Une Niçoise parmi les femmes rapatriées des camps de prisonniers syriens

Quinze femmes et 32 enfants se sont posés tôt ce mardi matin sur le tarmac de l’aéroport de Villacoublay, dans les Yvelines, près de Paris. C’est la troisième fois depuis juillet dernier que la France rapatrie des femmes et d’enfants français, brisant avec sa politique du cas par cas pour laquelle elle a été condamnée à de multiples reprises.

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La rédaction Publié le 24/01/2023 à 12:15, mis à jour le 24/01/2023 à 12:12
C’est la troisième fois depuis juillet 2022 que la France rapatrie des femmes et des enfants détenus dans les camps de prisonniers jihadistes du nord-est de la Syrie. Photo archives AFP

Une Niçoise fait partie des 15 femmes rapatriées des camps de prisonniers djihadistes en Syrie. Avec 32 enfants, elles ont atterri ce mardi matin près de Paris, à l’aéroport militaire de Villacoublay dans les Yvelines. Cette nouvelle opération de rapatriement collectif organisée par la France, confirme sa volonté de briser la politique du cas par cas qui lui avait valu d’être condamnée par des instances internationales, comme la Cour européenne des Droits de l’homme, le Comité des droits de l’enfant et le Comité contre la torture de l’ONU.

Jusqu’en 2022, la France ramenait sur le sol national des enfants sans leur mère, c’est-à-dire soit des orphelins, soit des enfants dont les mères avaient accepté de signer un document de renoncement à leurs droits parentaux. Il y a eu avant le convoi de ce mardi matin, deux opérations de retour collectif: en octobre 2022- 15 femmes et 40 enfants - et en juillet - 16 femmes et 35 enfants.

Sept mandats d’arrêt

Les 15 Françaises qui ont foulé le sol français pour la première fois depuis de nombreuses années ce mardi matin sont âgées de 19 à 56 ans, selon le parquet antiterroriste. Qui précise: "Sept font l’objet d’un mandat d’arrêt et seront présentées à un magistrat instructeur dans la journée. Huit ont été placées en garde-à-vue en exécution d’un mandat de recherche". Les enfants ont été remis "aux services chargés de l’aide à l’enfance et feront l’objet d’un suivi médico-social", indique le Quai d’Orsay. Ils sont sous la responsabilité du parquet près le tribunal judiciaire de Versailles.

Trois enfants, dont une fille née en Syrie

Andrea, la Niçoise de retour sur le territoire national est mère de trois enfants. Dans les camps, elle s’occupait aussi des deux enfants de sa belle-sœur décédée en Syrie. Ils avaient été rapatriés dans le premier convoi collectif de juillet dernier.

Andrea a aujourd’hui 35 ans. Un matin de septembre 2014, elle a quitté Nice avec ses deux garçons de 6 et 3 ans et son compagnon, Oussama, considéré comme le bras droit d’Omar Diaby, le recruteur de djihadistes responsable d’une quarantaine de départs pour la Syrie, dont 19 personnes de la même barre HLM du quartier Saint-Charles, à l’est de Nice. Avec eux, à bord de deux voitures de location, en route pour le Califat qui vient d’être proclamé, la famille d’Oussama: sa mère, ses deux sœurs dont l’une est enceinte, leurs conjoints et deux enfants. Andrea s’était convertie à l’islam. Oussama était surveillé par la police.

Après plus de quatre ans passés au sein de l’État islamique, la Niçoise est arrêtée par les forces arabo-kurdes en mars 2019, avec ses deux garçons et sa fillette née en 2016 dans l’enfer syrien. Oussama fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, suspecté de travailler au sein du service de propagande de Daesh.

La jeune Niçoise et les petits sont emmenés au camp kurde d’Al-Hal, dans le nord est de la Syrie. Puis, ils se retrouvent au camp de détention de Roj. En décembre 2021, ils avaient été transférés au camp Roj 2, contrôlé par les Kurdes.

 

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