À Toulon comme à Marseille, des enquêteurs en colère après le limogeage d’un chef de la PJ

De nombreux enquêteurs issus de la police judiciaire (mais aussi de la sûreté départementale) se sont rassemblés ce vendredi après-midi au pied de l’hôtel de police, à Toulon, pour manifester leur indignation après le limogeage d’Éric Arella, patron de la police judiciaire (PJ) dans le sud.

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Eric Marmottans Publié le 07/10/2022 à 19:12, mis à jour le 07/10/2022 à 19:11
Des enquêteurs en colère se sont rassemblés à Toulon pour protester contre le limogeage du directeur zonal de la PJ. (Photo Camille Dodet)

Cette marque de défiance intervient dans un climat déjà tendu, depuis l’été dernier, entre les enquêteurs de la police judiciaire et la direction générale de la police nationale qui porte une réforme controversée de la PJ.

Les autorités prévoient de réunir les effectifs de la PJ avec ceux de la sécurité publique au sein d’un ensemble qui serait chapeauté à l’échelle départementale.

Les "PJistes" – actuellement pilotés selon un maillage interrégional – craignent de voir ainsi leur autonomie sacrifiée, et leur capacité à mener des enquêtes sensibles et/ou complexes fragilisée.

Une "haie du déshonneur"

Éric Arella, directeur de la PJ dans la zone sud (1) , a été démis de ses fonctions au lendemain d’une action de contestation organisée à Marseille alors que le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, venait promouvoir cette réforme. La spectaculaire "haie du déshonneur" – deux cents policiers parmi lesquels pas mal d’enquêteurs toulonnais – qui a accueilli le haut fonctionnaire aurait pesé dans la décision de muter soudainement le patron zonal de la PJ.

 

"Le directeur a essayé d’évoquer des amendements au projet de cette réforme mais le DGPN ne veut pas en entendre parler", ajoute un enquêteur toulonnais, dénonçant une parodie de concertation. "À chaque fois qu’une proposition est avancée par un directeur zonal, elle est écartée."

1. La zone de compétence de la direction zonale de la PJ Sud s’étend sur l’ensemble de l’arc méditerranéen entre les frontières italienne et espagnole, couvrant 21 départements, 30 tribunaux judiciaires et 8 cours d’appel.

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