Quatre sociétés antiboises liées à un oligarque russe dans le collimateur des États-Unis

Les États-Unis poursuivent leur traque aux avoirs russes. L’oligarque Suleyman Kerimov est particulièrement visé. Sa fille, ses relations d’affaires et quatre de ses sociétés sur la Côte d’Azur viennent d’être blacklistées par le trésor américain.

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Eric Galliano Publié le 15/11/2022 à 14:00, mis à jour le 15/11/2022 à 16:56
Les États-Unis poursuivent leur traque aux avoirs russes. Photo DR

La secrétaire américaine au Trésor, Janet L. Yellen, a réaffirmé ce lundi "l’engagement inébranlable" des États-Unis "à cibler les personnes du monde entier qui aident l’effort de guerre de Poutine et les élites qui financent son régime". L’Oncle Sam vient ainsi d’allonger une nouvelle fois la liste noire des sociétés et personnalités placées sous sanction par l’OFAC (l’Office américain de contrôle des avoirs étrangers). Un certain nombre d’entre elles se trouvent de ce côté-ci de l’Atlantique, y compris sur la Côte d’Azur.

Les villas de Kerimov au cap d’Antibes

Le communiqué publié par le Trésor américain désigne ainsi quatre entreprises antiboises: Service Immobiliere Antibes SAS, Service Immobiliere et Gestion SAS, VH Antibes SAS et Villa Lexa Estates SAS. Les États-Unis estiment que ces quatre structures sont "directement ou indirectement" liées à Gulnara, l’une des filles de l’oligarque russe Suleyman Kerimov. Le FBI a déjà saisi aux îles Fidji un méga yacht à 500 millions de dollars suspecté de lui appartenir. L’homme d’affaires que l’on surnomme le "Gatsby russe" et qui a fait fortune en exploitant des mines d’or est depuis plusieurs mois l’une des cibles privilégiée des USA.

Mais avant d’être dans le collimateur des Américains, c’est avec la justice français que Kerimov a eu affaire il y a quelques années. Les limiers de la police judiciaire et du GIR avaient acquis la conviction que l’oligarque était le véritable propriétaire de quatre somptueuses villa au cap d’Antibes. Le Gatsby russe a toujours nié et a finalement conclu un accord avec les autorités françaises pour obtenir en échange d’une coquette somme l’abandon des poursuites à son encontre. Peu de temps après les villas antiboises sont officiellement devenues la propriété de sa propre fille Gulnara au travers d’un montage impliquant différentes sociétés intermédiaires.

Ce sont ces structures ainsi qu’en nom propre la fille de Kerimov et un homme d’affaires suisse qui viennent d’être blacklistés aux États-Unis... Alors que la France, qui elle aussi s’est lancée dans la traque aux avoirs russes, n’a pour l’heure toujours pas réussi à geler les propriétés du cap d’Antibes. Le parquet de Nice étudie le moyen de relancer la procédure au travers d’un nouveau signalement Tracfin.

 

Le pied à terre niçois d’un homme d’affaires suisse

Il faut dire qu’officiellement, ces biens étaient en réalité détenus par un homme d’affaires suisse au travers d’une holding baptisée SwiRu Group. Mais Alexander Studhalter est suspecté d’être le faux nez de Kerimov pour ses investissements à l’ouest. Lui aussi a été ajouté à la liste noire de l’OFAC, ainsi qu’un certain nombre d’entreprises qu’il contrôle. Parmi elles, la société civile immobilière AAA Properties domiciliée à Nice.

Cette coquille juridique abrite une autre villa située, cette fois, dans la capitale azuréenne, avenue Jules-Romains. Mais le Trésor américain arrive peut-être trop tard lui aussi. Cette jolie demeure avec piscine sur les hauteurs de Nice a été vendue cet été par la holding luxembourgeoise liée à Studhalter qui la détenait. Pour un peu plus de 2 millions d’euros elle est devenue en juillet dernier la propriété d’un ressortissant français installé en Belgique. À moins qu’il ne s’agisse d’un nouvel homme de paille du Gatsby russe, ce bien ne fait plus partie du gigantesque patrimoine accumulé par Suleyman Kerimov à travers le monde entier.

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