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Ces chercheurs azuréens fabriquent du "pétrole vert"... avec des algues

Mis à jour le 29/01/2016 à 05:13 Publié le 29/01/2016 à 06:30
Une ferme à micro-algues unique en Europe a été implantée à l'observatoire océanologique de Villefranche. Elle sera équipée de panneaux photovoltaïques d'ici l'été.
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Ces chercheurs azuréens fabriquent du "pétrole vert"... avec des algues

Le laboratoire océanologique de Villefranche-sur-Mer vient de se doter d'une drôle de ferme où les scientifiques azuréens cultivent de minuscules végétaux marins aux superpouvoirs. Ils pourraient bien changer le monde !

En 1860, Etienne Lenoir, un Belge par la suite naturalisé français, inventait le moteur à explosion. Un siècle et demi plus tard, une équipe de chercheurs azuréens pourrait bien être à l'origine d'une découverte tout aussi capitale: le moteur à algues !

Ou plus exactement à micro-algues. Ces minuscules êtres vivants qui peuplent nos mers auraient des propriétés surprenantes. « On en produit déjà 15 000 tonnes par an de par le monde », révèle Olivier Bernard, directeur de recherche à l'INRIA.

Ces cultures d'un nouveau genre servent pour l'heure à nourrir les poissons dans des fermes aquacoles. Mais, les principes actifs contenus par ces micro-algues intéressent aussi les industries cosmétiques, pharmaceutiques ou encore pétrolières.

Longueur d'avance

Car, l'un des superpouvoirs de ces micro-algues c'est leur capacité à accumuler des lipides. « Autrement dit des huiles », vulgarise Olivier Bernard chef du projet « Full Spectrum ».

Ces « huiles » pourraient bien remplacer le pétrole à l'avenir. À condition d'arriver à cultiver de manière industrielle ces micro-algues. « Il existe encore beaucoup de verrous à faire sauter pour réduire les coûts de production », reconnaît Antoine Sciandra, le directeur du laboratoire océanologique de Villefranche (LOV).

Plus de deux milliards de dollars ont été dépensés ces dernières années en recherche et développement pour maîtriser cette chimie verte. Même soutenus par les collectivités locales (ci-dessous), les budgets de recherche du LOV sont évidemment beaucoup plus modestes. Et pourtant le labo de Villefranche a réussi à prendre une longueur d'avance. « Parce que, dès 2006, nous avons été parmi les premiers à travailler dessus », souligne Olivier Bernard.

Depuis les programmes de recherche se sont succédé. Le dernier en date, baptisé Full Spectrum, pourrait bien permettre au LOV et à ses partenaires de prendre un avantage décisif cette année.

Sur les bords de la rade, le laboratoire est en train de se doter fermes photovoltaïques pour cultiver ses micro-algues. « C'est une plateforme unique en Europe, souligne Antoine Sciandra. Alliant les équipements d'un laboratoire de recherche à une production quasi industrielle. »

Filtrer la lumière

Les chercheurs vont ainsi pouvoir tester en grandeur nature leur dernière idée de génie : équiper ces serres de panneaux photovoltaïques pour augmenter le rendement de leur drôle de culture tout en réduisant le coût.

Les micro-algues ont en effet besoin de soleil pour se reproduire. Ou tout au moins d'une partie de la lumière véhiculée par les rayons.

Des filtres vont donc être installés pour laisser passer la partie du spectre lumineux nécessaire à la photosynthèse des algues tout en captant le reste pour produire de l'électricité.

Cette énergie renouvelable servira à alimenter en courant la ferme.

Recycler le CO2 des usines

Ce procédé pourrait contribuer à rendre cette nouvelle énergie verte économiquement rentable. « Aujourd'hui, produire un litre d'essence à partir d'algue coûte environ 10 euros. Notre objectif, annonce Olivier Bernard, est de ramener ce coût de production à un euro du litre d'ici une dizaine d'années. »

A ce prix-là, les micro-algues pourraient alors être une alternative crédible au pétrole.

Et peut-être même la solution miracle au réchauffement climatique. Car, pour se développer, ces micro-organismes ont également besoin de CO2, de nitrates, encore de phosphates…

Autant de polluants que les chercheurs envisagent de capter directement à la sortie des usines et des stations d'épuration pour nourrir leurs végétaux aquatiques…

Le tout sans toucher à 1 cm de surface agraire, contrairement aux autres biocarburants issus de l'agriculture.

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