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De la viande à la vidéoprotection, vague de contrôles sur les plages privées de la Côte d'Azur

Sous les galets la fraude? Plusieurs administrations sous l’égide des procureurs de Nice et Grasse procèdent à des contrôles ciblés. Une manière aussi de prévenir les dérives éventuelles.

Christophe Perrin Publié le 02/07/2022 à 18:25, mis à jour le 02/07/2022 à 18:23
Le contrôle des plages est effectué par des représentants de l’Urssaf, des impôts, de police nationale et de la justice. Patrice Lapoirie / Nice Matin

Les premiers clients viennent de s’installer, qui pour déjeuner, qui pour bronzer sur un matelas. En cuisine, c’est l’effervescence. Et voilà qu’une dizaine de personnes en tenue de ville débarquent sans crier gare dans ce restaurant de plage de Nice. "On sait que c’est le coup de feu mais on a besoin qu’il y ait des salariés pour que nos contrôles soient efficaces", se justifie Thierry Borgia, inspecteur principal au sein de la Direction départementale des finances publiques. A la tête de l’escouade, le procureur adjoint Jean-Philippe Navarre. Les réquisitions du magistrat permettent aux différents services de faire ouvrir toutes les portes.

Le premier contrôle est effectué sur la caisse enregistreuse. Fini les logiciels qui permettaient de masquer en un clic une double comptabilité. Le restaurant doit fournir un certificat de conformité du logiciel au risque d’être verbalisé à hauteur de 7.500 euros! Dans le même temps, une inspectrice du travail et une autre de l’URSSAF se dirigent directement dans les cuisines. Les services de l’hygiène n’ont pu, ce jour-là, accompagner le mouvement, pris par une autre mission, mais ils sont habituellement associés.

Le gérant de cette plage privée fait bonne figure mais même si un certain stress est palpable. Il faut continuer d’accueillir les clients tout en répondant aux questions des contrôleurs. La réglementation est parfois si tatillonne... "Il manque une bouteille d’exposition non alcoolisée. Il en faut dix et non neuf", remarque un policier de la brigade administrative. Pas de PV pour ce détail rapidement rectifié par un serveur. Idem pour l’absence d’interdiction de fumer dans les toilettes.

Les différents services en action appartiennent au Codaf, l’acronyme de Comité opérationnel anti-fraude. La pandémie n’a pas facilité ces actions coup de poing inter-services. Le procureur Xavier Bonhomme a décidé de les relancer avec, à chaque fois, un secteur dans le collimateur. "Cette fois ce sont les restaurants de plage mais cela aurait pu être les barbiers, le bâtiment, les bars à chicha….", précise Jean-Philippe Navarre, son adjoint qui, en matière de fraude, en connaît un rayon. Il est passé par le parquet national financier.

De la viande à la vidéoprotection

Patrice Lapoirie / Nice Matin.

Direction une autre plage dont la concession a été récemment attribuée. Là encore, accueil cordial. Pas d’éclats de voix. Les différents services de l’État investissent le restaurant à la décoration soignée. Un ouvrier effectue des travaux dans l’arrière-cuisine. Une inspectrice téléphone immédiatement à l’employeur: "Il faudrait me fournir la carte de la caisse du bâtiment de votre salarié. Vous savez qu’il doit toujours l’avoir sur lui." Les policiers de la brigade administrative demandent un justificatif de l’origine des viandes et de l’autorisation préfectorale pour le système de vidéoprotection.

Un policier rempli un PV simplifié en cochant des cases: "registre du tabac, affichage du prix des jeux, de l’interdiction de fumer, licence IV…" Un PV est dressé pour non-respect de la durée du temps de travail. L’établissement est également épinglé pour son absence d’aération dans les cuisines. Il dispose de vingt jours pour se mettre en conformité.

Toute la semaine, les contrôles s’enchaînent. Le bouche-à-oreille n’a pas pris de vitesse les inspecteurs: travail dissimulé, non-respect de la durée hebdomadaire du travail, denrées périmées, auto-contrôle des températures défaillant... La lutte anti-fraude veille à la santé des clients. Mais pas que. Certaines plages affichent d’impressionnants chiffres d’affaires; entre trois et quatre millions d’euros. En ces temps de crise, l’État ne veut surtout pas laisser sa part du gâteau.

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