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"L’heure de la reconstruction pour les chrétiens de Mossoul" d'après Monseigneur Gollnisch

Mis à jour le 24/12/2018 à 11:08 Publié le 24/12/2018 à 11:05
Rencontre avec Monseigneur Gollnisch à l'archevêché de Monaco

Rencontre avec Monseigneur Gollnisch à l'archevêché de Monaco Photo Cyril Dodergny

"L’heure de la reconstruction pour les chrétiens de Mossoul" d'après Monseigneur Gollnisch

Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient, a été invité par l’archevêque Mgr Bernard Barsi pour évoquer la vie et l’avenir des chrétiens d’Irak et de Syrie

Que deviennent les chrétiens d’Orient? Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient depuis 2010, et vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux en France depuis 2014, vient de donner une conférence à Monaco pour expliquer combien la vie reste rude, notamment en Syrie et en Irak. Des pays où la paix est à retrouver, où tout est à reconstruire, y compris la confiance qui doit être rétablie.

La situation des chrétiens d’Orient est moins médiatisée aujourd’hui. Que s’est-il passé en Irak pour cette communauté séculaire?
En Irak, il y a trois groupes: des Arabes qui sont musulmans chiites ou des musulmans sunnites, des Kurdes et des chrétiens. Il y a un peu plus de deux ans, l’État islamique, Daech, s’était emparé de Mossoul, la deuxième ville du pays, et s’est rendu coupable d’actes d’une cruauté inimaginable contre les Yézidies, qui sont un petit groupe religieux très pacifique. Ils les ont considérés comme des idolâtres.
C’est pour moi un recul de civilisation autour d’une cruauté perverse qui a été mise en images sur Internet.
Les hommes ont été systématiquement tués et les femmes vendues comme esclaves.
Les chrétiens, environ 80000 personnes, ont dû quitter la ville en une matinée du mois d’août en abandonnant tous les biens. Ils sont arrivés au Kurdistan dans des conditions terribles, ce qui a créé beaucoup d’émotion dans le monde, car cette communauté est présente depuis des siècles.

Ce Daech assassin n’était-il qu’irakien?
2000 Français, 2000 Allemands et 2000 Britanniques, hommes et femmes, l’ont rejoint. Ils ont souvent été les plus cruels à Mossoul.

Comment les chrétiens ont-ils vécu cet exode?
D’abord à la rue, ils ont ensuite dormi sous des tentes, dans des bungalows, puis dans des logements un peu plus décents. Des églises ont été construites et des écoles aussi pour que les enfants ne soient pas déscolarisés.

Daech n’existe plus aujourd’hui?
Il a été chassé dans des combats très durs.
Mais il reste entre 5000 et 10000 combattants entre la Syrie et l’Irak. Ce qui est énorme. Quand ils savent qu’ils peuvent agir sans être vus par les satellites, ils attaquent encore. Toutefois maintenant, à Mossoul, c’est l’heure de la reconstruction.

Combien y a-t-il de chrétiens en Orient?
Ils sont entre 15 et 20 millions, hors péninsule arabique. En Arabie saoudite, ils sont deux millions à travailler et n’ont pas un seul lieu de culte, ce qui est contraire aux règles internationales.
Les tensions ne sont pas récentes. Des prêtres et des évêques ont été assassinés. Quelques musulmans également ont été tués parce qu’ils protestaient contre le sort fait aux chrétiens.

Comment s’organise la solidarité?
La reconstruction est moins médiatique que l’exode bien sûr. Et pourtant, elle est beaucoup plus chère.
Il s’agit d’amener l’eau, l’électricité, de faire repartir l’économie, de bâtir des églises, des dispensaires, des écoles, des logements. Et quand nous aurons fait tout cela, nous aurons fait le plus facile.

Le plus facile?
Oui, il faut savoir quel est l’avenir administratif et politique de ces gens-là. De qui ces chrétiens vont-ils dépendre? Du gouverneur de Mossoul, des Kurdes, de Bagdad? Quel degré d’autonomie vont-ils avoir? L’Irak n’ayant un gouvernement que depuis un mois, la question reste entière…

Et quand tout cela sera fait?
Il faudra encore faire le plus difficile: reconstruire la confiance des chrétiens d’Orient. Et là, évidemment, elle a été abîmée, blessée. Ce n’est pas impossible. Daech a fait souffrir pendant presque trois ans les musulmans sunnites également. Ces musulmans savent que Daech n’est pas leur avenir et ils veulent reconstruire sur d’autres bases avec les chrétiens.

Où sont les chrétiens aujourd’hui?
Certains sont encore au Kurdistan, notamment à Erbil, la capitale. Ce ne sont pas des réfugiés, mais des déplacés. Certains sont partis en Turquie, au Liban, en Jordanie… D’autres sont venus en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Amérique latine… Et ces derniers n’ont pas envie de rentrer. On les comprend.

Et en Syrie?
C’est une autre question. La guerre n’est pas terminée. Subsiste la poche d’Idlib où sont concentrés tous les combattants rebelles.
Les armées turques et syriennes, les Russes, les Américains, les Français, les Kurdes de Syrie sont présents. Quel est leur avenir? Le problème kurde n’est pas réglé. Il y a de multiples conflits.


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