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Parler pour mieux dénoncer les violences faites aux femmes

À l'occasion de ce 8 mars, Béatrice Fresko-Rolfo, conseillère nationale et présidente de la commission des Droits de la femme et de la famille, évoque ici les inégalités qui subsistent

axelle truquet Publié le 08/03/2016 à 05:03, mis à jour le 08/03/2016 à 05:03
Béatrice Fresko-Rolfo avoue n'être pas pour les quotas mais admet qu'ils sont souvent un début de solution. Cyril Dodergny

La Journée de la femme est l'occasion de pouvoir dire et redire tout ce qu'on aurait aimé voir mettre en place pour améliorer la position de la femme dans la société, dans le monde du travail », analyse Béatrice Fresko-Rolfo.

L'élue du Conseil national est plus que jamais concernée par la question en tant que présidente de la commission des Droits de la femme et de la famille. Elle a décidé de dédier cette Journée à la thématique de la lutte contre les violences faites aux femmes.

« Qu'elle soit physique ou psychologique, la violence touche absolument tous les milieux. Elle est présente de manière latente mais la difficulté est qu'on a du mal à l'identifier, note l'élue. Les chiffres ne sont malheureusement pas très parlants parce qu'on ne peut comptabiliser que les plaintes enregistrées au commissariat. Or, il y a encore trop de fois où règne le silence. Derrière ce constat se cachent un tas de situations dans lesquelles les victimes n'osent pas parler. »

L'élue explique ainsi qu'il subsiste trois freins : « Psychologique, car elles n'osent pas aller contre des membres de leur famille ou de leur entourage. Économique, quand elles dépendent financièrement du coupable. Enfin, il y a la peur de l'avenir, de ne pas connaître ses droits. Des brochures ont d'ailleurs été édictées par l'Association d'aide aux victimes d'infractions pénales pour que les personnes menacées puissent trouver des éléments d'information. »

Quotas oui mais…

Pour Béatrice Fresko-Rolfo, la parole et l'information sont des éléments indispensables pour aider celles - et ceux - qui subissent des violences, quelle qu'en soit la nature.

 

Force est de constater qu'aujourd'hui, les femmes sont encore sous-représentées dans les postes à responsabilités, dans les conseils d'administration des grandes entreprises… Y compris à Monaco.

« Je ne suis pas tellement pour les quotas même si je me demande s'il ne faut pas en passer par là pour rétablir un certain équilibre », souffle Béatrice Fresko-Rolfo.

Pour illustrer et entamer peut-être la discussion, elle a convié une artiste, Owando, à exposer ses œuvres au Conseil national dans le cadre d'une exposition baptisée « Flowers ». La plasticienne est partie d'anciens clichés photographiques dont elle a recouvert les visages et les sexes de grosses fleurs pour suggérer les souffrances. Le vernissage aura naturellement lieu ce 8 mars en fin d'après-midi. La discussion n'en pourra que mieux démarrer.

Offre numérique MM+

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