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Une crème à base de placenta humain vendue en toute illégalité au congrès anti-âge de Monaco

Mis à jour le 06/04/2018 à 21:32 Publié le 06/04/2018 à 20:47
Une foule compacte s’amassait sur le comptoir, billets en mains pour s’arracher les flacons d’élixir humain à 80 euros pièce

Une foule compacte s’amassait sur le comptoir, billets en mains pour s’arracher les flacons d’élixir humain à 80 euros pièce Photo Jean-François Ottonello

Une crème à base de placenta humain vendue en toute illégalité au congrès anti-âge de Monaco

Dans les allées du salon anti-âge AWMC 2018, qui se tient à Monaco jusqu'à samedi soir, on trouve toutes sortes de produits pour rester jeune. Des substances pas toujours très autorisées… aux dépens des organisateurs et des autorités. A l'image de crèmes à l'extrait de placenta humain vendues par une société japonaise.

"Ce sont des extraits de pur placenta humain, uniquement de donneuses japonaises", explique un représentant de la Japan Bio Products Company (on vous aurait bien donné son nom, mais ce monsieur étourdi a préféré donner la carte de visite de sa collaboratrice).

Sur ce stand, où les billets de banque apparaissent plus vite que les pâquerettes au printemps, on trouve de drôles de produits, mais aussi de belles brochures dans lesquelles on apprend que Cléopâtre et Marie-Antoinette aussi avaient recours à cet organe temporaire produit durant la grossesse, pour entretenir leur légendaire beauté… C’est dire si c’est un sacré bon produit!

Cellules humaines à tartiner ou injecter

Disponible en injectable et en crèmes, l’extrait de placenta soigne les problèmes de foie, les problèmes articulaires ou encore les problèmes de pigmentation de la peau. Mais s’il est présenté au salon de la médecine esthétique, c’est surtout parce qu’il serait particulièrement recommandé pour retrouver… une peau de bébé. Bon sang ne saurait mentir.

Effrayant? Pas du tout… Rassurez-vous, les brochures garantissent que les donneuses ont été testées pour les hépatites B et C, ainsi que le VIH.

Prudence étant mère de sûreté, ils ont testé la syphilis aussi. Et pour assurer à leur clientèle qu’elles sont totalement saines, les donneuses doivent s’engager à ne pas avoir séjourné plus d’un jour en France et au Royaume-Uni depuis janvier 1980, ou plus de six mois dans "un des sept pays Européen" (la documentation scientifique ne précise pas lesquels).

Totalement interdit

Des produits à base de placenta humain, il faut bien reconnaître que ça intrigue.

"C’est tout à fait légal en Europe! Sauf pour les compléments alimentaires pour lesquels nous n’avons pas encore la licence", assure le représentant de JBP, à l’identité mystère.

Sauf que voilà, c’est un vilain mensonge. Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, et les affaires du sang contaminé et de la vache folle, toutes les substances biologiques humaines sont interdites en utilisation cosmétique dans les règlements européens. Ce que n’a pas manqué de rappeler le gouvernement: "La réglementation monégasque suit la réglementation européenne en la matière. Aussi, aucun produit cosmétique ne peut être mis sur le marché à Monaco s’il n’a pas fait l’objet au préalable d’un enregistrement sur le portail européen de notification des produits cosmétiques."

Et le règlement (CE) 1223/2009 du parlement européen, Annexe II/416 – on a bien vérifié pour vous – est très clair: pas de placenta humain dans les cosmétiques, et encore moins dans les compléments alimentaires. Un point c’est tout.

Les organisateurs victimes

Une affaire qui désole Christophe Luino, co-organisateur du salon: "C’est une situation très désagréable pour nous. Nous organisons un événement sérieux sous le haut patronage du prince souverain. Nous demandons aux exposants de respecter les réglementations du marché, mais nous ne pouvons pas être derrière tout le monde. Nous avons collaboré avec les autorités dès que nous avons su, jeudi, pour tout faire enlever."

Malgré cela, ce vendredi, les produits étaient toujours présents sur les étagères lors de notre second passage en milieu d’après-midi. Une foule compacte s’amassait sur le comptoir, billets en mains pour s’arracher les flacons d’élixir humain à 80 euros pièce (un flacon pour deux joues, à renouveler tous les 15 jours selon le fabricant).

La présence de notre appareil photo a provoqué une disparition immédiate des boîtes restantes de Curacen Essence… Mais jusqu’à quand cette fois?


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