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VIDÉO. Enseignants, lycéens et citoyens de Menton rendent un hommage poignant au professeur décapité dans les Yvelines

Mis à jour le 17/10/2020 à 14:29 Publié le 17/10/2020 à 14:29
Florence Lagache, au centre : « Cher collègue, tu as payé cher le fait d’enseigner les valeurs de la République à tes élèves. »

Florence Lagache, au centre : « Cher collègue, tu as payé cher le fait d’enseigner les valeurs de la République à tes élèves. » Photo A. C.

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VIDÉO. Enseignants, lycéens et citoyens de Menton rendent un hommage poignant au professeur décapité dans les Yvelines

Des enseignants, des lycéens et des citoyens anonymes se sont rassemblés au jardin de la Paix Simone-Veil, ce samedi, pour rendre un hommage poignant au professeur victime de la barbarie.

Ils n’étaient qu’une vingtaine, ce samedi matin, au premier jour des vacances scolaires, réunis au parc du Pian, à Menton, pour rendre hommage au professeur d’histoire sauvagement assassiné et décapité la veille, en fin de journée, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Ils étaient peu nombreux mais leur émotion et leur dignité se sont répandues dans toute la cité des citrons.

Il y avait des enseignants, des lycéennes venues de Menton, Beausoleil et Cap-d’Ail, des citoyens anonymes et un élu de la Ville, Jean-Claude Alarcon, adjoint au maire.

Cet échantillon représentatif de Menton a répondu à l’appel improvisé de Florence Lagache, professeure d’anglais au lycée Pierre-et-Marie-Curie, vendredi soir. "Quand j’ai appris cette monstruosité, j’ai contacté mes collègues, mes élèves, leurs parents, les citoyens de Menton, confie l’enseignante. Il fallait que l’on se rassemble pour rendre hommage à notre collègue et réaffirmer notre volonté de défendre les valeurs de la République."

"Cher collègue…"

Enseignants, élèves, citoyens... Un échantillon représentatif de Menton a répondu à l’appel improvisé de Florence Lagache.
Enseignants, élèves, citoyens... Un échantillon représentatif de Menton a répondu à l’appel improvisé de Florence Lagache. Photo A. C.

Cet hommage s’est déroulé dans un lieu hautement symbolique, le jardin de la Paix Simone-Veil, créé après l’attentat de Charlie Hebdo.

Cet espace, situé au parc du Pian, est aujourd’hui devenu le lieu incarnant "la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, le terrorisme, le djihadisme, l’obscurantisme et, depuis cette année, le combat contre les anti-LGBT", résume Florence Lagache.

"Ce jardin était fait pour toi", a même souligné son instigatrice lors d’un discours improvisé en fin de matinée.

Des mots poignants, des messages lourds, de l’émotion et beaucoup de larmes ont ponctué cette prise de parole spontanée, dont une grande partie s’adressait à cet enseignant victime de la barbarie.

"Cher collègue, là où tu es, j’espère que tu n’as plus mal. Tu as préparé ton cours, comme nous tous, avec beaucoup de professionnalisme, beaucoup d’amour pour tes élèves. Et tu voulais simplement leur apprendre à penser par eux-mêmes, à comprendre l’histoire de notre pays. Tu as payé cher le fait d’enseigner les valeurs de la République à tes élèves : liberté, égalité, fraternité, laïcité."

"Sans le savoir, cher collègue, ce jardin de la Paix était fait pour toi, aussi. Il est là pour dire à tout le monde que notre métier est essentiel. Nous, les enseignants, nous sommes le cœur battant de la République. (...) Là où tu es, je t’offre toutes les palmes académiques du monde. Tu les mérites bien."

Les yeux humides et les cœurs transpercés, tous ont alors observé une minute de silence.

L’impression d’un retour en arrière

Le projet du jardin de la Paix Simoneil-Veil, inauguré en 2018 au parc du Pian, est né trois ans plus tôt, en janvier 2015, après les attentats de Paris et de Charlie Hebdo. "Je me suis sentie concernée en tant qu’enseignante, se souvient Florence Lagache. Pour la plupart, les terroristes étaient des jeunes qui étaient passés par les bancs de l’école française. Je voulais comprendre ce qu’on avait raté, où ça avait merdé, comment nous n’avions pas pu leur enseigner, à eux, les valeurs de la République et du bien-vivre ensemble."

Le 15 janvier 2015, à Menton, au milieu des 30.000 personnes qui marchaient en silence dans une ville qui compte autant d’habitants, Florence Lagache a compris qu’il fallait agir.

L’enseignante a commencé par dédier chaque 15 du mois une journée à un travail sur la citoyenneté avec ses élèves.

Quelques mois plus tard, l’initiative s’est structurée, donnant naissance à un groupe d’élèves, renouvelé chaque année, qui réfléchit sur les thématiques du racisme, de l’antisémitisme, du terrorisme.

Puis, en 2018, avec le soutien notamment de la Ville de Menton, le jardin de la Paix a pu voir le jour.

"Mais aujourd’hui, après ce nouvel acte ignoble, j’ai l’impression de revenir en arrière, en 2015. Comme si nous n’avions pas avancé dans la lutte contre la barbarie..."


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