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2020, la grande année de la Sûreté publique La délinquance a (encore) baissé en 2019

Mis à jour le 14/01/2020 à 10:12 Publié le 14/01/2020 à 10:11
Le prince Albert II : « Dans ce domaine (de la sécurité, NDLR), comme dans d’autres, rien n’est jamais acquis. »
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2020, la grande année de la Sûreté publique La délinquance a (encore) baissé en 2019

Les vœux de la Sûreté publique ont été, hier, le théâtre de discours plus apaisés qu’un an plus tôt. Un panorama de la délinquance à Monaco et l’achèvement du Plan Sûreté publique 2020 ont été évoqués

Les vœux de la Sûreté publique. Disons-le, il n’y a guère d’autres événements où l’on croise le tout-Monaco concentré en un seul et même lieu autour du prince Albert II. Hier, les mots prononcés dans l’enceinte du Musée océanographique témoignaient d’un climat général bien plus apaisé que lors du précédent exercice. Lors de l’année 2018, l’institution avait été ébranlée par l’inculpation de deux de ses membres dans la complexe affaire Rybolovlev versus Bouvier, la propulsant, au passage, dans une violente tourmente médiatique.

Hier, pas d’allusion entre les lignes de la part de Patrice Cellario, conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, qui, exceptionnellement, remplaçait au pupitre le directeur de la Sûreté publique, souffrant. L’occasion de dégainer les statistiques de 2019 plutôt que de raviver les démons d’un passé pas si lointain.

« Sentinelle sociale »

Si Monaco, au regard des chiffres de la délinquance en baisse (lire page suivante), apparaît comme un microcosme relativement préservé, Patrice Cellario invite toutefois à l’humilité et à la vigilance. « La violence de notre société doit nous interpeller en permanence, sachant que l’idée d’une société avec un risque zéro ne serait que pure chimère. De surcroît, lorsque le sentiment de sécurité est très élevé, le risque de faire preuve d’une certaine insouciance, qui pourrait confiner à un début de vulnérabilité, est bien réel. » Qualifiant le policier de « sentinelle sociale », aussi bien chargée du quotidien et de la tranquillité publique que des événements exceptionnels.

De fait, on se souviendra en 2019 de la mobilisation sans précédent de la Sûreté publique pour assurer la sécurité du président chinois Xi Jinping, de la répression assumée à l’encontre des chauffards en marge du salon Top Marques, des mariages princiers. Sans parler des faits-divers à gérer, avec les enquêtes qui en découlent : la chute d’une grue à l’entrée de ville, les caprices récents de Dame Nature, les 19 coups de couteau donnés par un homme à sa compagne en pleine rue, la gestion de 1 000 croisiéristes au stade Louis-II empêchés de regagner leur bateau. Ou encore ce serial cambrioleur identifié en moins d’une semaine.

Le plan Sûreté publique 2020 bientôt achevé

Ça, c’était sur le terrain. En interne, des réformes structurelles et fondatrices ont été menées, conformément au plan « Sûreté publique 2020 », amorcé en 2016. « Tant sur l’évolution de l’organigramme et des moyens techniques que sur une politique volontaire de réaménagement de nouveaux bâtiments », développe-t-il. Ainsi, 26 notes d’applications (1) ont été prises, à ce jour, pour réformer la Sûreté publique et une unité de lutte contre la criminalité technologique a été fondée. Ce vaste plan, sur le point d’être achevé, sera encore le théâtre de projets structurants en 2020 (page suivante). Pour une police qui se veut plus performante et moderne. « Dans ce domaine (la sécurité, NDLR), comme dans d’autres, rien n’est jamais acquis. J’apprécie donc de pouvoir compter sur votre engagement sans réserve allié à une rigueur sans faille », a justement résumé le prince Albert II.

Les cérémonies de vœux sont, bien souvent, promptes aux bilans et grandes orientations. Celle de la Sûreté publique, hier au Musée océanographique, n’a guère dérogé à la règle. Chaque année, le directeur de l’institution dégaine pléthore de chiffres et dresse un panorama de la délinquance en Principauté (lire le détail ci-contre). Cette année, Richard Marangoni souffrant d’une bronchite, c’est Patrice Cellario qui s’est collé à l’exercice.

« Depuis presque dix ans, nous constatons une baisse régulière de la délinquance en Principauté, en divergence des courbes de la plupart des pays européens, amorce le conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur. Aussi, une stabilisation ou une légère augmentation des chiffres ne saurait être considérée comme une anomalie ou une catastrophe car nous resterions dans des niveaux, somme toute, très appréciables et enviés. »

À l’écoute de ces propos, on pense instinctivement à une hausse des chiffres en question. Il n’en est rien. Faux suspense. Dans la foulée, en effet, Patrice Cellario annonce une baisse de la délinquance, d’une année sur l’autre. « La délinquance générale, qui regroupe l’ensemble des faits constatés, comptabilise 889 faits, en baisse de 5 % par rapport à 2018 qui en comptait 936 », développe-t-il. Idem pour la délinquance de voie publique (cambriolages, vols de voitures et de deux-roues, dégradations, violences) qui chute de 26 % par rapport à 2018 (90 contre 121).

L’arrivée de Richard Marangoni à la tête des agents de la Sûreté publique n’y serait pas étrangère, si l’on en croit les dires de son ministre de tutelle. « Depuis sa prise de fonctions en 2016, la délinquance générale a baissé de 16 % et la délinquance de voie publique de 52 %, poursuit-il, avant de s’adresser directement au prince Albert II pour louer le courage de ces hommes et femmes au service de la Principauté. Si ces chiffres peuvent être qualifiés de bons - avec humilité car tout est fragile -, ils s’inscrivent dans un contexte toujours plus difficile et l’obtention de tels résultats relève, chaque année, du défi. Malgré un contexte parfois lourd, la confrontation au danger et la pénibilité des services, le mérite en revient aux policiers qui s’engagent, au quotidien, avec un professionnalisme et un état d’esprit qui sont à citer en exemple. »

Des résultats qui, selon Patrice Cellario, sont aussi « le fruit de la collaboration ancienne, confiante et transparente qui prévaut entre la Sûreté publique et les services de police ou de gendarmerie français ainsi qu’avec la police italienne ». Précisant, au passage, qu’en tant que premier maillon de la chaîne, l’action et la tâche quotidienne des 579 agents de la Sûreté publique sont « au service de la Direction des services judiciaires ». « Plus que jamais, ils formulent le vœu de travailler dans une osmose totale et avec une volonté toujours affirmée du respect des prérogatives de chacun. »

La Sûreté publique n’a rien d’une Dame endormie, loin s’en faut.

Le « Plan Sûreté 2020 », impulsé pour mieux lotir la police monégasque et optimiser ses ressources humaines, en est la preuve. La profonde mue de la Sûreté publique arrivant presque à échéance, Patrice Cellario en a profité pour étayer les projets de l’année 2020, tout juste amorcée.

Une nouvelle vedette pour la police maritime

« Une nouvelle vedette viendra renforcer les moyens d’intervention de la Division de police maritime et aéroportuaire. » Ce futur fleuron de la flotte monégasque, un navire de 24,80 mètres construit sur un chantier italien à Viareggio, sera armé, blindé et doté d’un canon à incendie (lire notre édition du 17 septembre 2019). Avec une capacité d’autonomie en mer estimée à 48 heures.

Il lui faudrait 17 minutes, à peine, pour rallier Vintimille dans l’hypothèse d’une assistance aux secours.

L’unité pour préserver le cadre de vie opérationnelle en février

UPCV. Quatre lettres pour Unité de préservation du cadre de vie. Composée de dix agents chargés de veiller à la préservation du cadre de vie des résidents, celle-ci sera opérationnelle sur le terrain début février. Du lundi au vendredi. « Sa mission sera centrée autour de la fluidification de la circulation, de la lutte contre toutes les nuisances sonores (chantiers, véhicules et établissements publics, NDLR) mais aussi de la prise en charge des incivilités », détaille le numéro 1 de l’Intérieur.

Une utilisation de drones

« Une unité formée à l’utilisation ou à l’interception des drones verra également le jour », a annoncé Patrice Cellario.

Une aide accrue aux personnes vulnérables

« Des moyens supplémentaires seront dédiés à la protection des personnes vulnérables, en particulier à la protection des personnes âgées, des femmes victimes de violences ou des mineurs », ajoute-t-il, sans toutefois rentrer dans le détail des mesures en place.

La Sûreté publique prend

de la hauteur

Nouveau chantier en vue en Principauté ! À l’automne, les locaux de la Sûreté publique, 9 rue Suffren-Reymond, vont connaître une surélévation. Trois étages supplémentaires pour recentrer certains services situés, pour l’heure, dans d’autres artères de la Principauté. En l’occurrence, l’école de police et le secrétariat du tribunal de simple police. « Un nouveau bâtiment indispensable pour le développement d’une police moderne », note Patrice Cellario.

Transition numérique à la

section des résidents

« Dans le cadre de la transition numérique, la section des résidents fera l’objet d’une refonte informatique totale portée par le projet “M-ROAD”, destiné à moderniser la qualité de la prestation fournie. »

Frédéric Maglott a été félicité par le prince Albert II.
Le prince Albert II encadré, hier, par deux membres de son gouvernement, Serge Telle et Patrice Cellario, et par les cadres de la Sûreté publique.

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