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Portes ouvertes à la mosquée: Beausoleil, un cas d'école

Les musulmans de la commune la plus cosmopolite de France ont accueilli hier, les représentants de cultes, les élus et le sous-préfet. Un symbole fort dans cette ville qui prône le vivre ensemble

Anne-Claire Hillion Publié le 11/01/2016 à 12:00, mis à jour le 11/01/2016 à 05:13
Grâce à cette journée portes ouvertes, les différentes autorités ont pu évoquer des solutions. Michaël Alesi

Un exemple à suivre ». « Une réponse positive et concrète des Musulmans ». « Un cas d'école ». « Une journée d'espoir ».

Hier après-midi, à la suite d'un appel national lancé par le Conseil français du culte musulman (CFCM), la salle de prière de Beausoleil, surnommée la Petite Mosquée, a ouvert ses portes au public.

Parmi la centaine de personnes présentes, les représentants de tous les cultes, les élus municipaux et les hauts représentants de l'État étaient unanimement enthousiastes.

À travers l'exemple de Beausoleil, ils ont en effet eu l'impression de toucher du doigt ce que pourrait être ce fameux « vivre ensemble » que cherche la France depuis les attentats de janvier 2015. Un coup de projecteur fort sur cette commune qui se définit comme « la plus cosmopolite de France » avec un taux d'étrangers très élevé et la présence de tous les cultes religieux. Le tout dans une relative tranquillité.

Une équipe municipale à l'écoute

Boubekeur Bekri, vice-président du conseil régional du culte musulman de la région PACA, a salué le travail de l'équipe municipal et du maire, Gérard Spinelli, en évoquant « l'écoute, la considération, la bonne volonté et les décisions courageuses (la mise à disposition du gymnase municipal pour la prière du vendredi, NDLR) qui ont permis, au fur et à mesure des années, cette situation apaisée, cette tranquillité entre les représentants des cultes, les élus et les habitants. C'est un cas d'école. C'est comme ça que cela doit se passer. C'est comme cela que se construira l'Islam de France. »

 

La présence de Sébastien Humbert, sous-préfet des Alpes-Maritimes, était aussi très symbolique. Une manière de rappeler que « l'État se doit de placer le curseur sur ce qui est acceptable ou non. Jusqu'ici, une vision de la laïcité stricte a empêché le dialogue. Aujourd'hui il ne peut y avoir de lieu de culte sans responsable, sans intermédiaire, qui s'engage vis-à-vis du maire et de l'État. C'est cela qui crée un état de confiance. On ne peut plus accepter des lieux où personne ne sait ce qui s'y passe. » Une référence à la salle de prière clandestine qui a fermé il y a un mois à Beausoleil. « Ici, au contraire, a-t-il poursuivi, il y a une association (1) qui est responsable juridiquement et qui permet à une communauté de vivre son culte de manière normal, dans la dignité et le respect des lois de la République. Ce lieu est un modèle, ce lieu est exemplaire. »

Farid, 31 ans, Beausoleillois musulman, habitué de cette salle de prière était, hier, « très fier » et affichait un grand sourire : « C'est notre devoir de nous ouvrir aux autres. Grâce à ces initiatives on montre que l'on est totalement fraternels et pacifiques. » L'exception beausoleilloise, il l'explique tout simplement : « On nous a considérés. On n'a pas besoin d'un minaret de 200 mètres, on nous a juste donné les moyens de pratiquer notre religion dans la dignité. »

Un exemple à suivre.

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