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Dix mois de prison ferme pour vol de téléphones mobiles à Monaco

Mis à jour le 28/09/2015 à 09:30 Publié le 28/09/2015 à 09:29
Le tribunal de Monaco.

Le tribunal de Monaco. Photo Michaël Alesi

Dix mois de prison ferme pour vol de téléphones mobiles à Monaco

Deux jeunes roumains ont été pris en flagrant délit de vol dans un magasin de téléphonie monégasque par les policiers de Sûreté publique. Les prévenus écopent de dix mois de prison ferme chacun.

Dans le box, menottés, Marian Florin S. et Paul M. À 30 et 28 ans, ils ont quitté leur Roumanie natale pour une vie d’errance en Europe. Et vendredi dernier, en passant par la Principauté, ils ont fracturé la porte de l’enseigne "Atelcom", avenue de Grande-Bretagne, avec un panneau indicateur, afin de dérober téléphones portables et ordinateurs haut de gamme.

Mais ils se sont fait prendre en flagrant délit par des policiers de la Sûreté publique, intervenus en un temps record. À l’issue de leur comparution devant le tribunal correctionnel, ils ont été condamnés à dix mois de prison ferme chacun.

S’il est un peu difficile pour les juges de comprendre le parcours des deux hommes, il n’en est pas de même pour déterminer leur responsabilité. Ce 18 septembre, dès potron-minet, une alarme reliée au QG de la Sûreté publique se déclenche.

En moins d’une minute, une brigade arrive sur les lieux. Les agents aperçoivent un magasin saccagé et les deux prévenus en train de remplir leurs sacs avec des terminaux de téléphonie mobile et du matériel informatique. Dans l’impossibilité de s’enfuir, ils sont aussitôt interpellés.

Des chaussettes sur les mains

"En exploitant les images de vidéosurveillance, note le président Florestan Bellinzona, on vous voit arriver vers 4h05 à visage découvert. Soixante secondes après, M. a mis son capuchon de survêtement sur la tête et porte un panneau indicateur. Il est suivi par S., avec un tee-shirt sur la tête et ses mains enfilées dans des chaussettes pour ne pas laisser d’empreintes. Le panneau a servi de bélier pour fracturer la porte de la SARL spécialisée dans la personnalisation des mobiles…"

Le président dépeint ensuite un tableau accablant, où les présentoirs sont renversés et les tablettes et téléphones jetés sur le sol.

La partie civile évalue approximativement le préjudice "à quelque 60.000 euros et des produits les plus chers, plaqués or et diamants, détruits ou abîmés. Donc invendables!..."

Les raisons? Les deux détenus avouent que le magasin était "l’occasion qui a fait le larron…"

"D’autant que nous sommes descendus du train en gare de Monaco sur ordre du contrôleur parce que nous n’avions pas de billets. Ce n’était pas notre destination…"

Le président remarque que la version diverge. "Au cours de votre interrogatoire par les policiers, vous avez déclaré: “ venir d’Italie pour chercher du travail en France. Mais comme nous étions sans argent, on est passé par Monaco pour voler… ”"

Les prévenus contestent pareilles déclarations et dénoncent la mauvaise traduction de l’interprète. "Est-ce si important?", demandent-ils. Le président est excédé.

"À chaque question vos réponses sont différentes et c’est au tribunal de juger de l’importance des questions. D’ailleurs, quelle était l’affectation des téléphones?
– Les vendre en Italie pour se faire de l’argent, déclarent les deux Roumains.
– Depuis quand êtes-vous en France?
– On a quitté notre patrie depuis une semaine pour aller à Vérone, où une personne nous avait promis un emploi…
Déjà connus d’Interpol
– Avez-vous déjà eu des problèmes avec la Justice, car vous êtes connus d’Interpol?
– En Autriche…
", reconnaît M.

À l’heure des préjudices subis, la partie civile s’est interrogée sur la solvabilité des prévenus et a évoqué les "nombreux produits en plaqué or, strass et diamants invendables…"

Quant au procureur Cyrielle Colle, "de tels faits sont passibles du tribunal criminel et plusieurs années de prison. Certes, ces deux personnes n’ont pas eu le temps de partir avec le butin et leurs digressions empêchent de saisir le véritable but de leur mission. Mais devant la violence inouïe employée à Monaco, vous devez être extrêmement sévères!"

Dix mois ont été requis pour mettre un terme au trouble public occasionné, après avoir salué l’excellence et la rapidité des services de police.

Enfin, la défense a reconnu, par la voix de Me Alice Pastor, le "peu d’éléments plaidant en faveur d’une clémence pour mes clients. Les seuls : la méconnaissance de la Principauté et le faible argument sur un vol prémédité. Un tel délit à côté du Casino où il y a toujours du monde la nuit et à quelques mètres d’un poste de police… Je vous laisse le soin de prononcer la peine…"

Le tribunal satisfera aux demandes du ministère public. Mais les deux Roumains ont l’intention de faire appel.


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