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Des émissaires européens très attentifs

Mis à jour le 13/11/2018 à 05:10 Publié le 13/11/2018 à 05:10

Des émissaires européens très attentifs

De l'affaire initiale et privée d'escroquerie entre le marchand d'art suisse, Yves Bouvier, et le milliardaire russe, Dmitri Rybolovlev - portant sur la vente d'œuvres d'art -, à ses soubresauts publics pour « violation de la vie privée » puis « trafic d'influence et corruption » en Principauté, l'affaire Bouvier-Rybolovlev attise la curiosité du monde entier.

De l'affaire initiale et privée d'escroquerie entre le marchand d'art suisse, Yves Bouvier, et le milliardaire russe, Dmitri Rybolovlev - portant sur la vente d'œuvres d'art -, à ses soubresauts publics pour « violation de la vie privée » puis « trafic d'influence et corruption » en Principauté, l'affaire Bouvier-Rybolovlev attise la curiosité du monde entier.

De Singapour à Monaco, en passant par Genève et New York, les dossiers ont écumé les cours de justice et l'affaire, déjà tentaculaire, a tendance à s'éparpiller lorsque les médias US se penchent sur le président de l'AS Monaco, persuadés qu'il entretient des liens privilégiés avec Donald Trump.

Un engouement médiatique, populaire et politique, auquel l'Europe n'est pas indifférente, plus précisément le Conseil de l'Europe, à Strasbourg. Depuis 2007, et l'adhésion de la Principauté au Groupe d'États contre la corruption (GRECO), les émissaires européens suivent de près l'évolution de la Justice et du Parlement.

Lors de leur dernière visite, fin 2016, les observateurs avaient ainsi émis seize recommandations à l'égard du système politico-judiciaire monégasque, dans le but d'évaluer et de prévenir la corruption mais aussi de renforcer l'intégrité des juges, procureurs et parlementaires.

Parmi ces préceptes : intégrer plus de transparence et d'objectivité dans le recrutement des magistrats français détachés, renforcer l'indépendance du Haut Conseil de la Magistrature et lui donner un rôle central dans le bon fonctionnement de la justice et la gestion des carrières des juges et procureurs, préciser si des magistrats en poste exercent toujours des activités parallèles en France - « théoriquement interdit » -, renforcer la formation des magistrats détachés aux spécificités du droit monégasque, adopter un code de conduite pour juges et procureurs ou encore, concernant les procureurs, consacrer dans les textes l'interdiction de toute instruction dans des dossiers individuels. Rapport qui soulignait, enfin, la volonté réitérée, en 2017, du souverain de lutter contre la corruption.

Du côté de Strasbourg, la série d'inculpations prononcées la semaine dernière a ainsi laissé quelque peu perplexe. « Ça commence à faire beaucoup », concède l'un des émissaires européens, las de changer d'interlocuteur à chaque visite après avoir rencontré MM. Muhlberger, Dreno ou encore Narmino.

Un climat de suspicion et le temps qui presse. « Le dernier rapport est daté de juin 2017 et nous attendons un retour d'informations pour le 31 décembre 2018. » Une date butoir finalement repoussée à mars 2019 pour cause d'embouteillage administratif au niveau européen. Toujours est-il qu'à l'issue de ce délai, l'impatience pourrait gagner les rangs européens. « La procédure de mise en conformité implique un accroissement des pressions sur les pays pour qu'ils rendent des comptes », précise-t-on au GRECO, tout en rappelant que le Luxembourg, le Danemark ou la France ont déjà fait l'objet de procédures de non-conformité et de sanctions.

Monaco a donc quelques mois pour prouver sa bonne foi. Si le rapport du GRECO rappelle « qu'en avril 2017, une proposition de loi a été déposée en vue de créer une agence anti-corruption chargée notamment de sensibiliser davantage les secteurs public et privé », on s'étonne toujours, à Strasbourg, « qu'aucun mouvement citoyen, aucune ONG, n'aient été créés en Principauté pour faire pression. »


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