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Des chiens de traîneau ont dévoré leur petit chien, une famille de Menton entre tristesse et colère

Le spitz d’une famille de randonneurs est mort des attaques d’une meute de chiens de traîneau. Faire cohabiter deux activités en pleine explosion dans un même espace: un défi?

La rédaction Publié le 04/03/2021 à 20:45, mis à jour le 06/03/2021 à 10:39
Monique regrette la perte de son spitz nain de cinq ans, Lucky, mort de ses blessures. Photo DR

Vendredi 26 février. Les Davenas, une famille de Mentonnais, sont en vacances à la Foux d’Allos, station des Alpes-de-Haute-Provence. En cette fin de matinée, Monique, son mari et leur fils de neuf ans se promènent sur "le sentier de la marmotte", avec Lucky, leur spitz nain de 5 ans. Un parcours ludique, les enfants et les chiens y sont nombreux.

Et puis, tout bascule. "Mon mari m’a dit de faire attention, que des chiens de traîneau arrivaient, raconte Monique. Ils allaient très vite, j’ai voulu les prendre en photo. Un premier musher (pilote d’attelage). Il s’est retourné et a tendu son bras pour donner la direction au chien de tête du second traîneau. En l’espace d’une seconde, je l’ai vu nous foncer dessus. Il a attrapé mon chien, les autres ont suivi. Imaginez les dégâts qu’ils peuvent faire à un spitz nain de 3,5 kg. On aurait dit des bêtes sauvages, je n’ai jamais vu ça".

"Ils sont censés être dressés"

C’est le chaos. Monique hurle. Son mari parvient à dégager la petite chienne, gravement blessée. Ils l’emmènent chez le vétérinaire, puis la clinique de Digne, où Lucky est morte dans la nuit. Monique Davenas a porté plainte. Ce qui n’aboutira qu’à un règlement entre assurances: "On me dit que c’est un chien qui a attaqué un autre chien, alors que c’était dans le cadre d’une activité professionnelle. Ils sont censés être dressés".

Depuis, menée par la colère, elle remue ciel et terre contre la propriétaire de la chienne incriminée, outrée de la voir continuer son activité.

 

"Ça reste des prédateurs"

Pour Laureen Rouable, musher des Traîneaux du Dévoluy, pas de bol. Blessée, cette passionnée qui exerce depuis sept ans ne peut pas terminer cette première saison engagée à la Foux d’Allos.

Elle avait donc confié sa chienne à un autre musher et se retrouve dans cette situation. Elle ne cesse de répéter qu’elle comprend la victime. Et reconnaît que ça fait partie des risques de leur métier.

"On est les premiers affectés, blasés, à présenter nos excuses. Ce n’est pas comme si on lui avait dit d’aller la bouffer. Nos chiens sont élevés dans un monde de bisounours. Mais ça reste des chiens de traîneau : des prédateurs, ils sont primitifs. Il y a une logique de meute, comme un groupe de racaille de cité. Le chien était à portée de sa gueule, les autres ont suivi. Les chiens domestiques sont notre bête noire, surtout les petits. C’est l’accident qu’on redoute tous".

Elle souligne qu’en "cette année particulière", où les promeneurs sont nombreux, il est bien difficile de faire cohabiter tout le monde sur le même espace.

Conflit d’usage

Et c’est là toute la question. En l’absence de remontées mécaniques, Allos, mais aussi les stations des Alpes-Maritimes (Isola 2000, Auron…) ont voulu développer d’autres activités que le ski. Les chiens de traîneau sont en pleine explosion et ont rencontré un grand succès. Tout comme les randonnées, les raquettes en famille. Deux activités amenées à se développer.

 

Les mushers sont des chefs d’entreprise, mais signent des droits d’occupation du domaine public. Monique et sa famille étaient sur un sentier balisé. Les deux chiens avaient donc le droit d’être là, alors qu’il y a un potentiel "conflit d’usage". Un peu comme lorsqu’il y a un accrochage entre patous et chiens domestiques sur les chemins de randonnée.

"Les mushers sont très demandés"

Sauf qu’ici, office de tourisme et commune ont fait le choix de développer ces deux activités sur le même espace. Le maire, Michel Lantelme compte renouveler l’expérience des chiens de traîneau: "La difficulté, ce sera de trouver des mushers, ils sont très demandés".

Et ne voit ici qu’un incident isolé: "Ce n’est pas parce qu’un chien a été mordu qu’on va tuer tous les huskies. C’est un accident. Si on devait fermer les remontées mécaniques à chaque accident, on n’existerait plus".

Mais les skieurs prennent des assurances. Les randonneurs d’été sont sensibilisés à la présence de patous. Là aussi, les pouvoirs publics auront la tâche d’assumer cette cohabitation entre chiens de travail et chiens domestiques. À Allos, de la signalisation a été installée depuis l’incident.

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