Personnel épuisé, opérations reportées, transferts envisagés... Au CHI de Fréjus, on prend la vague épidémique de plein fouet

Actuellement, 35 lits d’hospitalisation conventionnelle sont occupés par des malades de la Covid et 9 patients sont soignés en réanimation à l’hôpital Bonnet... Les soignants sont épuisés.

Grégory Parigi Publié le 28/12/2021 à 20:02, mis à jour le 28/12/2021 à 20:47
Photo d’archive prise au service de réanimation de l’hôpital Bonnet en janvier 2021. Philipe Arnassan / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Avec un taux d’incidence de 1.021 cas pour 100.000 habitants (selon les chiffres relevés hier sur le site covidtracker.fr), le Var est l’un des départements français où la Covid-19 circule le plus.

La propagation de la pandémie (boostée par le variant Omicron qui représenterait environ 20% des nouvelles contaminations dans la région Paca) continue d’impacter fortement le système hospitalier et de peser sur les équipes de soignants. Le CHI (centre hospitalier intercommunal) n’échappe pas au phénomène.

Neuf malades sont soignés en réanimation

"À l’hôpital Bonnet, le flux de patients continue d’augmenter de manière régulière, précise le docteur Michel Kaidomar, médecin anesthésiste et chef du service de réanimation. Les patients présentent les mêmes formes respiratoires symptomatiques que lors des vagues précédentes. Actuellement, 35 personnes sont soignées en hospitalisation conventionnelle. Elles sont, pour la plupart, prises en charge en Pneumologie où il y a une grosse unité Covid. Mais certains malades sont aussi accueillis dans les autres services. En outre, neuf malades sont soignés en réanimation. Les techniques de soin et de prise en charge respiratoire ont été un peu affinées. Des médicaments nouveaux sont utilisés, comme les anticorps monoclonaux que l’on peut administrer dans les phases précoces ou chez les personnes qui ont eu des contre-indications à la vaccination ou qui sont immunodéprimées. Ce sont autant de moyens nouveaux que l’on peut utiliser désormais".

Le personnel épuisé, malgré les renforts

Pour assurer la continuité des soins, les personnels soignants de l’hôpital Bonnet (qui font face à une charge de travail très importante depuis la fermeture des urgences nocturnes de Draguignan, fin octobre) redoublent d’efforts. Beaucoup ont renoncé à leurs congés pendant les fêtes de fin d’année. La fatigue se fait sentir, en dépit des renforts ponctuels d’infirmiers, aides-soignants, brancardiers et médecins en provenance des cliniques voisines (Notre-Dame et Les Lauriers).

 

"On est très fatigué, reconnaît Michel Kaidomar. Malheureusement, il commence à y avoir quelques cas positifs asymptomatiques parmi notre personnel. Il y a beaucoup d’usure et de fatigue psychologique. C’est dur de voir le taux d’incidence aussi haut. Même si des études montrent que le variant Omicron semble entraîner moins de formes graves que le Delta, le résultat est le même car son expansion est beaucoup plus rapide du fait de sa contagiosité. On redoute que le flux de patients continue d’augmenter. D’autant que les fêtes de fin d’année sont une période de brassage. On sait qu’on se contamine principalement sur les réunions ou il y a des repas, avec beaucoup de personnes sans masque. Cela va se traduire par une propagation accrue du virus".

Des opérations reportées et bientôt des transferts

Le 22 décembre dernier, l’agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS-Paca) a activé le cinquième palier de son plan de réponse hospitalière à la crise. À Bonnet comme dans bien d’autres établissements de santé, cela se traduit par le report d’interventions chirurgicales quand cela ne se traduit pas par une perte de chance pour le patient.

Les prélèvements et greffes, la cancérologie, les IVG ou encore les traitements du diabète, de l’insuffisance rénale et des autres maladies chroniques ne sont pas concernés. Désormais, la prochaine étape sera le transfert de patients graves vers des services de réanimation situés dans d’autres départements français, moins touchés par la pandémie. Les premiers pourraient intervenir dans les prochains jours, selon le docteur Kaidomar qui se tient prêt, comme l’ensemble de ses équipes.

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