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Daniel Boéri, conseiller national: "Il faut améliorer la réflexion" autour du Sporting d'hiver

Mis à jour le 06/08/2013 à 08:50 Publié le 06/08/2013 à 07:10
Le projet de la SBM est jugé trop "immobilier" par Daniel Boéri, président de la Commission Culture et Patrimoine au sein de la Haute assemblée
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Daniel Boéri, conseiller national: "Il faut améliorer la réflexion" autour du Sporting d'hiver

Si la destruction du bâtiment est déterminée, le conseiller national, Daniel Boéri, juge le projet mal jaugé quant aux besoins à venir du pays

Si la destruction du bâtiment est déterminée, le conseiller national, Daniel Boéri, juge le projet mal jaugé quant aux besoins à venir du pays

Il cumule deux casquettes. Celle du galeriste collectionneur passionné d'art et celle de l'économiste averti qui a fait du conseil d'entreprise son métier. Conseiller national depuis février dernier, Daniel Boéri a pris les rênes de la Commission de la culture et du patrimoine. Commission qui a émis fin juillet une motion relative au projet immobilier de la SBM sur le site du Sporting d'hiver. Un texte où les membres de la commission s'interrogent sur la mise en œuvre de ce projet phare pour Monte-Carlo. Et prône de « conduire une réflexion complémentaire dans le temps, en attendant les signes tangibles d'une amélioration de la santé économique, financière et sociale de la SBM ». Entre art et économie, l'élu donne son avis. Interview

Pourquoi avoir voulu vous positionnez dans le débat sur le Sporting d'hiver par une motion des élus ?

Nous avions programmé cette motion à et elle a reçu l'unanimité de la majorité et de la minorité au Conseil national, ce qui me paraît important. C'est dans nos attributions. Le sujet de la destruction du Sporting d'hiver a fait débat dans notre pays, qui est d'ordinaire dans le consensus. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Et je n'ai pas eu le sentiment que l'on arrive après la bagarre.

Pourtant le souverain a acté la destruction du bâtiment, qui est aujourd'hui certaine ?

Effectivement la destruction semble inéluctable, il n'y a plus de marge de manœuvre pour sauver le bâtiment. C'est le choix de la haute autorité du pays.

Vous le regrettez ?

C'est un peu dommage. Peut être aurions nous pu trouver d'autres solutions afin de revisiter le bâtiment. Car selon moi, le projet actuel n'est pas bon pour le pays.

Pourquoi ?

Mon travail d'élu consiste à essayer de dire : revisitons ce projet pour l'améliorer dans l'intérêt de Monaco. Sur cette zone, la SBM projette des constructions immobilières. C'est un changement de métier pour l'entreprise. Sans compter que l'on fige un gros bloc, ce qui est embêtant. Dans ce secteur d'activités, on récupérera des loyers mais on créera peu d'emploi. Je le dis : améliorons cette réflexion tant qu'il est encore temps. Surtout sur un projet estimé, pour l'instant, à 680 millions d'euros.

Quelles pistes de réflexions proposez-vous ?

La SBM se doit de donner de l'attractivité à Monaco, il faut pour cela développer les Jeux et les casinos. À Macao, où les casinos sont ouverts non-stop, ils ont réalisé un chiffre d'affaires de 38 milliards de dollars ! Il y a des pistes à creuser. Coté hôtellerie, la restructuration de l'hôtel de Paris mettra l'établissement aux standards internationaux, c'est un bon point. Mais seules 8 ou 9 chambres supplémentaires seront créées. À quoi sert la politique d'attractivité si le parc hôtelier ne grandit pas pour accueillir de nouveaux clients ? Là, on ne fait plus rien. Sans compter les craintes, qu'au moment où l'on cherche des nouveaux clients, on va les accueillir dans un Monte-Carlo en plein chantier ! Le risque est qu'ils partent ailleurs. Et il est sous-estimé me semble-t-il.

Il faut pourtant en passer par des travaux pour créer un nouveau Monte-Carlo ?

Certes. Je constate cependant que le projet n'apporte rien sur le développement artistique. On aurait pu imaginer un bâtiment phare que les visiteurs du monde entier viennent découvrir, tel le musée Guggenheim de Bilbao. C'est un projet immobilier, c'est dommage.

Mon travail, en tant que président de la Commission de la culture est de préserver une partie de notre histoire. Ce qui ne veut pas dire de bloquer toute destruction de bâtiment ancien et d'empêcher la modernité. Mon idée, est de trouver le bon équilibre entre le maintien de ce qu'il faut préserver et le développement moderne.

Telle est la philosophie de la loi sur la préservation du patrimoine sur laquelle vous travaillez ?

En effet, et il me semble que sur ce texte, il ne faut pas se précipiter. Nous avons rencontré quatre spécialistes, nous en rencontrons d'autres à la rentrée. Il sera temps ensuite de définir les ingrédients nécessaires pour la préservation du patrimoine : quelle classification ? Comment déterminer un trésor national ? quelle sera la composition, le pouvoir et le rôle de la commission consultative qui décidera des bâtiments à préserver ? On ne peut pas faire comme en France : choisir un bâtiment à conserver et tout figer dans le périmètre autour. Il faut être plus souple ; les précédents projets de loi étaient trop copiés sur le pays voisin. La loi, ensuite, sera probablement votée au printemps prochain.

Le projet de la SBM
Le projet de la SBM Eric Dulière et DR
Daniel Boéri, président de la Commission Culture et Patrimoine au sein de la Haute assemblée.
Daniel Boéri, président de la Commission Culture et Patrimoine au sein de la Haute assemblée. Eric Dulière et DR

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