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Des "traitements dégradants" au commissariat de Grasse ?

Un chiffre a été inscrit sur le dos de la main de personnes interpellées suspectées d’être en situation irrégulière. L’Union des jeunes avocats du barreau de Nice estime qu’il s’agit d’un "traitement dégradant".

Marianne Le Monze Publié le 24/10/2021 à 07:43, mis à jour le 24/10/2021 à 10:04
Un chiffre a été inscrit sur le dos de la main de personnes interpellées suspectées d’être en situation irrégulière. L’Union des jeunes avocats du barreau de Nice estime qu’il s’agit d’un "traitement dégradant". Photo DR

"Les individus suspectés d’être en situation irrégulière ont été déshumanisés jusqu’à l’inscription d’un numéro au feutre sur leur main."

Le bureau de l’Union des jeunes avocats du barreau de Nice, présidé par Xavier Fruton, s’offusque dans la motion qu’il signe après avoir appris "avec stupeur et effroi", "le traitement dégradant qui a été réservé à des étrangers lors d’une opération d’interpellation menée par la brigade administrative sur ordre du procureur de la République du ressort du tribunal de Grasse".

Une opération policière de contrôle tous azimuts qui s’est déroulée à Grasse le 19 octobre après-midi, en présence de 110 policiers, sur réquisition du parquet. Dix-huit personnes ont été interpellées, dont 17 suspectées d’infraction à la législation sur les étrangers.

13 ou 16 au dos de la main

Un chiffre a été inscrit sur le dos de la main de personnes interpellées suspectées d’être en situation irrégulière. L’Union des jeunes avocats du barreau de Nice estime qu’il s’agit d’un « traitement dégradant ». Photo DR.

C’est une avocate au barreau de Nice qui a donné l’alerte le soir même sur ces "marquages" des individus en centre de rétention. Maître Hanan Hmad s’est rendue dans les locaux de la police à Grasse où son client était retenu et a constaté "la présence sur sa main du chiffre 13 écrit au feutre rouge".

Son client lui a signifié que les autres hommes interpellés avaient également chacun un chiffre sur la main. Elle a ainsi récupéré une photo d’une main portant le chiffre 16 écrit cette fois au feutre noir.  Ils ont ensuite été transférés au centre de rétention de Nice.

"J’ai été très choquée. J’ai alerté mes confrères et envoyé un mail de protestation au parquet de Grasse le soir même", explique Hanan Hmad.

L'avocate niçoise prépare une plainte pour son client, l’Union des jeunes avocats (UJA) de Nice [dont le ressort est compétent puisque le centre de rétention, où ont été transférés ceux, parmi les individus interpellés, qui sont suspectés d’être en situation irrégulière, se trouve à Nice] sollicite "l’ouverture immédiate d’une enquête interne afin que les auteurs soient identifiés, auditionnés et sanctionnés".

 

"Une initiative tout à fait anormale qui ne se reproduira pas"

Le procureur de la République de Grasse, Damien Sarvazeix, contacté par Nice-Matin, a indiqué ce samedi soir qu' "il s’agit d’une initiative tout à fait anormale qui ne se reproduira pas provenant d’un agent de terrain débordé par le nombre d’interpellations. Des pochettes d’identification avec photo pour chaque individu avaient pourtant été préparées comme le veut la procédure."

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