Au col de Tende, l’incendie n’est toujours pas éteint

Le feu de broussailles qui s’est déclaré lundi a évolué. 8 hectares ont été parcourus hier par les flammes et ce n’est pas fini. Le maire de Tende veut relancer la création d’une piste DFCI.

Célia Malleck Publié le 20/09/2022 à 22:41, mis à jour le 20/09/2022 à 22:46
L'incendie s'est déclaré ce lundi midi et est toujours en cours. DR

La nuit n’aura pas éteint les flammes. Le feu de broussailles qui s’est déclaré lundi midi au col de Tende a repris, hier, malgré la mobilisation des sapeurs-pompiers qui ont œuvré toute la soirée pour limiter les dégâts. Au matin, l’incendie avait parcouru 6 hectares et continuait sa progression.

Au total, il aura parcouru deux hectares de plus de végétation "essentiellement composée de feuillus et de résineux", rapporte un porte-parole du Service départemental d’incendie et de secours des Alpes-Maritimes (Sdis06). Sans toucher d’habitation, ni faire de blessés.

"Une zone difficile d’accès et dangereuse"

La tâche n’était pourtant pas aisée. L’incendie s’est déclenché sur la route RD 6.204 et s’est rapidement répandu dans le vallon de la Ca’. La zone est particulièrement difficile à traiter. Le dénivelé est important et il n’y a aucun accès pour les engins incendies. "Elle est aussi très dangereuse pour les pompiers, souffle un habitant de la haute Roya. Il y a de gros rochers dans le vallon et un risque de chute de pierres."

C’est pourquoi des moyens aériens ont été redéployés dès l’aube. Trois hélicoptères bombardiers d’eau ont effectué plusieurs rotations et largages sur le flanc droit du feu "pour atténuer son intensité".

D’importants moyens mobilisés

À côté, d’importants moyens humains ont été mobilisés par les casernes de la vallée de la Roya, de Menton et de Nice. En milieu de journée, 65 sapeurs-pompiers luttaient contre les flammes, épaulés par 18 forestiers de Force 06, 31 engins incendie et un détachement d’intervention héliporté.

 

"C’est une équipe spécialisée dans les feux de montagne, précise le porte-parole des pompiers. Elle remplie les bâches d’eau des hélicoptères bombardiers dans des piscines et établi des tuyaux d’eau pour des zones inaccessibles. Le matériel est ensuite héliporté au plus près de l’incendie."

Une nuit de veille

Les attaques aériennes, combinées à celles des soldats du feu, ont permis d’isoler le feu de broussailles. Mais certains points chauds sont encore là. Une vingtaine d’hommes passera la nuit sur place et de nouveaux moyens terrestres et aériens seront engagés, au lever du jour, "pour poursuivre le traitement des lisières" indiquaient les pompiers dans leur dernier point de situation.

Dans la soirée, le maire de Tende Jean-Pierre Vassallo confiait son soulagement. "Si l’incendie avait basculé dans le vallon de Caramagne, Castérino aurait pu être touché", s’alarme l’élu. Il y a de quoi. Après l’assaut de la tempête Alex, le hameau encore fragile n’aurait pas survécu au brasier.

Le scénario catastrophe a été évité, mais le maire de Tende reste prudent. "Il pourrait y avoir un coup de vent", pointe-t-il. Et la commune n’est pas à l’abri d’un nouvel incendie. Les sols sont si secs qu’une étincelle d’engin de chantier a suffi a rongé 8 hectares de végétation.

À quand une piste DFCI?

Jean-Pierre Vassallo retient la leçon et va en profiter pour relancer les services préfectoraux pour créer une piste de Défense de forêts contre l’incendie (DFCI). "Il en existe une mais il manque 1km entre les deux extrémités, a déclaré l’élu. Je me bats depuis 15 ans pour faire la jonction qui traîne parce qu’une enquête environnementale a été demandée."

 

"Avec cette piste, ajoute-t-il, on aurait pu faire circuler les engins incendie sur ce feu et en même temps assurer un accès pompier à Castérino."

La seule route qui le permettait était la RD 91, qui a été perforée de part en part par la tempête Alex, le soir du 2 octobre 2020.

 

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