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Battu, bâillonné, ligoté et jeté en sang dans un coffre de voiture: "Si je ne m’étais pas échappé, je serais mort"

Mis à jour le 12/02/2020 à 08:21 Publié le 12/02/2020 à 06:50
Le tribunal de Nice.

Le tribunal de Nice. Photo François Vignola

Battu, bâillonné, ligoté et jeté en sang dans un coffre de voiture: "Si je ne m’étais pas échappé, je serais mort"

Pour une sombre histoire de vol d’ordinateur, un homme de 27 ans a cru mourir en avril 2017 à Grasse, battu, ligoté et jeté dans un coffre de voiture. Ses agresseurs sont jugés depuis ce lundi par la cours d'assises des Alpes-Maritimes. Bâillonné, en sang, Yoann Noël a pu s’échapper de la voiture de ses agresseurs sur le parking d’un supermarché de Grasse. Il a confirmé, ce mardi, à la cour qu’il a vu sa dernière heure arriver

"Si je n’étais pas sorti de ce coffre de voiture, je ne serais pas là pour vous parler." Battu à coups de poing, lacéré à coups de couteau, bâillonné, ligoté, couvert de sang, Yoann Noël, 28 ans, a échappé à ses agresseurs grâce à l’énergie du désespoir. « J’ai eu tellement peur de mourir... », a-t-il précisé, hier, à la barre de la cour d’assises. La psychologue qui l’a examiné à l’époque parle d’une « expérience de mort imminente ».

Le 7 avril 2017, en caleçon pieds et poings liés, Yoann Noël, s’extrait de la Renault Laguna de ses agresseurs. Ils sont en train d’acheter des chips et des bières. L’un d’eux n’oublie pas d’utiliser la carte de fidélité du magasin.

"Guet-apens"

Yoann Noël sautille comme il peut en hurlant : « Sauvez-moi ! Ils vont me tuer. » Madeleine, une retraitée, vient de se garer sur le parking du supermarché Casino de Grasse. Elle garde son sang-froid et conduit aussitôt la victime « tremblante, en pleurs » à la police. Yoann Noël poursuit son récit d’une voix ferme. La veille des faits, déjà agressé par Eric Caillet (Me Camille Mathieu), il avait réussi à s’échapper en abandonnant une pochette avec ses papiers. Il lui vient l’idée saugrenue de dérober la nuit suivante l’ordinateur de Caillet pour s’en servir de monnaie d’échange. Rendez-vous est donné en début d’après-midi le 7 avril. Alexandre Minetti (défendu par Me Emmanuelle Boukobaz-Gaglio) est au volant de sa Laguna avec Julien Dufour et Laurent Stebeta, embarqués dans cette expédition punitive.

Sommé de monter dans la voiture

C’est en pleurs et tremblant que Yoann Noël (ici avec Me Zepi) a été pris en charge par une retraitée.
C’est en pleurs et tremblant que Yoann Noël (ici avec Me Zepi) a été pris en charge par une retraitée. Ch. P

Yoann Noël restitue l’ordinateur. Il est sommé de monter dans la voiture. Au premier feu rouge, Eric Caillet surgit et monte à son tour. Début du cauchemar. « Je suis tombé dans un guet-apens », insiste Yoann Noël. Les coups pleuvent. Les menaces de mort aussi. Alexandre Minetti se dirige sur les hauts de Grasse, dans un endroit isolé.

Le calvaire de Yoann Noël continue. Ses baskets lui sont volées, Son pantalon est coupé en morceaux. En caleçon, il est passé à tabac, attaché avec une ceinture de sécurité et du ruban adhésif...

«Alexandre Minetti a commencé à me ligoter aux poignets et aux chevilles, détaille la victime. Eric Caillet a resserré les liens et a dit : “Je vais t’attacher à un arbre, je vais te tirer dessus, tu vas mourir”. »

« Caillet comptait m’emmener sur Lyon pour me tuer », réaffirme la victime. Dans le box, l’accusé nie d’un signe de tête.

« J’ai pris un énorme coup de pied au visage qui m’a pratiquement fait perdre connaissance. » Un légiste a confirmé la présence d’un traumatisme crânien. Il a également dénombré six plaies sanglantes.

"Pas de corps pas de prison"

Bâillonné, Yoann Noël est placé dans le coffre de la Laguna. Les minutes lui paraissent des heures. Ses blessures le font souffrir.

Ce coffre va-t-il se transformer en cercueil ? A un moment, Alexandre Minetti stoppe la voiture, ouvre le coffre. La victime est exhibée comme un trophée.

Priscillia (Me Audrey Delas), poursuivie pour non-dénonciation de crime, a du mal à justifier son silence : « La peur a pris le dessus », se défend-elle, mal à l’aise. Elle soutient que les agresseurs souhaitaient se rendre dans le Rhône pour se débarrasser du corps. En garde à vue, Laurent Stebeta ne dit pas autre chose.

« Il n’est pas nécessaire de le tuer », aurait tempéré Julien Dufour (Me Jawed Dani) « C’est nécessaire. S’il n’y a pas de corps, il n’y aura pas de prison », aurait alors rétorqué Alexandre Minetti. Yoann Noël travaille aujourd’hui dans un fast-food. Il espère être recruté par une collectivité locale. Ce garçon fragile, à l’enfance difficile, ne s’est pas attardé, pudique, sur ses anciennes blessures.

Il laisse le soin à Me Zepi de les évoquer aujourd’hui, au moment de la plaidoirie de la partie civile.


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