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La société monégasque HéliAir contre-attaque en justice

Mis à jour le 24/09/2015 à 08:19 Publié le 24/09/2015 à 08:18
Jacques Crovetto a fondé avec son frère, en 1976, la société HéliAir Monaco et monté la ligne régulière qu’il détenait depuis 40 ans.

Jacques Crovetto a fondé avec son frère, en 1976, la société HéliAir Monaco et monté la ligne régulière qu’il détenait depuis 40 ans. Photo archives Eric Dulière

La société monégasque HéliAir contre-attaque en justice

Après avoir perdu l’exploitation de la ligne régulière Monaco-Nice, Jacques Crovetto, fondateur, de la société, va au Tribunal Suprême et dénonce "les méthodes du gouvernement"

La direction et les salariés ont décidé de s'exprimer main dans la main. De montrer un visage uni après le revers subit.

HeliAir a en effet perdu son droit d'exploitation de la ligne régulière Monaco-Nice, qu'elle détenait depuis 40 ans au profit de son unique concurrent basé sur le sol monégasque, Monacair.

"Une aberration! selon Jacques Crovetto qui ne décolère pas et s'était d'ailleurs déjà exprimé dans nos colonnes en dénonçant "une véritable spoliation."

Après le choc, le fondateur de cette société de transport par hélicoptère a décidé de passer à l'attaque en dénonçant les décisions du gouvernement au tribunal Suprême, concernant le "contrat d'exploitation sans limite de temps" et "la désignation de Monacair sans justification".

Jacques Crovetto déplore surtout "la méthode" et assure qu'il était prêt à collaborer de quelque manière que ce soit avec son concurrent.

"On nous coule..."

"La décision du gouvernement est hâtive, sans intérêt pour la Principauté et elle coupe l'herbe sous le pied à une compagnie qui existe depuis 40 ans. C'est comme si on enlevait la SBM. Et à côté de ça, le gouvernement soutient à coût de millions d'euros Mecaplast, IM2S... Et nous, on nous coule, sans aucune raison!"

Car HeliAir se porte bien financièrement et compte près de 120 salariés, dont 70 personnes pour le service au sol. Des emplois impossibles à conserver s'il n'y a pas d'accord trouvé.

"La ligne régulière contribue à hauteur de 50 % de notre chiffre d'affaires", rappelle le pdg.

Du côté de Monacair, Gilbert Schweitzer, directeur général, tente d'être rassurant: "Nous sommes en lien étroit avec le service du Travail et nous allons récupérer le personnel lié à la ligne dans le cadre d'une convention signée. Cela nous économisera du temps de formation et de l'argent. En revanche sur la gestion des navettes et du transport du passager à terre, nous allons sous-traiter, ce n'est pas notre métier."

Mais du côté des salariés d'HéliAir, même si l'inquiétude est forte, il ne semble pas que l'envie de "passer à côté" soit là.

"L'ennemi, c'est le gouvernement!"

Le chef d'escale, Robert Aracil, en poste depuis 1981 résume l'état d'esprit général: "Notre professionnalisme est remis en cause et nous voulons défendre nos postes aux côtés de M. Crovetto. On vient véritablement voler nos emplois. Nous sommes stupéfaits de cette décision d'autant plus que notre société se porte bien et qu'elle a toujours sauvegardé les emplois. Et voir que l'ennemi c'est le gouvernement, c'est dur. On le vit vraiment comme une trahison!"

Mais le temps de l'action va être court car la concession devrait démarrer pour Monacair dès le 1er janvier 2016. Un timing qui pose aussi des doutes sur la remise en route de cette ligne régulière qui doit assurer un vol tous les quarts d'heure, soit 28.000 mouvements par an.

Selon le chef d'escale, "du côté de Monacair, c'est silence radio donc on ne sait pas ce qu'il va se passer mais cela serait étonnant qu'il réembauche les 120 salariés. Et puis il faudrait se bouger, alors!"

Les salariés soulèvent aussi le problème de la transition et de leur clientèle qui a déjà réservé pour l'année prochaine.

Des questions qui devraient trouver bientôt une réponse, puisque le gouvernement, malgré un silence assourdissant ces derniers jours, ne devrait pas tarder à s'exprimer sur le sujet.


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