Après l’agression à Cannes d’Angèle, 89 ans, la Ligue des Droits de l’Homme s’inquiète des "expressions vengeresses"

Certaines réactions, dont celle du maire David Lisnard, après l’agression d’Angèle Houin, 89 ans, à Cannes-la-Bocca, ont stupéfié la section Ligue des Droits de l’Homme Cannes-Grasse. Le vice-président, Henri Rossi, tient à rappeler "les principes de notre état de droit".

So. G. Publié le 07/09/2022 à 13:19, mis à jour le 07/09/2022 à 13:52
La Ligue des Droits de l’Homme souhaite que la sanction des trois suspects, jugés par le tribunal pour enfants le 22 novembre prochain, "soit accompagnée d’un souci de les sortir du mauvais chemin". (Photo Patrice Lapoirie)

La violente agression d’Angèle Houin, âgée de 89 ans, à Cannes-la-Bocca, a suscité bien des réactions. Nombreuses d’entre elles, aux "expressions vengeresses", ont interloqué la Ligue des Droits de l’Homme. C’est ce qu’affirme Henri Rossi, vice-président de la section LDH Cannes - Grasse, dans un communiqué.

Les propos du maire David Lisnard, notamment, ont retenu son attention. "Celui-ci n’a pas hésité à demander l’expulsion de leur logement social des parents et de la fratrie de ces délinquants, la suspension de leurs aides sociales, n’hésitant pas à demander ainsi des punitions collectives, contraires même à notre droit, jusqu’à l’interdiction de séjour à Cannes pour ces jeunes agresseurs et la levée de ‘’l'excuse de minorité’’ pour leur prochain procès, écrit Henri Rossi. Sur les réseaux sociaux, transposant cette agression à celle de sa propre mère il s'envisage même faisant sa propre justice ‘’connaissant l’identité des minables auteurs de cette abjection, c’est peut-être moi qui serais aujourd’hui en prison’’."

David Lisnard a, par ailleurs, fait savoir qu’il ne voulait "plus de discours, mais des actes". Dès lors, la Ligue des Droits "ne sait si l’on doit se réjouir", ou "s’inquiéter de l’imaginer préparant son balluchon pour aller en prison comme il l’a imaginé".

 

Boccassiens, porteurs d’espérance

S’il "n’est pas juste de ne pas prendre à sa juste dimension le drame subi par cette dame", l’association de défense des droits humains rappelle "les principes de notre état de droit". "Ne faut-il pas oublier cet esprit de vengeance accompagné de haine. Oublier que l’état de nos prisons ne permet pas trop souvent d’en faire des lieux de réinsertion. Pire, c’est là malheureusement que bien des jeunes gens découvrent parfois et se préparent à toujours plus de violence", peut-on lire.

Ainsi, le vice-président de la section LDH Cannes-Grasse espère, "au-delà de la punition qu’ils méritent", que "la sanction sera accompagnée d’un souci de les sortir du mauvais chemin dans lequel ils s’égarent au détriment de notre société, et d’eux-mêmes". "On veut croire que le tribunal pour enfants qui les jugera en novembre [NDLR: le 22 novembre] sera porteur de ces préoccupations-là", conclut-il. Après avoir noté "la préoccupation" des Boccassiens, davantage portée sur la justice que la vengeance. "Ces citoyens réfléchis sont porteurs d’espérance et d’une meilleure vie dans tous les quartiers cannois dans le respect du droit et de la justice."

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