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Armé jusqu'aux dents, il tire dans son lycée

Mis à jour le 17/03/2017 à 05:13 Publié le 17/03/2017 à 05:13
L'intervention rapide des policiers grassois a permis de neutraliser le tireur en seulement  dix minutes.

L'intervention rapide des policiers grassois a permis de neutraliser le tireur en seulement dix minutes. Patrice Lapoirie

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Armé jusqu'aux dents, il tire dans son lycée

Un élève de 16 ans a blessé trois de ses camarades et son proviseur au lycée Alexis-de-Tocqueville hier à Grasse. Différend entre camarades ou fascination pour les tueries, ses motivations restent floues

Hervé Pizzinat, le proviseur du lycée Alexis-de-Tocqueville à Grasse, a lui-même prévenu la police à 12 h 55. Il venait d'être informé que Killian, un de ses élèves de première, arpentait les couloirs de cet établissement avec un fusil à pompe en bandoulière ! Outre cette carabine de chasse, le procureur de la République de Grasse, Fabienne Atzori, a confirmé en fin d'après-midi que ce lycéen à peine âgé de 16 ans était en possession d'un petit arsenal : « Plusieurs armes de poing, une grenade d'exercice et, il semblerait également, un explosif artisanal. »

Killian n'a pas hésité à en faire usage. Le dernier bilan établi par la préfecture des Alpes-Maritimes faisait état, hier soir, de quatorze blessés dont quatre par arme à feu. Le pronostic vital d'aucune des victimes ne serait toutefois engagé. Grâce à la réactivité du personnel de cet établissement qui compte plus de 800 inscrits et celle des forces de l'ordre un scénario à la Columbine a pu être évité.

Le compte Facebook de ce fils d'élu local grassois révèle en effet que Killian avait une certaine fascination pour ces tueries de masse qui endeuillent régulièrement les États-Unis, mais qui sont jusque-là quasi inédites en France.

La piste terroriste écartée

Fabienne Atzori est néanmoins restée très prudente, hier, sur les réelles motivations du jeune tireur. La magistrate grassoise a toutefois tenu à préciser qu'« aucun élément ne permet d'envisager un lien avec une entreprise terroriste, quelle que soit d'ailleurs l'origine de cette entreprise terroriste ». Djihadiste ou d'extrême droite. Quelques minutes après l'attaque, l'alerte attentat avait pourtant été déclenchée. Et la préfecture avait mis en œuvre le plan confinement. Les entrées et sorties des établissements scolaires des communes voisines ont été interrompues et des effectifs de police et de gendarmerie ont été dépêchés sur chaque site pour les sécuriser.

« Excusez-moi... »

Le parquet de Grasse a simplement évoqué la piste d'un « possible différend » avec un ou plusieurs élèves. Pour cela la justice se base sur les tout premiers éléments de personnalité et témoignages recueillis par la police judiciaire de Nice chargée de l'enquête. Certains de ces témoignages décrivent Killian comme un adolescent aux « traits de chérubin » parfois « malmené » par ses camarades.

A-t-il voulu régler ses comptes de la pire des manières ? Le fait est que, peu avant 13 heures, des élèves de lycée l'ont vu ouvrir la porte de la classe où ils se trouvaient en cours. Après un rapide coup d'œil, Killian se serait alors contenté d'un « excusez-moi » avant de poursuivre son chemin.

Une balle dans le bras du proviseur

La version d'une traque ciblée semble aussi confirmée par les premières déclarations du proviseur de l'établissement. Alerté par les élèves de la classe où Killian venait de faire irruption du fait que ce dernier portait un fusil en bandoulière, le chef d'établissement s'est courageusement mis à sa recherche. Les deux hommes se seraient retrouvés nez à nez dans l'escalier. Killian lui aurait alors dit en substance « ce n'est pas vous que je veux tuer, laissez-moi passer ». Monsieur Pizzinat n'a pas obtempéré. Killian a fait feu.

Alors que la plupart des autres victimes ont été atteintes par des plombs de carabines, une source médicale confirme que le proviseur du lycée Tocqueville a bel et bien reçu une balle dans le bras droit. Il a dû être opéré hier après-midi afin d'extraire le projectile, de petit calibre, sans doute tiré avec l'une des armes de poings dont Killian était également porteur. Ce que semble confirmer le pistolet automatique retrouvé dans sa poche lors de son interpellation. Son expertise indiquera peut-être la présence d'une douille percutée mais non éjectée.

Il se rend « assez docilement »

Lors de l'arrestation de Killian les policiers ont également retrouvé un petit revolver près de lui. Ce sont les effectifs du commissariat de Grasse et notamment un équipage du GSP qui l'ont neutralisé. L'adolescent se trouvait alors sur l'escalier extérieur du lycée. Florian, 17 ans et élève de première S, était quant à lui dans sa classe. Assis par terre, entre les tables, comme tous ses camarades, il a assisté à la scène par cris interposés : « On a entendu les policiers qui disaient "Bouge pas ! Bouge pas !" et lui qui a répondu "Ne tirez pas, je pose mon arme"».

Le procureur de Grasse confirme que Killian s'est laissé appréhender assez docilement. À peine dix minutes après que la police a été alertée de son entreprise meurtrière. L'adolescent pensait-il avoir atteint sa cible ? Ou a-t-il finalement renoncé à imiter ces tueurs de masse américains qu'il prenait peut-être pour héros ?

Gilet tactique et explosif

L'arsenal dont il disposait interpelle en effet. Outre ses armes à feu, Killian détenait également une grenade d'exercice. Selon nos informations, il portait également un gilet tactique comme les forces d'intervention. Selon le parquet, il aurait tiré à « deux ou trois reprises ». Florian, l'élève de première S confiné dans sa classe, ne se souvient pas d'avoir entendu les coups de feu. En revanche, il a vu « de la fumée » s'élever « au niveau de la cantine ». Était-ce l'explosif artisanal évoqué, sans plus de précision, par le procureur de la République de Grasse ? D'après les témoignages, Killian aurait tenté d'allumer l'engin qui ressemblait à « bâton de dynamite » avant de le lancer en direction d'un des personnels de l'établissement qui s'était lancé à ses trousses. Le dispositif, dont le patron de la PJ niçoise, le commissaire Frizon, a précisé qu'il était susceptible de contenir « de la poudre noire », aurait en réalité fait long feu. Une chance.


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