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PHOTOS. "La liberté qui revient", "une nouvelle vie", "des odeurs oubliées"... Dans les rues de Nice, les sourires enfin démasqués

Ce jeudi, dans les rues de Nice, les passants tombent le masque, soulagés. C’est enfin autorisé. Mais beaucoup le portent encore.

Christophe CIRONE Publié le 17/06/2021 à 20:10, mis à jour le 17/06/2021 à 20:19
Marie Quatra peut accueillir Luigi et Josiane place Masséna sans masque. (Photo Christophe Cirone)

Liberté! » L’exclamation fuse dans la bouche découverte des deux jeunes vacancières. Elise et Camille, 22 ans, n’ont pas traîné. Ces Bretonnes ont baissé leur masque, sitôt sorties de la station souterraine "Jean-Médecin" du tramway niçois. Enfin autorisé. Enfin l’été. "On se sent vivre. On va pouvoir respirer l’air, le vrai!"

Voilà quinze mois que la Covid-19 pollue l’air du temps. Au moins peut-on de nouveau respirer l’air libre sans masque, en toute légalité, depuis ce jeudi. Le chef du gouvernement, Jean Castex, l’a annoncé la veille. Enfin!

Joëlle vient d’apprendre la bonne nouvelle à Mélissa: "C’est la liberté qui revient". Christophe CIRONE / Nice Matin.

Joëlle Dupille, vendeuse niçoise de 52 ans, vient d’apprendre la bonne nouvelle à son amie Mélissa Saber. Cette esthéticienne de 40 ans savoure l’instant. À pleins poumons. "C’est la liberté qui revient. On retrouve de petites odeurs oubliées de l’été: de crème solaire sur la promenade des Anglais, de frites devant les restaurants..." Bref, "on reprend une vie normale", résume Joëlle. Avec méfiance, néanmoins. "Espérons que ce sera une délivrance totale. Avec ces variants..."

 

"Ça devenait désagréable"

Avenue Jean-Médecin, des passagers du tramway tombent le masque sitôt sortis. Cyril Dodergny / Nice Matin.

Est-ce la méfiance qui incite un bon tiers des passants à garder le masque, dans le centre-ville de Nice? La force de l’habitude? Ou l’ignorance des nouvelles règles? Des lycéens aux seniors, à chacun ses raisons.

Yannick Le Noan, 42 ans, s’en étonne. Ce styliste varois n’a pas hésité à tomber le masque, lui. "Ça devenait désagréable. Il commençait à faire chaud." Une page qui se tourne? "Plutôt une étape. Tout est si progressif... À présent, à quand la fin du masque en intérieur?"

Avenue Jean-Médecin toujours, arrêt "Masséna", dans le sillage du tram’. Ibrahim Bersanov, 24 ans, remet vite fait son masque noir avant d’embarquer. Comme il le fait dans la restauration. L’élégant jeune homme s’avoue un peu perdu: "On ne sait pas encore trop où on doit le porter. On parle de grandes réunions, de fêtes?"

Le port du masque reste de rigueur dans les lieux très fréquentés: marchés, fêtes foraines, stades... Il apparaît toutefois superflu sur le cours Saleya, à l’heure où les commerçants replient leurs étals de marché. "Là, il n’y a pas trop de monde, ça va. Mais ce week-end, on sait qu’on va remettre le masque", précise Susanne Marconcini, 50 ans.

 

"Je n’ai pas reconnu certains clients!"

Ibrahim Bersanov remet son masque le temps d’embarquer à bord du tram’. Christophe CIRONE / Nice Matin.

Cette Niçoise d’origine bavaroise révèle son sourire ensoleillé. "Trop contente! C’est une nouvelle vie. Que du bonheur!" Comme nous tous, Susanne "a appris à lire dans les yeux. Mais on n’est pas fait pour ça [le masque]. Là, on voit le sourire des gens - et ça donne envie de sourire soi-même. On redécouvre les visages... Je n’ai pas reconnu certains clients!"

Etre ou ne pas être masqué? En fait, tout est question de bon sens. Et d’appréciation personnelle.

Dans le Vieux-Nice, Samuel Roussel chemine une échelle sous le bras, le masque en poche, et un ami masqué à ses côtés. "C’est devenu un réflexe", explique ce climaticien de 29 ans. Samuel ne voit "pas trop l’intérêt" du masque en extérieur. Mais il le met scrupuleusement dans son métier, "le bâtiment, car on va chez des particuliers".

"Il était temps"

Dans le Vieux-Nice, Samuel Roussel a choisi de tomber le masque, contrairement à son ami: "C’est devenu un réflexe". Christophe CIRONE / Nice Matin.

Le masque dehors, franchement, Simone n’y croyait pas davantage. Mais elle le mettait, "puisque c’était obligatoire". Aujourd’hui, elle est "la première à l’enlever", avec son mari. Deux "jeunes vieux" de 87 et 89 ans, aussi disciplinés que confiants.

Place Masséna, Marie Quatra accueille son frère Luigi et sa femme Josiane. Cette Niçoise de 66 ans aurait préféré avoir "la certitude que la maladie a totalement disparu. Pour ma tranquillité." Plus loin, Sébastien et Myriam, 30 ans, estiment qu’"il était temps". Ils saluent "une étape de franchie. On peut se sourire. C’est important pour les enfants."

 

Pour humer la mer, aussi. Quai des Etats-Unis, Jean-Christophe Fanchonnette, Francilien de 25 ans, apprécie d’autant plus ses vacances. Un masque chirurgical reste cramponné à son bras, inséparable compagnon. "Comme le téléphone portable!" sourit Jean-Christophe. "Je le garde quand même; on ne sait jamais..."

Dans le centre-ville de Nice, de nombreux passants ont conservé le masque malgré la fin de l’obligation dans la rue. Cyril Dodergny / Nice Matin.
Sur le cours Saleya, Susane Marconcini redécouvre le visage de ses clients... et ne les reconnaît pas toujours. Christophe CIRONE / Nice Matin.
Quai des Etats-Unis, Jean-Christophe Fanchonnette savoure "l’odeur de la mer et des restos". Christophe CIRONE / Nice Matin.

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