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Une collecte mensuelle pour l’Ukraine lancée à Sospel

Après avoir transporté des dons jusqu’aux Ukrainiens, le mois dernier, les membres de l’association sospeloise Le Bouclard décident de lancer une collecte mensuelle.

AFP Publié le 21/05/2022 à 08:45, mis à jour le 21/05/2022 à 08:25
Les quatre Sospelois au dépôt de Michalovce, en avril. Photo Michel Graille

Leur aventure a commencé le mois dernier. Lorsque, face aux informations et images de la guerre en Ukraine, quatre Sospelois - Michel Graille, David Lecres, Patrick Gaultier et Cyrille Martin - décident de venir en aide aux Ukrainiens.

Au travers d’une collecte, qu’ils exécutent via leur association de moto, Le Bouclard. Une initiative qui rencontre un grand succès, une tonne et demie d’articles étant récoltés (kits médicaux, nourriture et produits d’hygiène) et 2 500 euros de dons financiers. "On était surpris, on ne s’attendait pas à en recevoir autant", partage Michel Graille.

Le 9 avril, les quatre compères prennent la route, avec le camping-car de Michel Graille et une camionnette. Destination : Michalovce, ville Slovaque, située à une trentaine de kilomètres de la frontière ukrainienne, et du camp Oujhorod, qui la jouxte.

"C’était notre petite contribution"

"Au début, on ne savait pas trop où aller, admet le Sospelois. Et finalement, c’est Soleil Royal 06 [une association humanitaire installée à Roquebrune-Cap-Martin, ndlr], qui nous a proposé d’aller là-bas. Certains de ses membres en revenaient et ils nous ont transmis des contacts pour qu’on puisse y aller."

À Michalovce, le groupe entrepose ses palettes dans un dépôt du camp. "Il y en avait déjà une cinquantaine à l’intérieur, se rappelle Michel Graille. Cela restait notre petite contribution, pour soutenir les 250 réfugiés - majoritairement des femmes et des enfants - et les cinq médecins."

Toutefois, les quatre Sospelois souhaitaient également ramener une famille dans le besoin, à Sospel. Chose qui se révélera finalement impossible. « Tous les Ukrainiens qui souhaitaient rejoindre l’Europe avaient déjà effectué le voyage, quand nous sommes arrivés. À présent, seuls ceux qui ne veulent pas partir, pour rester sur leur terre et avec leurs proches au combat, sont au camp. »

 

Une palette par mois envoyée

Le 13 avril, les quatre amis rentrent à Sospel. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car, une fois de retour, ils décident de continuer les collectes. Avec, en plus, la femme de Michel Graille, Gwenaëlle Le Guerroue, qui est docteur au centre hospitalier La Palmosa, à Menton. "Pendant sept ans, elle a été médecin sans frontière, donc à la maison, on baigne constamment dans l’humanitaire et dans l’idée que, si on peut faire quelque chose pour notre prochain, on essaie, à notre mesure."

Ensemble, ils créent donc une nouvelle association, qu’ils appellent Spodivatysya, ce qui signifie « espoir » en Ukrainien. Ainsi, au travers de Spodivatysya, ils décident d’organiser une collecte par mois, afin d’envoyer, via l’entreprise de transport internationale Kühne + Nagel, une palette (variant entre cent et deux cents kilos), au camp Oujhorod.

"Cela peut paraître dérisoire, concède le Sospelois. Mais là-bas, ils ont constamment besoin de nourriture, de produits hygiéniques et surtout, de kits médicaux comme des béquilles, des bandages, des pansements ou des attelles. Nous sommes en contact avec un médecin sur place qui nous explique que ce qui n’est pas nécessaire dans le camp est ensuite envoyé dans le pays, pour ceux qui en ont besoin."

"J’ai un mois pour motiver les gens"

La première palette a été envoyée le 16 mai. Elle a essentiellement été remplie avec les dons envoyés pour la collecte du mois d’avril, et qui n’ont pas pu être intégrés au premier convoi. "Maintenant, j’ai un mois pour motiver les gens à donner pour la suivante. Mais une palette se remplit vite, je n’ai donc pas d’inquiétude."

Quant au transport, dont le prix s’élève à 350 euros, il a été payé grâce à la première vague de dons financiers, dont il restait 700 euros. "Cet argent a été réintégré dans notre nouvelle association, promet Michel Graille. Et nous avons une quinzaine de personnes qui ont choisi de nous payer mensuellement, à hauteur de dix ou vingt euros, afin d’aider à payer l’envoi des palettes."

 

Pour l’instant, l’association prévoit des récoltes mensuelles pendant un an. Ensuite, elle avisera. "Cela dépendra de si les gens suivent, ou pas."

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