L’extension du Terminal 2 attaquée par le Collectif citoyen 06: le jugement rendu sous 15 jours

Le Collectif citoyen 06 attaque le permis de construire, dénonçant un impact environnemental majeur. Le tribunal administratif de Marseille rendra sa décision sous quinze jours.

Greg Leclerc Publié le 19/09/2022 à 21:23, mis à jour le 19/09/2022 à 21:54
Photo DR

L’extension, si elle était validée par la justice, commencerait à fonctionner partiellement en 2025.

La décision tombera sous quinze jours. Le tribunal administratif de Marseille a mis en délibéré, ce lundi, un jugement important qui décidera de l’avenir de l’extension du Terminal 2 de l’aéroport de Nice. La bataille fait rage depuis plus de deux ans. En jeu: deux bâtiments de 25.000m2 avec six salles d’embarquement et une salle de bagages. Le tout serait construit sur l’emprise foncière déjà existante.

La plate-forme a déjà annoncé ses objectifs. Avec ce projet, elle vise trois millions de passagers en plus pour atteindre les 18 millions annuels à l’horizon 2025-2030. Jusqu’ici, l’année de référence reste 2019, juste avant le Covid, avec 14,5 millions de passagers.

L’audience, qui a débuté ce lundi à 10 heures à Marseille, a permis aux deux parties d’exposer leurs arguments.

"Une décision en responsabilité"

C’est le Collectif citoyen 06 qui attaque le projet. Il est défendu par une ancienne ministre de l’Environnement, Corinne Lepage, avocate de métier. Elle n’était pas à la barre hier "mais a bâti l’argumentaire juridique", explique Thierry Bitouzé, cofondateur du mouvement, avec Airy Chrétien. "Ce que nous espérons maintenant, c’est qu’au regard du dossier monté par Corinne Lepage, avec une quinzaine d’arguments très importants, urbanistiques, environnementaux, le tribunal prenne une décision en responsabilité et en toute indépendance."

 

Le collectif dénonce l’impact environnemental de l’extension et une course au "sur tourisme". Affirmant que ces "20.000 vols supplémentaires par an" menaceraient l’environnement.

Un projet climaticide? Ce n’est évidemment pas l’avis de Franck Goldnadel, directeur de l’aéroport: "Un aéroport c’est la première et la dernière impression d’un voyageur, quel qu’il soit. Mais ce n’est pas parce que c’est important pour le territoire qu’on peut faire n’importe quoi. Le législateur a prévu une étude d’impact. C’est cela que verra le tribunal, au final, pour rendre sa décision. Notre aéroport est celui qui a pris l’engagement premier le plus dur, celui d’être neutre carbone à l’horizon 2030, en incluant l’extension."

Permis "illégal" selon les opposants

Ce lundi, à la barre du tribunal administratif de Marseille, le collectif a pourtant considéré que le permis délivré par le préfet des Alpes-Maritimes en janvier 2020 était tout simplement "illégal". Faute, selon lui, "de véritable étude d’impact" par la Société des aéroports de Nice Côte d’Azur (SACA). Les opposants brandissent 20.000 vols par an et 28 millions de tonnes de CO2 annuelles, chiffres que l’aéroport balaye d’un revers de la main.

"Entre 2012 et 2019, nous avons accueilli 3,3 millions de passagers supplémentaires, ce qui a représenté 1.316 mouvements en plus, soit 0,75% d’avions supplémentaires. L’extension représenterait peu ou prou la même chose. On est très loin des 20.000 vols revendiqués par les opposants. Nous ne sommes pas du tout d’accord sur la manière de calculer", rappelle Franck Goldnadel.

 

L’extension, si elle était validée par la justice, commencerait à fonctionner partiellement en 2025.

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