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"Faut-il qu’une mineure se fasse violer?": le cri d’alarme d’une mère de famille après l’agression de sa fille

Ce jour-là, il est 10h30, quand l’ado sort de son établissement scolaire à Cagnes-sur-Mer et chemine sur le trottoir. Elle s’apprête à passer sous le pont de l’autoroute...

Grégory Leclerc (gleclerc@nicematin.fr) Publié le 04/07/2021 à 10:21, mis à jour le 04/07/2021 à 10:36
Une adolescente à la sortie du collège (image d'illustration). Photo AFP

"Ce type est venu taper dans mes tripes. Il a touché à ma fille!" La voix de Carine [le prénom a été modifié pour respecter l’anonymat de la maman et de sa fille], maman d’une collégienne de quinze ans, est nouée d’émotion.

Jeudi, sa fille s’est faite agresser à la sortie de son collège de Cagnes-sur-Mer. Elle venait y récupérer des papiers pour l’inscription de l’année prochaine. Emplie d’une colère intérieure, la maman est révoltée de la manière dont les choses se sont passées après l’agression.

"Tu es très belle, j’aime bien ta robe"

Ce jour-là, il est 10h30, quand l’ado sort de son établissement scolaire et chemine sur le trottoir. Elle s’apprête à passer sous le pont de l’autoroute. Un coup de fil à sa mère pour faire le point, rien que de la routine. Elle doit se rendre chez son père. "Ma fille avait remarqué un homme d’une vingtaine d’années qui marchait derrière deux jeunes filles, mais sans plus."

L’ado raccroche et mesure soudain que l’individu se trouve derrière elle et la colle, à moins d’un mètre. "Tu es très belle, j’aime bien ta robe." Il se fait insistant.

 

Pour autant, elle garde son sang-froid et se souvient des conseils de ses parents. Et de l’attitude à adopter en pareilles circonstances. Elle affirme qu’elle voit son père au bout de la rue, qu’elle est en train de le rejoindre. Pas de quoi, hélas, décourager l’importun qui insiste pour l’accompagner.

L'agresseur mis en fuite par une passante

Soudain, sans crier gare, l’homme se jette sur l’adolescente dans la rue Hélène-Boucher. Il l’enserre par-derrière, lui maîtrise les bras et la traîne sur 1,5 mètre vers un hall d’immeuble. La jeune fille, menue, ne peut résister à la force de ce colosse d’environ 1,90 m. Elle hurle. Une passante regarde mais poursuit sa route.

Une autre fonce, crie et réussit à intimider l’agresseur qui prend la fuite. La suite, c’est le dépôt de plainte de Carine et de sa fille au commissariat de Cagnes. L’homme est interpellé dans la foulée.

"Il est déjà dehors, comment est-ce possible?"

Selon nos informations, il aurait déjà agressé des mineures dans des circonstances similaires. Mais quand la maman ressort, c’est le choc. L’agresseur quitte le commissariat en même temps qu’elle, accompagné d’une éducatrice. "On m’a dit qu’il était en foyer pour des problèmes psychiatriques. Et là, il est déjà dehors, comment est-ce possible?", s’étrangle la maman.

 

Carine s’alarme. "Je veux que quelque chose soit fait pour lui ! Qu’il soit admis à un endroit où il ne puisse pas recommencer."

Le matin de l’agression, l’individu n’aurait pas rejoint le foyer où il était attendu.

La justice pas saisie, le suspect finalement convoqué

"Faut-il qu’une mineure se fasse violer et que sa vie soit détruite pour que quelque chose soit fait?", s’insurge la mère de famille, retournée, touchée "aux tripes" par l’agression de sa fille.

"Qu’il soit malade, c’est une chose, admet Carine, mais alors il faut le mettre dans un espace clos. Ou que ses responsables légaux fassent quelque chose! Comment a-t-il pu ressortir aussi vite?"

 

Il semblerait que la qualification retenue de "violences volontaires" n’a pas entraîné d’avis à parquet. Ce que confirme la procureur de la République de Grasse, Fabienne Atzori, contactée par Nice-Matin. Laquelle, après avoir pris connaissance du dossier, et au vu des antécédents de l’agresseur, a finalement décidé samedi de le convoquer de nouveau.

"Il a semble-t-il déjà fait du mal à des jeunes filles. Tout ce que je veux, c’est que ça n’arrive plus jamais et qu’il soit pris en charge de manière efficace", insiste Carine.

Sa fille, qui n’a pas été blessée, tente de se remettre du choc psychologique de l’agression. Grâce à l’intervention d’une passante, elle a peut-être échappé au pire.

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