"Deux préfets en activité" se seraient réjouis de l'agression mortelle d'Yvan Colonna, selon la commission d'enquête

"Deux préfets en activité" se seraient réjouis, sur "une boucle WhatsApp" privée, de l'agression mortelle d'Yvan Colonna à la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône) l'an dernier, selon des échanges rendus publics mardi, sous couvert d'anonymat, dans le rapport de la commission d'enquête parlementaire.

AFP Publié le 30/05/2023 à 20:15, mis à jour le 30/05/2023 à 19:57
Yvan Colonna, dans la cour de la prison de Arles. Photo Capture d'écran BFMTV

Président de cette commission sur l'agression d'Yvan Colonna, le député nationaliste corse Jean-Félix Acquaviva a communiqué, dans les annexes du rapport, ce qu'il présente comme des échanges "entre préfets en activité", qui auraient eu lieu "entre le 10 mars et le 11 mars 2022", "au moment de la décision de levée du statut de détenus particulièrement signalés (DPS) d'Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, à la suite de l'agression mortelle d'Yvan Colonna du 2 mars 2022".

Cette décision était intervenue le 11 mars, après que le statut DPS d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de perpétuité pour l'assassinat du Préfet Erignac, avait lui été levé le 8 mars par le Premier ministre d'alors, Jean Castex, pour permettre des visites de ses proches à l'hôpital.

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri étaient deux autre membres du "commando Erignac", auteur de l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998 à Ajaccio.

Dans ces échanges, dont les noms des auteurs ont été remplacés par les lettres X et Y, pour garantir "le respect absolu des sources", précise M. Acquaviva, l'un des auteurs indique que "Fernandel tue Erignac une deuxième fois", en référence à la décision de M. Castex de lever le statut DPS d'Yvan Colonna.

Son interlocuteur lui répond que "M. devrait démissionner", semblant faire référence à Emmanuel Macron dont il qualifie le mandat de présidence "de la honte et du déshonneur".

X renchérit en assurant que "l’autre détenu", c'est-à-dire Franck Elong Abe, "n’a fait que ce que l'Etat aurait dû faire à l’époque", appelant également à "un référendum national sur l'indépendance de la Corse", comme cela a été "fait pour l'Algérie".

"Oui cet échange a bien eu lieu"

Y appelle lui à la démission de M. Castex, estimant qu'il a "trahi l'Etat", ou à défaut à la démission d'Emmanuel Macron.

"C’était pas la peine de nous obliger à faire des salles Erignac partout si c’est pour pisser sur sa mémoire aujourd’hui", réagit X.

M. Acquaviva avait déjà évoqué l'existence de ces messages lors de l'audition de Jean Castex par la commission d'enquête parlementaire, le 8 mars dernier.

"Oui cet échange a bien eu lieu", a-t-il maintenu lors d'une conférence de presse commune avec le rapporteur du rapport Laurent Marcangeli, expliquant qu'il avait choisi d'annexer les messages au rapport pour "contribuer à solder cette histoire".

Dans une lettre datée du 14 avril et publiée par Corse-Matin, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, dont dépendent les préfets, avait demandé à Jean-Félix Acquaviva "les preuves correspondant" à ces messages afin "d'en tirer toutes les conséquences", estimant qu'il s'agissait d'une "accusation particulièrement grave".

Agressé le 2 mars 2022 dans la prison d'Arles, Yvan Colonna était décédé le 21 mars.

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