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VIDEO. "Un hélico, il nous faut un hélico!": pourquoi les pompiers n'ont rien pu faire pour sauver les deux retraités à Roquebillière

Mis à jour le 03/10/2020 à 22:04 Publié le 03/10/2020 à 14:02
Les secours n'ont rien pu faire pour les deux retraités bloqués sur le toit de leur maison.

Les secours n'ont rien pu faire pour les deux retraités bloqués sur le toit de leur maison. Photo capture écran vidéo Twitter

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VIDEO. "Un hélico, il nous faut un hélico!": pourquoi les pompiers n'ont rien pu faire pour sauver les deux retraités à Roquebillière

Deux retraités ont été emportés par les flots vendredi après-midi à Roquebillière. Notre journaliste Grégory Leclerc était sur place au moment du drame. Il raconte.

Un 4X4 des sapeurs-pompiers monte vers Saint-Martin-Vésubie. Il est 16h30 environ en ce jour de tempête Alex. La "bombe météorologique" déverse déjà sa colère, sa rage.

Des trombes d’eau, comme des lames, s’abattent violemment sur nos véhicules. La route reste praticable, même si quelques cailloux, des feuilles, jonchent le bitume. Le bas côté, les arbres, ne sont plus que des silhouettes au travers du rideau d’eau.

Soudain, au détour d’un virage, à Roquebillière, un septuagénaire alpague le pompier qui roule devant nous. "Vous n’avez pas de nouvelles du couple qui habite en dessous?"

Il désigne un chemin herbeux qui semble mener vers la Vésubie. Par la fenêtre de son véhicule de service siglé "Sdis 06", le pompier, grand gaillard au crane rasé, questionne l’homme, vêtu d’un large poncho bleu.

"Ils y habitent? Ils ne se sont pas réfugiés quelque part? Vous êtes sûr?" Puis, sans attendre, part en reconnaissance. Nous le suivons prudemment. Deux gendarmes sont sur les lieux, ainsi qu’un pompier du secteur.

Une Vésubie méconnaissable

La Vésubie est là, méconnaissable, grondant, charriant des rochers, des arbres, une bouteille de gaz, des détritus, des morceaux de bâtiments d’élevage. Rien ne l’arrête.

Des vagues colossales se forment au-dessus des obstacles. De l’autre côté, on aperçoit l’usine EDF. Nous sommes au lieu dit Les Vignes. Devant nous la berge s’effrite petit à petit, des arbres sont emportés en un instant comme des fétus de paille. C’est terrifiant.

Deux maisons sont là. Une grande, comme posée au milieu du torrent. L’eau furieuse donne des coups de boutoir sur sa façade arrière. Les flots boueux ont déjà trouvé un chemin au travers de la bâtisse. Elle semble les vomir par l’une de ses portes avant, béante. Aucun signe de vie.

"A priori elle est vide, les gens ont évacué", indique un autre riverain, accouru pour porter assistance.

Un peu plus haut, une vision d’horreur s’impose plus qu’elle ne s’offre à nous. Une bicoque minuscule, d’un étage, semble posée au milieu du torrent rugissant.

Au premier, un grand balcon. Derrière les vitres fermées du salon, un couple de retraités, qu’on distingue plus qu’on ne les voit, agite une loupiote faiblarde.

Le sentiment qui domine chez les secouristes et les témoins de la scène, c’est l’impuissance. L’effroi aussi. Impossible de franchir les eaux torrentielles qui séparent ce qui n’est plus qu’une berge friable, de la demeure. Les deux pompiers qui sont là ont compris. Seul un hélico pourrait les sauver. Aucune technique de sauvetage en milieu aquatique ne permettrait de les sortir de ce cataclysme.

"Un hélico, il nous faut un hélico", hurle l’un d’eux dans son téléphone pour se faire entendre de ses collègues et couvrir le vacarme.

"Non, il faut un hélico, sans cela on va avoir deux morts!" Un instant, puis il raccroche. "L’hélico ne peut pas passer, le plafond est trop bas." Le silence s’instaure. Tout le monde a compris. Quelques minutes plus tard, la plus grande des masures cède par l’arrière.

Le fleuve la pulvérise, emporte meubles, murs, portes et appareils ménagers. La toiture dérive un temps avant de se morceler et d’être happée.

Plus haut, un des deux pompiers ne quitte pas la maison des retraités du regard. Il restera jusqu’au bout, à échanger des signes lumineux.

A 18h25, un craquement sinistre vient, un fragment de seconde, couvrir le fureur apocalyptique de la Vésubie. C’en est fini. La frêle maison s’ouvre en deux, se désintègre dans la rivière en crue.

Le couple de retraités qui, quelques instants plus tôt, continuait à envoyer des signaux lumineux est emporté avec sa maison.

Ils sont toujours portés disparus.

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