalyptus, champignons, etc. : elles constituent un réservoir que certains pillent allégrement à des fins commerciales.

« À Noël, nos forêts sont dévastées par des gens qui font de la récolte sauvage. Ils s'inventent producteurs et vont revendre directement auprès des fleuristes », se désole Michel Fourmillier, président du syndicat horticole du Var. Et ce n'est rien à côté des réseaux organisés venus des zones frontalières, qui pillent en quantités industrielles les biens forestiers…

 

Du végétal ordinaire à l'espèce protégée, la récolte sauvage n'a pas de limite. Le Var étant le deuxième département le plus boisé de France (après les Landes, avec 63 % de sa surface), l'interpellation des contrevenants au sein de ses 335 000 hectares de forêts ne coule pas de source. La biodiversité extraordinaire de ses sites remarquables et réserves naturelles - à l'image de celle de la plaine des Maures - constitue pourtant un enjeu croissant pour les pouvoirs publics, en alerte « verte ».

 


Pour Stéphane Bonmarchand, commandant de la compagnie de Draguignan : des producteurs sont "volés et concurrencés par leurs propres produits". À la tête d'un secteur très vaste, le chef d'escadron dracénois fait le point sur une délinquance mouvante et souvent invisible.

Les vols de végétaux sont-ils un motif d'inquiétude ?

 

Oui. Cela peut faire sourire certains, mais tout ce qui est rare et cher sous-tend un marché parallèle. Et, avec la crise, nous observons une recrudescence de ces types de vols. Cela va plus loin, jusque dans les potagers des particuliers !

Quelles sont les zones les plus sensibles ?

Principalement le massif du Tanneron et ses 300 hectares de forêt peuplés d'eucalyptus parmi les plus beaux d'Europe. Une main-d'œuvre clandestine agit depuis quelques années. Le pire, c'est que ces végétaux partent souvent vers l'Italie, où ils sont traités et conditionnés pour être revendus sur le marché français 50 % moins cher. Nous travaillons sur le démantèlement du réseau, car les producteurs sont victimes d'une double peine : à la fois volés et concurrencés par leurs propres produits !

Qu'en est-il en matière de champignons ?

Girolles, cèpes ou sanguins du haut Var sont convoités par des petites mains en provenance d'Italie, qui remplissent des camions frigorifiques entiers. Avec la truffe, étant donné les sommes en jeu (jusqu'à plus de 1 000 € le kilo), nous ne sommes pas à l'abri d'un drame. D'où notre vigilance sur les truffières d'Aups, où des vols ont déjà été traités. Souvent à destination de restaurateurs peu scrupuleux…

 

Quels sont les risques encourus ?

Pour les végétaux, cela va de la contravention à 135 € jusqu'à trois ans de prison assortis de la saisie des véhicules s'il y a vol en quantité industrielle et sur espèces protégées, par exemple. Je précise que les prélèvements de terre ou de pierres en forêt sont tout autant interdits.
 


Le dossier complet sur iPad ou sur le Journal en ligne

« Des producteurs volés et concurrencés  par  - 19926014.jpg
La forêt, qui recouvre 63 % du territoire varois, est tentante pour les amateurs de récolte sauvage. L'Office national des forêts est ainsi régulièrement confronté au ramassage illégal de bois.
« Des producteurs volés et concurrencés  par  - 19926029.jpg
Patrick Clementé.

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