Cinq hommes tués par balle dans des cités marseillaises en quelques jours: une "flambée", mais pas une "explosion"

En 12 jours, cinq hommes ont été tués par balles dans des cités des quartiers nord de Marseille, sur fond de trafic de stupéfiants, une "flambée" de violence pourtant relativisée côté policier, où l'on assure que la tendance est loin d'une "explosion".

AFP Publié le 07/07/2021 à 19:36, mis à jour le 07/07/2021 à 19:40
Illustration. Photo Var-matin

Un homme de 32 ans abattu de quatre balles en pleine tête alors qu'il venait de quitter le terrain, dans le cadre d'un tournoi de football inter-quartiers, cité La Martine, le 25 juin. Un autre, 20 ans, abattu peu avant minuit, cité Bassens, trois jours plus tard. Un troisième, tué la même nuit, cité Frais-Vallon. Un quatrième, le 5 juillet, cité des Hirondelles. Et une dernière victime, dans la nuit de mardi à mercredi, encore à Frais-Vallon.

Dans ce dernier drame, peu après minuit, c'est un homme de 28 ans connu pour une affaire de stupéfiants remontant à 2017 qui est cette fois tombé, victime d'une rafale de Kalachnikov alors qu'il se trouvait à l'arrêt au volant d'un véhicule, a précisé à l'AFP la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens, confirmant une information initiale du quotidien La Provence.

Avec cette nouvelle victime, ce sont 13 morts par balle qui ont été enregistrées dans les cités marseillaises depuis le début de l'année, dont six dans des règlements de comptes, selon les derniers chiffres de la police judiciaire mercredi.

Mais cette bouffée de violence n'est pas inédite, relativise Eric Arella, directeur de la zone Sud de la police judiciaire, auprès de l'AFP: "Il y a des périodes de calme puis des flambées qui peuvent surprendre. Le monde du banditisme n'est pas stagnant", explique-t-il, en rappelant ce millésime 2014 avec six mois sans un seul règlement de comptes et un bilan annuel final de 23 "réglos".

Mais "en tendance, on n'est pas sur une explosion", insiste M. Arella, rappelant qu'après une moyenne de deux règlements de comptes par mois sur la période 2010-2016, nous sommes passés à une moyenne d'un par mois depuis 2017: "La tendance est clairement baissière", se félicite-t-il, loin du pic de 2016 et ses 29 morts, le sommet depuis 30 ans.

 

26 "réglos" déjoués

Et l'évolution est la même si on analyse l'ensemble des homicides entre délinquants et pas seulement ces règlements de comptes entre membres du banditisme ou du narco-banditisme, pour lesquels les critères sont assez stricts: avec une trentaine de faits au premier semestre 2021, la tendance reste identique après des bilans de 55 cas en 2019 et 65 en 2020.

"Il faut prendre du recul, sur un temps long nous n'assistons pas à quelque chose d'inhabituel", insiste également la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri, en évoquant "un phénomène de focalisation médiatique".

Sur le terrain, l'important est de "casser la dynamique de violence constatée dans certaines cités", explique-t-elle à l'AFP. Et cela passe par des "actions de sécurisation" concrètes, avec les CRS et les BST (brigades spécialisées de terrain), par le travail de la police judiciaire, pour "aller vite dans la résolution des faits d'homicide", et par une focalisation sur la question de la circulation des armes, "depuis les Kalachnikov utilisées par le grand banditisme jusqu'aux couteaux".

"Sur ce point, nous travaillons avec la procureure de la République de Marseille, Mme Laurens, afin d'être plus proactifs et de sortir ces armes de la circulation", annonce Mme Camilleri.

 

Sur les explications concrètes de cette récente flambée de violence, les enquêteurs restent en tous cas prudents: "Il y a les récentes sorties de prison, mais surtout les soubresauts assez classiques du banditisme", avance ainsi Eric Arella.

"Mais on ne reste pas les mains dans les poches", poursuit-il, en soulignant que ses services ont résolu six règlements de comptes cette année et en ont déjoué 26 depuis 2016.

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