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Cinq minutes après l'alerte, les policiers étaient là

« Commerce vidéo connecté, ville de Nice.

Publié le 05/03/2016 à 05:13, mis à jour le 05/03/2016 à 05:13
Le message est passé à l'entrée : en cas d'attaque, Hervé Fouterman pourra passer l'alerte en pressant un bouton sous son bureau ou en pendentif.
Le message est passé à l'entrée : en cas d'attaque, Hervé Fouterman pourra passer l'alerte en pressant un bouton sous son bureau ou en pendentif. Franck Fernandes

« Commerce vidéo connecté, ville de Nice. »

L'avertissement est affiché sur la porte d'entrée de la bijouterie, entre les élégantes vitrines où des tableaux côtoient bagues et colliers dorés ou nacrés. Depuis novembre dernier, la boutique H et H, au 53, rue de France, est l'un des quinze commerces à tester la dernière arme sécuritaire dégainée à Nice : le dispositif « alarme agression ».

Le principe : un bouton sur un boîtier accolé à un mur, un autre accroché à un pendentif. En cas d'attaque, Hervé Fouterman, le bijoutier, n'aura qu'à presser l'un ou l'autre pour rameuter la cavalerie. Les caméras de vidéoprotection de la Ville braqueront instantanément leurs objectifs vers la zone concernée. Les policiers nationaux et municipaux, alertés par le centre de supervision urbain (CSU), seront aussitôt dépêchés sur site.

 

En novembre dernier, Hervé Fouterman a récupéré son kit prêt à l'emploi. Et si, fort heureusement, il n'a pas eu à l'utiliser à ce jour, il se dit enthousiaste : « Ce message à l'entrée peut dissuader. C'est rassurant. Ce dispositif est clairement un plus en termes de sécurité ! »

Hervé a 70 ans, dont quarante-quatre consacrés à H et H. Une passion gravée dans ses gênes : son père était bijoutier, sa femme tient une bijouterie en centre-ville, son fils et sa fille exercent à New York et Londres. Autant dire qu'Hervé connaît le métier, et ses risques : il y a quelques années, il en est venu aux mains avec des braqueurs.

« Le type vient sur moi et là, avant d'avoir vu quoi que ce soit, je sens quelque chose de froid sur mon front, se rappelle Hervé. Je ne suis pas bagarreur, mais par réflexe, je le repousse. On tombe à terre, on se bat. Son complice arrive. Le pistolet du premier lui échappe. Ma fille, alors âgée de 16 ans, le ramasse et le jette vers l'arrière-boutique. Là, ils ont paniqué et sont partis sans rien emporter. »

Hervé Fouterman a retenu la leçon de la police : en aucun cas, n'opposer de résistance. Les policiers, il les a vus franchir le perron de sa bijouterie tout récemment encore. Fausse alerte, cette fois. « Le boîtier s'est décollé du mur et est tombé. Ça a activé l'alarme. Cinq minutes après, les policiers étaient là. » Au moins, ça marche !

 

Voilà pourquoi Hervé Fouterman considère le kit « alarme agression » comme un « bon produit », complémentaire voire plus efficace que la télésurveillance, à laquelle il est raccordé. « Si tous les commerces à risque en étaient munis, ça irait mieux. » Telle est bien l'intention de la ville de Nice, qui souhaite en équiper tous les commerces, une fois terminée la phase d'expérimentation. Pour l'heure, la priorité était davantage mise sur les écoles : 131 établissements sur 154 ont déjà été équipés d'un dispositif similaire.

« Les caméras sont une bonne chose, mais elles sont souvent mal orientées. Ce nouveau système, lui, permet de mieux suivre les délinquants », salue Nicolas Arin, de la bijouterie Babylone. Lui aussi a le métier dans le sang : son père, Jan Arin, préside le syndicat des bijoutiers niçois. « Ce système répond à un souhait de notre part. Mais cela ne doit pas faire oublier aux bijoutiers l'essentiel : ne pas laisser leur porte ouverte, la faire blinder, s'équiper d'un sas si possible... Et, surtout, toujours prendre garde à qui l'on ouvre. »

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