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Féminicide de Julie Douib: l'accusé réserve ses excuses à ses enfants, pas à ses beaux-parents

"Il y a un seul responsable, il est là (..) devant vous": Bruno Garcia-Cruciani, jugé pour l'assassinat de Julie Douib, a nié mardi toute préméditation et réservé "excuses et regrets" à ses enfants, les refusant à la famille de son ex-compagne.

AFP Publié le 15/06/2021 à 16:00, mis à jour le 15/06/2021 à 16:46
La mère de Julie Douib, Violette, touche le portrait de sa fille assassinée, le 10 juin 2021 à Bastia Photo AFP

Devant les assises de Bastia, l'accusé d'un féminicide qui avait suscité une onde de choc en France a répété à de nombreuses reprises qu'il n'allait pas "se positionner en victime" et qu'il allait "assumer" ses actes.

"C'est bien moi qui ai fait cet acte", a-t-il dit, ajoutant: "Je vais faire ma peine. Le tout c'est de ne pas faire le procès de l'exemple".

"Mes enfants, ça fait deux ans et deux mois que je ne les vois pas", a-t-il également beaucoup répété, assurant: "C'est pire que la prison".

 

"Je ne peux pas revenir en arrière. J'ai enlevé la mère à mes enfants. Et les excuses et les regrets, je les donnerai à mes enfants", a-t-il ajouté, refusant en revanche d'en offrir aux parents Douib présents dans la salle d'audience depuis le début du procès jeudi: "Je ne peux pas".

Palais de justice de Bastia, le 10 juin 2021 Photo AFP.

Il a assuré que ses enfants "voulaient reprendre contact" avec lui et "s'inquiétaient" pour lui mais que la famille Douib empêchait ces contacts.

Interrogé sur les faits, il a indiqué qu'il "s'est passé un drame qui n'aurait jamais dû arriver", réaffirmant avoir eu l'intention le matin des faits de se rendre à son stand de tir et avoir profité de la présence de sa sœur et de son beau-frère pour y aller. "Ils n'ont rien à voir" avec les faits, a-t-il précisé.

Il assure avoir ensuite changé d'avis et s'être rendu chez Julie Douib.

"Vos enfants mentent?"

Il a nié également avoir tiré dans son jardin avec un silencieux la veille des faits, comme ses enfants l'ont dit aux enquêteurs.

 

"Vos enfants mentent?", a demandé l'avocate générale. "Je ne dirai pas que mes enfants mentent. Je ne dirai rien", a-t-il répondu.

Il a indiqué vouloir contester la garde de ses enfants par les parents de Julie Douib et les ramener en Corse: "Mon fils va avoir 13 ans, je vais lancer une procédure pour le récupérer".

Dénégations également sur une "traque" de la jeune femme ou de son ex-compagne avant Julie Douib.

"On est là pour travailler à charge Madame la présidente", a-t-il dit en référence aux multiples témoignages assurant le contraire.

 
Lucien Douib (c) le père de Julie Douib avec ses proches avant le début du procès de l'assassinat de sa fille, le 10 juin 2021 au tribunal de Bastia Photo AFP.

"Ne voyez pas de l'arrogance, il n'y en a pas du tout. Je viens pour prendre ma peine", a-t-il ajouté.

Sur les recherches sur internet effectuées pour aller vivre avec ses enfants en Thaïlande, il confirme que cette "possibilité" lui avait "traversé l'esprit" parce que la situation était selon lui "ingérable" avec Julie Douib.

Concernant les violences commises sur son ex-compagne, il dit: "Je n'ai jamais mis de coup de poing ou de gifle à Julie, je ne l'ai pas traînée par terre", reconnaissant toutefois des "disputes conflictuelles" avec des empoignades laissant des bleus sur les bras. "Je ne minimise pas", "je n'avais pas d'emprise sur Julie".

Sur les menaces proférées contre l'entourage de cette dernière après les faits pour lesquelles il a été condamné à un an de prison, il dit avoir été "sous le coup de la colère".

Le verdict est attendu mercredi. L'accusé encourt la réclusion à perpétuité.

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