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TÉMOIGNAGE. Hommage à Samuel Paty: "La démocratie ce n'est pas le consensus, c'est associer des gens qui pensent différemment"

Mis à jour le 21/10/2020 à 21:01 Publié le 21/10/2020 à 19:46
Thierry Sitter-Thibaulot.

Thierry Sitter-Thibaulot. Photo JFO

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TÉMOIGNAGE. Hommage à Samuel Paty: "La démocratie ce n'est pas le consensus, c'est associer des gens qui pensent différemment"

Thierry Sitter-Thibaulot est professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique (EMC) au lycée Pierre et Marie Curie de Menton. Présent à l'hommage rendu ce mercredi dans la cité, il soutient l'importance de faire de la salle de classe un lieu d'échange et de respect de la démocratie.

Alors que les cours reprendront lundi 2 novembre, que diront les enseignants à leurs élèves ? "Ce qu'il faut comprendre c'est que notre travail de professeur d'histoire géographie s'inscrit dans la durée, rappelle Thierry Sitter-Thibaulot. Avec une de mes classes de Terminale STMG, je travaille déjà sur cette question en EMC : peut-on rire de tout ? C'est important de rappeler que nous n'avons pas attendu cet événement tragique pour faire réfléchir nos élèves.

Pour autant, les professeurs qui enseignent l'histoire-géo au lycée Pierre et Marie Curie ont décidé d'approfondir ensemble ce travail à la rentrée, avec une question majeure: pourquoi la liberté d'expression est extrêmement importante dans une démocratie et une République comme la nôtre? Mais un autre thème en découle : a-t-on des limites à l'humour? C'est cette question fondamentale qui est à l'origine de ces assassinats, que ce soit Charlie Hebdo en 2015 ou Samuel Paty la semaine dernière."

Et de poursuivre: "Lors des attentats de Charlie Hebdo en 2015, j'ai consacré une semaine entière à traiter de ce sujet. On a parlé de religion mais aussi d'histoire religieuse. Cela ne veut pas dire parler d'opinion et d'idéologie. Ce n'est pas parce qu'on est dans une école laïque qu'on doit s'interdire de parler de ces sujets. Et les élèves étaient demandeurs pour comprendre mais aussi poser des questions sur ce qui venait de se passer. Certains ont parlé de blasphème. Mais il ne faut pas oublier que les jeunes sont le fruit de l'éducation de leurs parents. Souvent, ils répètent ce qu'ils entendent à la maison. Dans ces moments-là, il est important de rappeler des valeurs, qu'ils ignoraient ou avaient oubliées. La démocratie commence aussi dans la salle de classe." 

Formateur "laïcité" et "prévention de la radicalisation" au sein de l'académie de Nice, Thierry Sitter-Thibaulot rappelle que les Alpes-Maritimes ne sont pas épargnées par le phénomène de radicalisation. "Au contraire, elles font partie des départements qui ont enregistré beaucoup de départs en Syrie entre 2014 et 2019. Pour preuve, il y a quelques années, un de mes anciens élèves de Seconde a été arrêté alors qu'il projetait de partir en Syrie avec son frère. Nous sommes dans une société fracturée par les discriminations qui nourrissent cette radicalisation islamiste, qui elle-même nourrit la radicalisation des idées d'extrême droite.

Notre volonté c'est de faire comprendre aux élèves que la démocratie, ce n'est pas le consensus. C'est associer des gens qui pensent différemment mais tout en se respectant chacun."

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