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Escroquerie au président à Monaco : l’enquête remonte, en vain, jusqu’à la Chine et Israël

Mis à jour le 28/06/2019 à 10:02 Publié le 28/06/2019 à 10:02
Les opérations sont extrêmement complexes à tracer. 	(Illustration S. B.)

Escroquerie au président à Monaco : l’enquête remonte, en vain, jusqu’à la Chine et Israël

L’escroquerie au président !

L’escroquerie au président ! C’est une tentative de fraude, rarement évoquée devant le tribunal correctionnel, via des informations récupérées sur la Toile. Faut-il alors imputer tous les maux à Internet ?

Si le réseau informatique mondial regorge encore de vulnérabilités et de failles de sécurité, le véritable responsable, c’est l’être humain. A priori, deux Sénégalais, cités pour complicité dans l’affaire traitée par le président Florestan Bellinzona.

Ils sont soupçonnés de participation à une arnaque du genre, commise en Principauté et au Sénégal au cours de l’année 2014. La méthode (à ne pas suivre) consistait à s’adresser, en priorité, aux services de comptabilité de six sociétés monégasques et d’une banque de la place. Elles étaient contactées par un individu, prétendu être Me Lemaire, et soi-disant en affaires avec le président d’une firme internationale.

Une société monégasque n’a pas flairé l’arnaque

Une approche préparée minutieusement par courriel afin d’instaurer la confiance avec les responsables. D’ailleurs, les quelques échanges ont toujours un caractère d’urgence et de confidentialité. Car le fraudeur réclame un virement d’argent important sur des établissements bancaires chinois.

Dans l’ensemble, les personnels concernés ont flairé l’arnaque et ils n’ont versé aucune somme sur les références des comptes étrangers à créditer. Sauf pour une société : l’opération fallacieuse a été acceptée parce qu’elle avait un bureau à Hong Kong. Entre-temps, les faits avaient été signalés à la Sûreté publique.

Un système d’ampleur

« Les enquêteurs sont remontés facilement jusqu’à l’origine des courriels, annonce le magistrat. Les adresses IP sont israéliennes et les coordonnées bancaires chinoises. Nous n’avons jamais rien obtenu de la part des autorités de l’Empire du Milieu, et un refus total de coopérer de l’État hébreu. D’autre part, Me Lemaire existe véritablement, mais son cabinet n’a rien à voir dans cette entreprise frauduleuse. Quant à l’adresse IP sénégalaise, elle ne correspond à aucun lien. On est confronté à un système d’ampleur bien rodé où des escrocs organisés collaborent à la supercherie, chacun dans l’un des deux pays respectifs. »

Le premier substitut Cyrielle Colle a également une solide connaissance du dossier. Elle demande, d’emblée, la relaxe des deux présumés coupables.

« Opacité des banques chinoises et mutisme des autorités israéliennes »

« Aucun montant frauduleux n’apparaît sur la carte bancaire de Monsieur, et il n’y a aucune confirmation sur l’existence de Madame. Je demande leur relaxe ! Les véritables escrocs se cachent derrière les prévenus. Les services de l’Hexagone ont réussi à démonter une partie du trafic. Ce sont des ressortissants français qui se servent de l’opacité des banques chinoises et du mutisme des autorités israéliennes pour émettre de faux ordres de virement. »

Le tribunal prononcera la relaxe des deux personnes citées, absentes à l’audience. La société abusée devrait recevoir 5 000 euros pour le préjudice moral.


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