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TEASER. Face aux scandales alimentaires, comment agir?

Les scandales alimentaires en série qui font régulièrement la Une depuis le printemps remettent sur le devant de la scène une préoccupation prégnante des Français : comment avoir confiance en la qualité de ce qui finit dans notre assiette? Qui a la main sur les contrôles et comment, nous, citoyens, pouvons-nous agir à notre échelle? On a un mois pour enquêter.

Flora Zanichelli Publié le 20/07/2022 à 19:00, mis à jour le 29/07/2022 à 10:49
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Face aux scandales alimentaires, comment agir? Photo AFP Mychele Daniau

1,7 millions de cas en moyenne par an

"La mortalité attribuable aux maladies infectieuses d'origine alimentaire reste élevée en France, avec 1,28 à 2,23 millions de cas annuels, dont 15 800 à 21 200 hospitalisations et entre 232 et 358 décès.” C'est ce que révèle une étude réalisée par Santé Publique France entre 2008 et 2013. 

La moitié des décès d’origine alimentaire sont liés à la salmonelle et la listeria. Néanmoins, et point positif s’il en est, Santé publique France constatait une baisse du nombre d’infections alimentaires en 2019, très probablement en raison de la pandémie Covid-19 et aux mesures de distanciation sociale. 

Contrôles défaillants

Reste, pour Foodwatch, que "le système d’auto-contrôles confié aux industriels n’est pas suffisamment efficace". Chargés de se contrôler eux-mêmes, ces derniers ne font pas nécessairement remonter l’information aux autorités. 

 

En témoignent les délais entre le retrait des produits et leur mise en circuit dans le commerce. "Les produits Buitoni rappelés [étaient] commercialisés depuis… juin 2021, comptabilise Foodwatch. Pour les œufs Kinder, la Grande-Bretagne aurait identifié des lots concernés remontant à décembre 2021." 

Du côté des autorités de contrôle, qui dit "surveillance", dit effectifs. Or, les autorités de contrôle officielles, comme la Répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de l’alimentation, subissent des coupes dans leurs effectifs depuis déjà plus de dix ans. Ces dernières années, la Répression des fraudes a ainsi perdu 442 agents, selon Foodwatch. Et entre 2019 et 2012, le nombre d’inspections sur la sécurité sanitaire des aliments a diminué de 33%. 

Manque de communication, avertissement tombé dans le vide, comme celui adressé à Buitoni par la Répression des fraudes en 2020 selon des révélations de France Info, auto contrôles insuffisants pointés du doigt dans un rapport de la Cour des comptes de 2013, le chemin de la sécurité alimentaire est semé d’embûches.

A Draguignan, une petite fille a été hospitalisée après avoir mangé des kinders. Camille Dodet.

Au printemps dernier, à quelques jours d’intervalle, des intoxications alimentaires en série sèment la panique parmi les consommateurs. En cause? Des infections à la salmonelle liées à des œufs Kinder, des victimes de la bactérie E. coli après avoir mangé des pizzas Buitoni et du fromage Graindorge rappelé par l’usine pour soupçon de listeria. 

Les conséquences humaines sont lourdes. 

Deux enfants décèdent après avoir mangé une pizza de la gamme Fraîch’up chez Buitoni tandis que d’autres souffrent d’importantes insuffisances rénales. Santé publique France (SPF) confirme 56 cas d'intoxication par la bactérie E.coli présente dans les pizzas Buitoni.

 

Le groupe Nestlé n’est pas le seul à occuper le devant de la scène. Des œufs Kinder mis sur le marché par Ferrero sont pointés du doigt. Dans le Var, à Draguignan, Romy, âgée de deux ans, est hospitalisée onze jours après avoir mangé des Kinder offerts par sa grand-mère. Au total, en France, 80 enfants seront victimes de ces produits chocolatés.

Ras-le-bol des consommateurs

Pour les observateurs du secteur alimentaire, l’heure est grave. "[Ces faits] sont malheureusement révélateurs d’un système défaillant en matière de protection des consommateurs, qu’il faut urgemment réformer", écrit Foodwatch. Cette Organisation Non Gouvernementale (ONG) dénonce régulièrement l’opacité qui entoure la sécurité alimentaire et les moyens alloués pour contrôler la qualité de ce qui finit dans notre assiette.  

Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si un nouveau scandale va éclater mais quand?" , ONG Foodwatch

"Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si un nouveau scandale va éclater mais quand?”, assène encore l’ONG, traduisant l’inquiétude d’une partie des consommateurs français. Interrogés, ces derniers n’hésitent plus à faire part de leur défiance. 

Selon une étude menée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) et, entre autres, Ferrero, auprès de 4000 personnes entre novembre et décembre 2019, 79% des Français se déclarent attentifs aux effets de ce qu’ils mangent sur leur santé. La moitié d’entre eux se disent sceptiques face aux promesses de transparence sur la qualité des produits prônées par la grande distribution.

En avril dernier, les magasins ont dû rappeler certains produits. (PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP).

Reprendre la main sur notre alimentation

Dès lors, comment agir? Pour mieux comprendre, nous irons explorer les rouages des contrôles alimentaires dans une usine Panzani et suivrons une équipe chargée de réaliser les contrôles sur les marchés. 

 

Si les contrôles dans les industries alimentaires ne sont pas de notre fait, nous verrons comment nous pouvons agir, à notre échelle de citoyen, en adoptant, par exemple, les bons gestes. Comme celui de nettoyer régulièrement notre réfrigérateur, premier nid à microbes.

Nous apprendrons également à déchiffrer les labels et étiquettes, qui guident nos choix dans les rayons des supermarchés.

Car "même averti, un consommateur n’est pas expert en nutrition", rappelle justement Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe de 60 millions de consommateurs, dans l’édito d’un numéro spécial du magazine éponyme intitulé “Manger sans s’intoxiquer”. 

Pendant un mois, nous tâcherons, à travers nos reportages et nos interviews, de vous donner les clés, pour manger en toute sérénité. 

Offre numérique MM+

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